La neutralité du net remise sur le tapis

La neutralité du net remise sur le tapis

En déposant une proposition de loi visant à protéger la neutralité du Net, Laure de la Raudière (UMP) entend bien faire sortir la majorité du bois sur le sujet. Concis et clair, son texte réduit la marge de manœuvre des opérateurs, tout en prévoyant une procédure unique de blocage des sites. Pas sûr néanmoins que le document dépasse le stade de projet…

Internet en fusion

INTERNET EN FUSION

En lançant une réflexion sur le « rapprochement » de l’Arcep et du CSA, le gouvernement ressuscite un serpent de mer qui …

 

Mise à jour (19/09/2012) : le cabinet de Fleur Pellerin, ministre en charge de l’économie numérique, a indiqué hier à Libération qu’il n’y avait “pas d’urgence à légiférer”, ajoutant que “s’il y a des atteintes à la neutralité, l’Arcep peut être saisie. “ Le régulateur a en effet la possibilité d’être saisi par les acteurs du Net en cas de différend. Les internautes néanmoins, restent sans aucune possibilité de recours.

En matière de neutralité du Net, Bercy préfère donc s’attacher à l’avis du régulateur des télécoms, qui n’est pas favorable à l’idée d’une loi sur le sujet, plutôt que de soutenir une initiative de l’opposition. Un rapport reprenant sa position est d’ailleurs attendu les tout prochains jours au Parlement.

L’alliance du ministère avec l’Arcep a de quoi surprendre, à l’heure d’un éventuel rapprochement de cette autorité avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui est perçu comme un véritable coup de boutoir politique en direction du régulateur des télécoms. Bercy a d’ailleurs tenu à préciser que “la question de la neutralité du Net pourrait rentrer dans les discussions à venir sur la fusion entre le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et l’Arcep.”Histoire de complexifier un peu plus une affaire déjà foutraque et mal engagée.


“Créer certaines règles pour préserver l’Internet.” C’est l’objectif de la proposition “relative à la neutralité de l’Internet” que vient de déposer Laure de la Raudière (UMP) à l’Assemblée nationale. L’élue est une habituée du sujet, puisqu’en 2011, elle remettait déjà au Parlement, accompagnée de Corinne Erhel (PS), un rapport sur la neutralité du Net. Interrogée par OWNI, elle déclare souhaiter “faire de ce texte un marqueur important de ce qu’est la neutralité du Net dans le droit”.

En inscrivant ce principe dans la loi, cette proposition vise à protéger le réseau, “immense bien collectif”“des intérêts de ses différents acteurs”. Le tout décliné assez brièvement, en à peine 9 articles. Outre la définition de la neutralité du Net, les obligations fixées notamment aux fournisseurs d’accès à Internet (FAI), le texte aborde aussi l’épineuse question du “blocage de l’accès à Internet”. Rassemblée en une “procédure unique”, elle est ici remise entre les mains de la seule autorité judiciaire.

Blocage : juge à tous les étages

Pour un Internet “neutre et universel”

POUR UN INTERNET “NEUTRE ET UNIVERSEL”

Contre le blocage et en faveur d’une neutralité des réseaux préservée et contraignante, le rapport de Laure de la …

C’est d’ailleurs la disposition qui a été la plus commentée. Certains se sont étonnés de retrouver le scénario du blocage de sites Internet au sein d’une proposition protégeant la neutralité. “L’article 4 n’est pas mal”commente quant à lui Benjamin Bayart, le président du FAI associatif FDN, également bien au fait du sujet, contacté ce matin par OWNI“Il modifie très en profondeur ce qui existe déjà et remet le juge partout !”, poursuit-il.

L’article 4 propose en effet de réunir l’ensemble des procédures permettant en droit français d’imposer aux FAI de bloquer l’accès à certains contenus, en y faisant systématiquement intervenir l’autorité judiciaire. Une rupture avec les mauvais souvenirs laissés en 2010 par la LOPPSI (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure).

