LE SOUCI DES GEEKS (AVEC LA POLITIQUE)

Journaliste à France Culture, Xavier de la Porte s’est fendu de la traduction d’un billet récent de Cory Doctorow, activiste, auteur de science-fiction et co-éditeur du site Boing Boing. Publié initialement sur The Guardian puis sur Internet Actu pour la version française, nous rééditons cette réflexion politique et philosophique sur la place des « geeks » dans la marche du monde.

Depuis le début des guerres de l’information, les gens soucieux de liberté et de technologie ont dû naviguer entre deux écueils idéologiques : le déterminisme geek et le fatalisme geek. Deux écueils aussi dangereux l’un que l’autre.

Déterminisme

“Le déterminisme geek consiste à mépriser toute mesure politique dangereuse et bête, toute tentative de régulation abrupte, sous prétexte qu’elle est technologiquement irréalisable. Les geeks qui s’inquiètent du respect de la vie privée méprisent les lois sur l’écoute électronique, les normes facilitant l’écoute légale, et la surveillance des réseaux sous prétexte qu’eux, ils peuvent échapper à cette surveillance.”

“Par exemple, en Europe ou aux États-Unis, la police exige que les exploitants de réseaux insèrent des “portes dérobées” en cas d’enquêtes criminelles. Les geeks en rigolent, arguant que c’est complètement inutile pour les petits malins qui ont recours à la cryptographie pour leurs échanges de mail ou leur navigation sur le web. Mais, s’il est vrai que les geeks peuvent contourner ce type de mesures – et toute autre initiative néfaste de censure, de blocage des outils, etc. -, cela ne suffit pas à nous protéger nous, sans parler du reste du monde.”

“Peu importe que vos échanges mails soient sécurisés si 95 % des gens avec lesquels vous correspondez utilisent un service mail qui comporte une porte dérobée pour l’interception légale, et si aucun des gens avec lesquels vous correspondez ne sait utiliser la cryptographie ; dans ces cas-là, vos mails pourront être lus comme les autres.”

Responsabilité(s)

A l’occasion d’un débat avec @ulebrun,@jocanaan et @tris_acatrinei, nous avons, once again, évoqué le bon comportement à avoir en matière d’internet avec les jeunes générations.

Axiome de base : mon enfant se balade sur le réseau et tombe, volontairement ou pas, sur ce qu’on appelle pudiquement un « contenu inapproprié ». Pornographie, infantile ou pas, scènes violentes, personnes mal intentionnées ou dépeçage en bonne et due forme, pick one, c’est pas le choix qui manque.

La solution prônée par les pouvoirs publics est, comme on s’en doute, régalienne à souhait : « on se débarrasse de tout ce merdier en coupant au plus court ». Le plus court, c’est d’aller voir les gens qui sont en haut de la chaîne alimentaire sur internet (les opérateurs) et leur demander de faire des trucs pas clairs avec le réseau pour empêcher ou limiter très fortement l’accès à ce qu’on souhaite voir disparaître. Manque de pot, c’est une solution que quelques gus dans un garage (et pas mal d’autres dans d’autres coins) n’apprécient pas vraiment et qui rencontre donc une farouche opposition qui commence largement à baver dans l’opinion publique, et c’est tant mieux.

La solution à l’exact opposé consiste à limiter volontairement l’accès au réseau à nos enfants avec un tas d’artifices techniques allant du simple contrôle parental au firewall en fond de réseau domestique pour les plus calés en la matière. Cette solution rencontre trois problèmes…

>>> Source & Suite sur : http://blog.spyou.org/wordpress-mu/2012/06/07/responsabilites/

Microsoft propose Linux sur son service de cloud Windows Azure

Les temps changent. Alors que Microsoft a longtemps combattu Linux, avec succès sur les ordinateurs personnels, la firme de Redmond admet son échec sur le marché des serveurs et propose lui-même d’installer Linux sur son service de cloud, Windows Azure.

Alors que l’entreprise fondée par Bill Gates a construit toute sa fortune sur la défense du monopole de MS-DOS puis de Windows, et qu’elle a très longtemps combattu Linux et le mouvement open-source, Microsoft semble prêt à changer de direction. L’entreprise de Redmond prend acte de son incapacité à imposer Windows sur le marché des serveurs, et change donc de stratégie en devenant lui-même fournisseur de solutions Linux pour l’hébergement de données et de services.