Pour rassembler les “cinq bases légales différentes” en la matière, l’article 4 modifie donc l’article 6 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) -un passage casse-tête qui détaille (entre autres) la responsabilité des hébergeurs sur Internet

Si le texte est adopté, il y aura donc une procédure unique. Les scénarios visés sont ceux que l’on retrouve habituellement en cas de serrage de vis sur le Net : jeux en ligne non autorisés, pédopornographie et bien sûr, la sacro-sainte atteinte “à un droit d’auteur ou à un droit voisin”.

Difficile en l’état de savoir quelles implications auront les modifications souhaitées par la députée UMP. “Pour comprendre l’article 6 de la LCEN, il faudrait 2 mémoires de thèse !” commente Benjamin Bayart. Et de conclure :

Difficile de dire en l’état si l’article 4 aura des effets de bord.

Du vrai Internet, une qualité minimale

Outre la question du blocage, la proposition de loi entend aussi régler les comptes des FAI. Certaines obligations leur sont imposées afin d’éviter qu’ils façonnent le réseau, et la manière dont les internautes peuvent en disposer, au gré de leur objectifs commerciaux.

Ainsi, seuls les services “respectant le principe de neutralité” pourront être vendus sous l’étiquette offre “d’accès à Internet”, indique l’article 5. Les suivants (articles 6, 7 et 8) imposent quant à eux aux opérateurs “une qualité de service minimale”. C’est l’Arcep, le gendarme des télécoms, qui est présenté comme le bras armé de la neutralité : il lui revient la responsabilité de mettre sur pied“un observatoire de la qualité de l’Internet” (art.6), ainsi que d’imposer aux FAI les “exigences minimales en terme de qualité de service” dès que la situation concurrentielle ne le permet pas.“Afin, poursuit le texte, de garantir aux consommateurs la capacité de choisir une offre d’accès à Internet respectant le principe de neutralité”.

Manière comme une autre d’apporter son soutien à l’Arcep, qui en a bien besoin. Empêtrée dès la rentrée dans un projet du gouvernement qui vise à rapprocher cette autorité du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), l’Arcep retrouverait ici un nouveau souffle. Les différents chantiers qu’elle mène depuis plusieurs mois au sujet de la neutralité du Net, que nous suivons attentivement ici à OWNI, sont en effet directement concernés par la proposition de loi.

Internet bat la mesure

INTERNET BAT LA MESURE

Le gendarme des télécoms redresse la barre, mais peut-être trop tard. Pour mesurer la qualité de l’accès à Internet en …

Ainsi le projet de mise en place d’un suivi de la qualité de service de l’accès à l’Internet fixeRappelez-vous : les garanties apportées par ce groupe de travail ne permettaient pas de croire en la validité des mesures à venir. Avec un observatoire indépendant, placé au cœur du régulateur, difficile pour les FAI de truquer les mesures. De même pour la question des offres commerciales estampillées “Internet”, très âprement discutée au sein d’un autre groupe de travail.

Même si l’Arcep ne se montre pas favorable à une loi pro-neutralité, comme elle devrait le réaffirmer dans les prochains jours dans un rapport qu’elle remettra au Parlement (l’analyse du pré-rapport à lire ici), l’initiative de Laure de la Raudière ne devrait donc pas la laisser insensible.

Mort-né ?

Reste bien sûr la question de l’adoption de cette proposition. Rien n’est gagné, tant du côté de l’opposition que du côté de la majorité. “Là tout de suite, l’UMP a des priorités sur la productivité et l’emploi”, concède Laure de la Raudière. Avant d’ajouter :

Déposer ce texte, c’est aussi une manière de questionner le gouvernement. J’ai du mal à savoir leur position sur le sujet.

Pour le moment, les intéressés gardent le silence : après l’avoir joint plus tôt dans la journée, nous restons en attente d’une réaction officielle du cabinet de Fleur Pellerin, la ministre en charge de l’économie numérique. Ministre qui s’était illustrée cet été par une bourde au sujet de la neutralité, affirmant qu’elle était “un concept américain qui a tendance à favoriser les intérêts économiques de Google, Apple et consorts.”

C’en était suivi un tollé, qui a fait place à une rectification de la part de l’intéressée, sur Twittercomme lors du Club parlementaire du numérique. Elle avait alors déclaré soutenir “la liberté et l’universalité d’internet”.

Pas sûr néanmoins qu’elle profite de l’ébauche déposée par Laure de la Raudière, une élue de l’opposition. Histoire de territoires politiques bien sûr, mais aussi, peut-être, de venger une autre proposition de loi : celle de Christian Paul, élu PS, qui avait déposé sans succès, en février 2011, un texte visant à protéger la neutralité du Net.

>>> Source : http://owni.fr/2012/09/14/la-neutralite-remise-sur-le-tapis/

Edito 11B : Shaarli est enfin arrivé !

Grande nouveauté sur mon blog, ça fait quelque temps que j’y pense, et maintenant c’est fait: j’ai enfin installé dernièrement sur mon blog, avec l’aide de Fred, un fantastique petit outil qui créé par Sebsauvage en 2011.

Lorsque nous butinons sur la toile, il nous arrive relativement souvent de vouloir conserver certaines URLs … Si nous souhaitons partager et organiser nos liens nous avons donc le choix parmi un nombre conséquent de services en ligne centralisés, fermés et/ou privateurs… avec tous les problèmes que cela entraîne…

Shaarli est un système qui préserve votre vie privée, mono-utilisateur et minimaliste qui fait juste ce qu’il est sensé faire, et qui le fait bien !

J’aime partager les liens intéressants que je découvre sur le net et cette application me sera donc indispensable dans un avenir très proche 🙂

Allez, libérez-vous et partagez vos liens 🙂

Si vous souhaitez me suivre, voici les liens :

http://liens.sam7blog42.fr/

&

http://liens.sam7blog42.fr/?do=daily

sam7 

Nota : plus de précisions sur mon Shaarli ici : /a-propos/de-shaarli/

Edito du 07/09 réédité les 15 & 16/09/2012

>>> Sources & plus d’infos sur :

Lire la suite « Edito 11B : Shaarli est enfin arrivé ! »

We don’t need no regulation

Depuis quelques jours la nouvelle qui défraie la chronique de notre microcosme est ce rapprochement qui apparaît désormais de plus en plus certain du CSA et de l’ARCEP dans le but de réguler Internet.

Des alternatives intéressantes sont proposées de ci de là, mais toutes ont le même défaut : elles partent du principe qu’Internet a besoin de régulation.

Je m’inscris en faux sur ce point et trouve cette approche dangereuse à court ou moyen terme. La régulation implique le contrôle et le contrôle sur la liberté d’expression absolue comme mesurée n’est jamais très bon, surtout lorsqu’exercé par l’Etat. Des exemples à l’étranger mais aussi en France sont malheureusement là pour conforter cette position…

A l’inverse, ce qui menace réellement Internet, en ce moment et depuis quelques années, c’est justement ce contrôle, cette centralisation et la censure ou les atteintes à la concurrence qui en découlent. Ce sont les lobbys qui pour défendre des intérêts privés font plier les politiques au détriment de la majorité. Ce sont les pays qui ont le contrôle sur leur Internet et s’en servent pour traquer des opposants…

La réponse à celà est évidente : la neutralité du Net. Cette réponse est déjà sur le bureau de ceux qui aujourd’hui envisagent le chemin inverse et mettent ainsi en péril à la fois notre liberté mais aussi un pan chaque jour plus considérable de l’économie.