>>> Source & Suite sur : http://www.numerama.com/magazine/22817-microsoft-propose-linux-sur-son-service-de-cloud-windows-azure.html

Ecrire, c’est agir !

Il y a des jours où l’on se demande à quoi bon continuer à enchaîner des billets, à veiller, à réfléchir, à écrire, à creuser, à essayer de propager les idées auxquelles on croit. Il y a des jours où l’on se dit que l’inertie du système est trop forte et que le démon de l’appropriation est une hydre à cent têtes qui repoussent sans arrêt.

Comment combattre cet “Insane Endless Warrior“, comme l’appelle Lawrence Lessig ?

Et puis, il y a des jours où l’on sait exactement pourquoi on écrit et où le sens de l’engagement apparaît de manière lumineuse.

Hier soir était l’un de ces jours, quand j’ai reçu ce tweet de @Pouhiou, par lequel il m’informait qu’il avait décidé de faire passer le site de son projet NoeNaute.fr sous licence CC0 (Creative Commons Zero), le faisant entrer ainsi dans le domaine public par anticipation.  Sa décision s’est concrétisée en partie après avoir lu mon billet “Les bonnes recettes du libre“, publié dernièrement sur OWNI.

>>> Source & Suite sur : http://scinfolex.wordpress.com/2012/05/19/ecrire-cest-agir/

[Victoire majeure] En avant pour le dernier round ACTA!

La principale commission du Parlement européen en charge d’ACTA vient d’adopter sa recommandation de vote à l’ensemble des eurodéputés. Malgré des pressions intenses, il est désormais recommandé au Parlement de rejeter ACTA lors du vote en plénière, prévu le 4 juillet. Nous avons désormais de grandes chances de battre enfin ACTA et d’amorcer le débat sur une réforme positive du droit d’auteur ! Célébrons cette victoire, tout en gardant en tête le vote final, et construisons un monde post-ACTA !

Par 19 voix contre 12, INTA a adopté sa recommandation finale : le Parlement européen doit rejeter ACTA !

>>> Source & Suite sur : http://www.laquadrature.net/fr/victoire-majeure-en-avant-pour-le-dernier-round-acta

Fête de la musique (libre)

En ce jour de la Fête de la musique, il me paraissait important de vous rappeler les principaux sites de musique « libre » (cités dans le bandeau latéral de ce blog) … Il en existe quelques autres, mais avec ça, il y a déjà de quoi écouter et passer de bons moments 🙂

auboutdufil.com permet de découvrir des groupes de musiqueencore peu connus. Chaque morceau est passé en revue, une critique est rédigée, l’univers musical est défini. Vous pouvez voter chaque titre en écoute, partager vos découvertes à vos connaissances et permettre aux artistes talentueux de se faire connaître.

Pour ce faire, vous pouvez écouter et télécharger de la musique légalement et gratuitement. C’est possible grâce aux licences de libre diffusion creative commons ou art libre appliquées à chaque titre.
La musique est donc libre de droits mais soumise à certaines conditions d’utilisations qui sont indiquées par un lien vers le contrat creative commons.

La Fédération Boxson France vous souhaite la bienvenue et vous invite à :

boxson

L’esprit propre à l’art est celui de l’échange et du partage, loin des concepts mercantiles si répandus autour de nous et entretenus par les industriels de la culture. Le copyleft, c’est enrichir ses créations, c’est offrir sa créativité, c’est valoriser ce qui n’a pas de prix.
Les acteurs du milieu commercial et économique essaient de nous faire oublier la motivation originale de la musique, le plaisir, pour le remplacer par l’argent. Mais aussi longtemps que nous aimerons la musique, nous n’oublierons pas !
Z’etes pas d’accord ? Alors vous aussi, libérez la culture ! Ca commence tout de suite avec la musique…

MUSIQUE LIBRE, POURQUOI ? COMMENT ?

Chaque jour sur Dogmazic.net des artistes et des labels vous proposent de découvrir leur musique.

Ces musiques, vous pouvez sans aucune contrainte les écouter, les télécharger, et surtout les partager, que ce soit avec vos amis, ou via des réseaux peer to peer…

Ainsi, vous découvrez et faites découvrir à votre entourage de nombreux artistes indépendants.