Aussi aujourd’hui je vous propose de faire passer un message et de clamer haut et fort votre refus de voir votre outil de travail, votre lieu d’expression, d’accès à l’information, … censuré, contrôlé, démantelé par un Etat déjà beaucoup trop présent dans tous les autres vecteurs qui permettent d’accéder à une fraction de ce que permet Internet. Je vous propose simplement de dire non, nous n’avons pas besoin d’être régulés…

>>> Source & Suite sur : http://www.paulds.fr/2012/08/we-dont-need-no-regulation/

>>> Licence : Creative Commons CC0

« Il suffit qu’on arrête de s’en foutre » #essentiel #causedescauses

« Il suffit qu’on arrête de s’en foutre » #essentiel #causedescauses

Je t’ai prévenu, je fais le virus pour Etienne Chouard.

Nous ne sommes pas en démocratie, mais la solution existe.

Si ta réaction est « mais oui, c’est ça, il est gentil » je te demande quand même d’essayer. Tu pourrais être supris: c’est passionnant, instructif, étayé, et ça pourrait te retourner comme une crêpe 🙂

 

Conférence de Lyon, mars 2012

PARTIE I : Parcours depuis 2005.

Un chantier original. — Le traité anti-constitutionnel. — Douze mille mails sous les mers. — S’opposer et construire. — Rôle des constitutions. — De la contradiction. — Les outils collaboratifs du plan C : Le forum, le wiki, le blog.

 

PARTIE II : Remettre les mots à l’endroit.

Nos acteurs politiques, l’intérêt général, et l’intérêt des banques. — 1% et 99%. — Élections = démocratie ? — Démocratie et gouvernement représentatif. — Désigner des maîtres. — La constitution : le problème et la solution. — La vergogne. — 1789, l’abbé Sieyès. — Henri Guillemin. — Chercher la cause des causes.

 

Partie III : Impuissances et constitutions.

Les résistances impuissantes. — Les branches et les racines. — Considérations sur Internet. — Qui écrit les constitutions ? — Notion de conflit d’intérêt. — Constituer une assemblée constituante. — La Tunisie et l’ Islande.

 

PARTIE IV :

Les Iroquois et la place du chef. — Élections, aristocratie, et oligarchie. — Athènes, Platon, et les sophistes. — Tirage au sort et démocratie.— Vouloir la démocratie. — Désynchroniser la richesse économique et le pouvoir politique.

Les objections de «l’assemblée du 5ème arrondissement de Lyon» :

— Pourquoi la démocratie athénienne s’est-elle éteinte ?

— Les humains veulent-ils la démocratie ?

— Esclavagisme et phallocratie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.

— Le tirage au sort et la question de la compétence.

— La question du nombre.

— Montaigne, et l’art de converser.

 

PARTIE V :

L’assemblée des citoyens à Athènes, à l’époque de la démocratie. —

le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. — Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d’ascenseurs. — Question de la corruption. —

Question du contrôle des pouvoirs.

Références bibliographiques :

– Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance. — Éditions de l’Aube (7 mai 2004).

– Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et

politique d’Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).

 

PARTIE VI : Débats

— Une proposition originale de Boris, débattue ensuite avec Monique.

— Une idée simple et puissante : «Nous ne voulons pas de professionnels de la politique dans l’assemblée constituante.»

Retour sur : – L’importance de la constitution. – Le conflit d’intérêt. – La cause des causes. – Les questions de la compétence et de la volonté.

Bibliographie :

– Alain, Propos sur les pouvoirs. — Éditions Gallimard (1 janvier 1985).

 

PARTIE VII :

Rédaction d’une constitution : le cas du Venezuela, une alternative au tirage au sort. — Référendums d’initiative populaire, fonctionnements possibles. — Revenu de base, revenu universel, dividende universel, salaire à vie. — Quelles armes contre l’oligarchie ? — Le diplodocus et le virus. — Internet et l’exponentielle.

Bibliographie :

– Bernard Friot, L’enjeu du salaire. Éditions La Dispute (19 janvier 2012).