MAIS, EST-CE LÉGAL ? ON ENTEND PARTOUT QUE C’EST INTERDIT DE TÉLÉCHARGER DE LA MUSIQUE…

Tout à fait légal ! Les auteurs et compositeurs des musiques que vous découvrirez sur Dogmazic.net vous donnent le droit de partager et rediffuser leurs œuvres. Cette autorisation est tout ce qu’il y a de plus légal : c’est du droit d’auteur.

COMMENT EST-CE POSSIBLE ?

Tout est écrit dans la licence ! Une licence, c’est un texte juridique qui vous renseigne sur la nature des autorisations que vous accorde l’auteur.

Sur Dogmazic.net, les morceaux sont tous accompagnés d’une licence, comme la Licence Art Libre ou les licences Creative Commons.

Jamendo est un site web qui propose des albums de musique en téléchargement gratuit. Les musiciens, qui autorisent cette gratuité pour les internautes grâce aux licences ouvertes, peuvent, s’ils le souhaitent, être rémunérés grâce aux dons des utilisateurs, au partage de 50 % des revenus publicitaires de Jamendo, ou encore grâce à la vente de licences d’utilisation commerciales de leur musique.

Le site Internet Jamendo est l’un des principaux acteurs du mouvement des musiques libres en France, avec un positionnement annoncé comme « le Red Hat de la musique libre »…

 

Les régulateurs européens des télécoms sonnent l’alarme sur la Neutralité du Net

Dans la première étude officielle sur les restrictions d’accès Internet imposées par les opérateurs télécoms, les régulateurs européens des communications de l’Union Européenne (BEREC) dépeignent une situation très préoccupante. Internet tel que nous le connaissons est menacé, et la réticence de la Commission européenne à agir dans ce domaine est totalement irresponsable. À l’image des Pays-Bas, où le Parlement a adopté une loi sur la Neutralité du Net au début du mois de mai, l’Union européenne doit inscrire la Neutralité du Net dans sa législation.

Avec cette étude du BEREC, sur la gestion du trafic et les restrictions d’accès à Internet récemment publiée, les législateurs européens disposent à présent de la preuve que la situation requiert une action résolue. La politique poussée depuis 2009 par la Commission, qui repose sur une foi aveugle dans la compétition et la transparence sur les pratiques des opérateurs, a clairement montré ses limites.

>>> Source & Suite sur : https://www.laquadrature.net/node/5812

Qui ce serveur sert-il, franchement ?

Sur Internet, le logiciel privateur n’est pas la seule façon de perdre votre liberté. Le logiciel en tant que service [Software as a Service] est un autre moyen de donner à un tiers le pouvoir sur votre informatique.

Contexte : comment le logiciel privateur vous enlève votre liberté

La technologie numérique peut vous donner de la liberté ; elle peut aussi vous la prendre. Le contrôle que nous avons de notre informatique a d’abord été menacé par lelogiciel privateur : logiciel sur lequel les utilisateurs n’ont pas la main parce que le propriétaire (une société, comme Apple ou Microsoft) le contrôle. Les propriétaires se servent souvent de ce pouvoir injuste en insérant des fonctionnalités malveillantes comme les logiciels espions, les portes dérobées [backdoors], et les dispositifs de « gestion numérique des restrictions », ou  DRM, qu’ils nomment « gestion numérique des droits » dans leur propagande.

Notre solution à ce problème est de développer le logiciel libre et de rejeter le logiciel privateur. Logiciel libre signifie que vous, en tant qu’utilisateur, avez quatre libertés essentielles : (0) exécuter le programme comme vous le souhaitez, (1) étudier et changer le code source comme vous le souhaitez, (2) redistribuer des copies exactes, et (3) redistribuer des copies de vos versions modifiées (voir la définition du logiciel libre).

Avec le logiciel libre, nous, les utilisateurs, récupérons le contrôle de notre informatique. Les logiciels privateurs continueront d’exister, mais nous pouvons les exclure de nos vies et beaucoup d’entre nous l’ont déjà fait. Cependant, nous faisons face actuellement à une nouvelle menace sur le contrôle que nous avons de notre informatique : le logiciel en tant que service (SaaS). Pour notre liberté, nous devons le rejeter également.