– Bernard Friot, L’enjeu des retraites. Éditions La Dispute (25 mars 2010).

– Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Éditions Nouvelle (1932).

– Bernard Manin, Les principes du gouvernement représentatif. Flammarion (15 septembre 2008).

Eléments pour la réforme du droit d’auteur et des politiques culturelles liées

Après le rejet du traité ACTA par le parlement européen, une période s’ouvre dans laquelle il sera possible, si nous nous en donnons les moyens, d’installer un nouveau cadre réglementaire et politique pour l’ère numérique. Un grand nombre de citoyens et de députés européens adhèrent au projet de réformer le droit d’auteur et le copyright. Le but de cette réforme est que chacun d’entre nous puisse tirer tous les bénéfices de l’ère numérique qu’il s’agisse de s’engager dans des activités créatives ou d’expression publique, ou d’en partager les produits. Dans les mois et années qui viennent, les questions clés seront : quels sont les vrais défis de cette réforme ? Comment y faire face ?

Ce texte, disponible en français et anglais, fournit une réponse à la première question et un ensemble cohérent de propositions pour aborder la seconde. Ces propositions portent sur la réforme du droit d’auteur et du copyright, mais aussi sur les politiques liées en matière de culture et de médias. Ces éléments pourront être utilisés par les acteurs qui portent des réformes selon leurs propres orientations. On prendra garde cependant à l’interdépendance entre les diverses propositions. Le texte a été rédigé par Philippe Aigrain et a bénéficié des contributions de Lionel Maurel et Silvère Mercier et de la relecture critique des animateurs de La Quadrature du Net. Il est publié en parallèle sur le blog de l’auteur et sur le site de La Quadrature du Net.

>>> Source & Suite sur : http://www.laquadrature.net/fr/elements-pour-la-reforme-du-droit-dauteur-et-des-politiques-culturelles-liees

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Geektionnerd : Hadopium du peuple

La riposte graduée selon notre ami Gee 🙂

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Geektionnerd - Simon Gee Giraudot - CC by-sa

Source : Hadopi : Lescure favorable au maintien de la riposte graduée (Numerama)

Crédit : Simon Gee Giraudot (Creative Commons By-Sa)

>>> Source : http://www.framablog.org/index.php/post/2012/07/20/geektionnerd-hadopium-du-peuple

La monnaie est le code privateur de l’économie

La monnaie est le code privateur de l’économie

Imaginez que l’on confie le protocole TCP/IP à Orange et que ce dernier facture chaque octet qui passe sur le réseau. Vous y êtes ? Vous avez maintenant une idée de ce à quoi ressemble le système monétaire : un immense bien commun confié aux intérêts d’une minorité bien organisée.

jail-monopoly

La victoire des activistes de l’internet ouvert contre ACTA au parlement européen montre bien que l’on peut mobiliser des foules lorsqu’il s’agit de protéger un bien commun. Et pour cause, un internet non ouvert n’a aucun sens. Pour le vérifier, faisons donc l’exercice : imaginez quelques secondes si le minitel 2.0 était la réalité d’aujourd’hui… Que se passerait-il ?

J’ai dans ma tête une vision d’horreur où Orange nous facturerait chaque octet transmis au réseau.

Du coup, chacun chercherait à facturer aux autres tout et n’importe quoi afin d’alléger sa propre facture, étouffant ainsi naturellement le développement de toute sphère non marchande, et favorisant au contraire une logique de rivalité plutôt que de coopération.

Personne ne contribuerait sur wikipédia puisque cela lui couterait cher. Ou alors, il faudrait un wikipédia privé, qui rémunérerait les contributeurs pour les rembourser de leurs frais de connexion. Mais bon, du coup ça ne serait plus vraiment wikipédia n’est-ce pas ?

Les blogueurs, eux aussi, existeraient certes toujours. Mais ils passeraient alors plus de temps à optimiser leurs bannières publicitaires où à écrire des billets sponsorisés plutôt qu’à diffuser leurs idées. Sauf bien sûr les blogueurs dont la situation financière permettrait aisément de se consacrer à leur véritable passion. Bref, du coup la blogosphère ne serait pas vraiment la même que celle que l’on connait aujourd’hui.

Quant à Facebook ? Cela n’existerait pas : trop cher pour les utilisateurs. Du coup, les gens ne seraient pas plus connectés qu’avant. Ou alors, peut être que cela existerait mais alors au prix d’une exploitation encore plus scandaleuse de nos données personnelles. Par exemple, facebook nous rembourserait nos frais de connexion au prorata de la quantité de données privées que nous donnerions à facebook (ou à ses entreprises clientes).

Bref, voyez ce que je veux dire ? Et bien la vraie vie dans cette foutue économie, c’est à peu près pareil.

Comment la monnaie nuit à la coopération

En effet, comme 97% de l’argent est en vérité de la dette (lire ce post pour plus d’explications), cela signifie que chaque centime d’euro est soumis au paiement d’un intérêt, à l’image des octets fictivement facturés par Orange.

Concrètement, l’argent que vous touchez d’un salaire ou d’une pension provient en amont d’une dette de l’entreprise qui vous salarie  envers sa banque ou ses créanciers, ou bien de l’Etat envers les marchés via la dette publique. Et donc, votre salaire est diminué du cout financier de cette dette que doit payer l’entreprise. De même que la facturation des octets serait un frein majeur à la production de richesses, la monnaie (et donc la dette) devient un cout de transaction dont les citoyens paient toujours la facture au final.

En vérité, la conséquence ultime de ce système, c’est qu’il n’y a jamais assez d’argent pour tout le monde. Le remboursement des crédit des uns se fait nécessairement en diminuant l’épargne (ou augmentant la dette) des autres pour rembourser les intérêts. Du coup, naturellement, les activités altruistes et fondées sur la coopération ne peuvent que très difficilement s’imposer.

C’est un jeu à somme nulle, sans autre victoire de celle de la lutte de tous contre tous. Nous sommes tous dans une lutte acharnée pour notre propre survie, alors même que nous savons pourtant produire suffisamment de biens de première nécessité pour tous les habitants de la Terre. C’est ridicule, en fait.

L’intelligence vs. rareté artificielle

Heureusement, il y aune faille dans ce système : celui-ci repose sur le mythe de la rareté. Une rareté artificielle qui n’existe  nulle part d’autre que dans l’esprit du plus grand nombre, et parfois grâce à des stratégies nuisibles pour la maintenir (ex: l’obsolescence programmée).

De même qu’il deviendra impossible de facturer chaque octet si la majorité des internautes comprend qu’ils peuvent eux aussi participer à la création d’un réseau libre à base de peer to peer et que chaque octet ne coute pas vraiment plus cher aux opérateurs, le système monétaire ne tiendra pas le choc quand la population aura conscience que la monnaie n’est « rare » que parce que les règles du système en ont décidé ainsi. Le problème est donc en grande partie dans nos propres consciences…

Heureusement, il existe des alternatives pour nous ouvrir les yeux.

De même que la neutralité du net est le garde fou face aux dérives du capitalisme qui essaye de reproduire partout la rareté artificielle nécessaire à sa survie, une solution pour la monnaie est d’y intégrer un revenu de base.

Imaginez un bitcoin dont la création monétaire, plutôt que d’être distribuée à ceux qui gaspillent de l’énergie en faisant tourner leurs bécanes jour et nuit, irait à tous les participants. Ajoutez-y une règle : le système monétaire ne doit pas favoriser une génération par rapport à une autre, ou autrement dit, la création monétaire doit respecter une égalité de traitement entre les citoyens.