Comment le logiciel en tant que service vous enlève votre liberté

>>> Source & Suite sur : http://www.gnu.org/philosophy/who-does-that-server-really-serve.html

POUR UN INTERNET POLISSON !

Contre un Internet policé, choisissons l’Internet polisson ! C’est en gros le message de Pas sage en Seine, festival de hackeurs et amoureux du Net en tout genre, qui partagent pendant quatre jours leur connaissance et leur passion du réseau.

 

Charges anti-Apple, tee-shirts Telecomix, chiffrement de données et barbes en broussaille : pas de doute, nous sommes bien à Pas Sage en Seine. Trublion reflet du plus institutionnel Futur en Seine, le grand raout numérique organisé en parallèle par la Ville de Paris et la Région Ile-de-France, ce festival donne pendant quatre jours la parole à quiconque souhaite parler d’Internet. Mais de préférence en empruntant les itinéraires bis. Car ici, hors de question de suivre les autoroutes confortables tracées sur le réseau par les mastodontes Apple, Google ou Facebook. Ici, “des gens pas sages du tout rendent visibles, intelligibles et pédagogiques les activités numériques underground ou tout simplement libres.” Pour un résultat gonflé d’impertinence, qui bouscule les standards élaborés par les services que nous utilisons au quotidien sur Internet. Le tout pour notre petit confort. Mais bien souvent au détriment de nos libertés.

>>> Source & Suite sur : http://owni.fr/2012/06/15/pses-pour-un-internet-polisson/

ACTA : Dernière étape cruciale avant le vote final

Le 21 juin, la commission « Commerce international » (INTA) du Parlement européen décidera d’adopter ou non son rapport sur ACTA. Ce vote marque la dernière étape procédurale avant le vote final du Parlement. Malgré le fait que quatre commissions ont récemment recommandé le rejet d’ACTA, d’importantes pressions pourraient peser sur le rapport d’INTA de la part des lobbies pro-ACTA et de la Commission européenne. Les citoyens doivent rester mobilisés, afin de s’assurer que les membres d’INTA recommandent le rejet d’ACTA. Ce rapport pèsera lourdement lors du vote final à venir au Parlement européen, prévu pour début juillet (vote en plénière le 3, 4 ou 5 juillet).

Quatre commissions ont récemment adopté des rapports pour avis sur ACTA, recommandant à la commission saisie au fond, INTA, d’appeler le Parlement dans son ensemble à rejeter ACTA. INTA, à son tour, doit voter sur son propre rapport lors de sa réunion de la semaine prochaine, le 21 juin. L’issue du vote sur la version définitive de ce rapport est l’étape cruciale avant le vote final du Parlement européen, prévu pour début juillet.

Pour le moment, le projet de rapport de David Martin (UK, S&D) recommande le rejet d’ACTA. Cependant, les conservateurs pro-ACTA (PPE, menés par le suédois Christopher Fjellner) et quelques-uns de leurs alliés (les conservateurs britanniques de l’ECR, menés par Syed Kamall) vont tenter d’amender la recommandation. Ces manœuvres sont encouragées par les lobbies de l’industrie et la Commission européenne, qui souhaitent inverser le rapport INTA afin qu’il recommande l’adoption d’ACTA, ou au moins le report du vote final.

Les citoyens doivent se mobiliser et contacter les membres de la commission INTA. Ils doivent en particulier veiller à ce que :

« Nous abordons les cent derniers mètres du marathon ACTA, et nous ne devons surtout pas perdre de vue notre objectif. Nous devons tout particulièrement prendre garde à ne pas considérer le travail comme terminé et la bataille gagnée : tout peut changer en un clin d’œil. Nos adversaires ont déjà eu recours à des ruses de dernière minute lors des précédents votes en commission, et nous devons nous attendre à ce qu’ils recommencent. Il est crucial que nous restions mobilisés pour assurer nos chances d’achever ACTA lors du vote en session plénière, et d’ouvrir la voie à une réforme positive du droit d’auteur » a déclaré Jérémie Zimmermann, porte-parole de l’organisation citoyenne La Quadrature du Net.

>>> Source sur : http://www.laquadrature.net/fr/acta-derniere-etape-cruciale-avant-le-vote-final