(Vous y êtes ? Bravo, vous venez de piger le projet de monnaie virtuelle Open UDC)

De même que la neutralité du net garantit à chaque citoyen la possibilité d’utiliser le réseau de manière non discriminée face aux plus puissants et sans devoir concéder ses données personnelles à des intérêts privés, le revenu de base garantit à chaque citoyen un minimum monétaire permettant de participer à l’économie, sans devoir de prime abord s’endetter ou vendre du travail gratuitement à quiconque.

Libérons le code de la monnaie !

La monnaie est aujourd’hui un instrument géré par les banques et les banques centrales d’une manière parfaitement pyramidale et arbitraire. Or, qu’est-ce que la monnaie si ce n’est un protocole, un code ?

Sauf que ce code, contrairement à celui de l’internet, est tout sauf ouvert, transparent, et encore moins contrôlable démocratiquement. La monnaie est aujourd’hui le code privateur de l’économie : c’est l’outil qui nous opprime tous et nous rend esclave d’une minorité qui maintient l’illusion de la rareté autour de nous.

Si, comme le dit Lawrence Lessig, « code is law », alors il est grand temps de forker le code de l’économie : la monnaie.


>>> Illustration Paternité Mark Strozier PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales Occupy* Posters

>>> Source sur : http://www.tetedequenelle.fr/2012/06/monnaie-code-privateur/

La monnaie est le code privateur de l’économie

Imaginez que l’on confie le protocole TCP/IP à Orange et que ce dernier facture chaque octet qui passe sur le réseau. Vous y êtes ? Vous avez maintenant une idée de ce à quoi ressemble le système monétaire : un immense bien commun confié aux intérêts d’une minorité bien organisée.

jail-monopoly

La victoire des activistes de l’internet ouvert contre ACTA au parlement européen montre bien que l’on peut mobiliser des foules lorsqu’il s’agit de protéger un bien commun. Et pour cause, un internet non ouvert n’a aucun sens. Pour le vérifier, faisons donc l’exercice : imaginez quelques secondes si le minitel 2.0 était la réalité d’aujourd’hui…

… Que se passerait-il?

J’ai dans ma tête une vision d’horreur où Orange nous facturerait chaque octet transmis au réseau.

Du coup, chacun chercherait à facturer aux autres tout et n’importe quoi afin d’alléger sa propre facture, étouffant ainsi naturellement le développement de toute sphère non marchande, et favorisant au contraire une logique de rivalité plutôt que de coopération.

Personne ne contribuerait sur wikipédia puisque cela lui couterait cher. Ou alors, il faudrait un wikipédia privé, qui rémunérerait les contributeurs pour les rembourser de leurs frais de connexion. Mais bon, du coup ça ne serait plus vraiment wikipédia n’est-ce pas ?

Les blogueurs, eux aussi, existeraient certes toujours. Mais ils passeraient alors plus de temps à optimiser leurs bannières publicitaires où à écrire des billets sponsorisés plutôt qu’à diffuser leurs idées. Sauf bien sûr les blogueurs dont la situation financière permettrait aisément de se consacrer à leur véritable passion. Bref, du coup la blogosphère ne serait pas vraiment la même que celle que l’on connait aujourd’hui.

Quant à Facebook ? Cela n’existerait pas : trop cher pour les utilisateurs. Du coup, les gens ne seraient pas plus connectés qu’avant. Ou alors, peut être que cela existerait mais alors au prix d’une exploitation encore plus scandaleuse de nos données personnelles. Par exemple, facebook nous rembourserait nos frais de connexion au prorata de la quantité de données privées que nous donnerions à facebook (ou à ses entreprises clientes).

Bref, voyez ce que je veux dire ? Et bien la vraie vie dans cette foutue économie, c’est à peu près pareil.

>>> Source & Suite sur : http://www.tetedequenelle.fr/2012/06/monnaie-code-privateur/

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Une Ligue de Défense d’Internet inspirée par Batman

Pour fédérer les internautes et les faire agir le plus massivement possible lorsque les libertés sur Internet sont menacés, des organisations de renom se sont réunies pour lancer jeudi la Ligue de Défense d’Internet, inspirée par le Bat-Signal de Batman.

L’idée pourrait être aussi originale qu’efficace, et inspirer des initiatives similaires en France. L’organisation Fight For The Future, qui s’est battue avec succès contre les lois SOPA et PIPA aux Etats-Unis, a fédéré de nombreux acteurs de renom pour monter l’Internet Defense League (Ligue de Défense d’Internet), inaugurée ce jeudi 19 juillet. Inspirée par le projecteur Bat-Signal de Batman qui illumine le ciel de Gotham City dès que l’aide de la chauve-souris est requise, l’IDL vise à diffuser le plus rapidement et le plus largement possible des alertes pour rameuter les internautes dès qu’un projet menace les libertés sur Internet. Une méthode expérimentée avec succès par la Quadrature du Net en Europe, pour faire chuter ACTA.

>>> Source & Suite : http://www.numerama.com/magazine/23223-une-ligue-de-defense-d-internet-inspiree-par-batman.html

>>> Site : http://internetdefenseleague.org/

L’avenir de Thunderbird

L’avenir de Thunderbird, the Walking Dead ?

 

Voici ce qu’on peut lire sur le blog « professionnel » de Tristan Nitot, responsable marketing chez Mozilla, lorsqu’il demande au managing director de Thunderbird si ce dernier est mort. Je vous propose une traduction rapide :

Non, Thunderbird n’est pas mort. Non avons annoncé un changement dans la façon dont nous développons les nouvelles fonctionnalités de Thunderbird. Rien ne changera pour les utilisateurs particuliers ou les entreprises qui l’utilisent : Mozilla continuera à supporter et maintenir Thunderbird. Pour être plus clair, Mozilla ne se concentrera plus sur le développement des nouveautés de Thunderbird mais le gardera sur et stable. Mozilla fournira toute l’infrastructure nécessaire afin d’intégrer les nouvelles fonctionnalités développées par la communauté dans les futures versions de Thunderbird.

C’est assez clair, non ? Il est dit plus loin que des employés de Mozilla continueront à bosser sur Thunderbird.

Seule la façon dont Thunderbird évolue est morte, c’est tout.

 

Finalement, la peut être vraie mort de Thunderbird, mais quel véritable enjeu ?

Cet abandon, car ne nous leurrons pas, il s’agira tôt ou tard d’un abandon, pointe du doigt la fondation Mozilla. La première interrogation est la suivante : Est-ce que Mozilla reste un acteur de confiance du logiciel libre ou des gens à ne pas suivre ? La liberté n’est pas un gage de qualité ni dans le code ni dans la stratégie d’entreprise, les programmes codés avec les pieds ce n’est pas ce qui manque…

Il semble s’agir d’une politique « à la Google« , éradiquer un logiciel qu’on juge obsolète. Il y a ici un très mauvais concours de circonstance puisqu’il ne s’agit pas d’une annonce officielle mais d’une fuite, on ne peut donc comme je l’ai fait jeter l’opprobre sur la communication de Mozilla, néanmoins la stratégie est là. Oui le logiciel n’est pas abandonné, oui les mises à jour de sécurité seront réalisées (pour un temps), oui le système de plugin permet de faire évoluer le logiciel de façon simple. En outre, ces derniers temps, on a pu observer que lorsqu’une société possède un logiciel propriétaire dont elle veut se défaire, elle le rend opensource ou elle le remet à la communauté, une façon élégante de mettre à la poubelle. A partir du moment où Mozilla l’a fait une fois, pourquoi ne recommencerait-elle pas demain avec Firefox ? Et c’est là que j’y vois un enjeu, le doute est désormais en place.

Avec une prise de position pareille, Mozilla s’annonce vaincu et montre l’avenir, le cloud et les réseaux sociaux. Les webmails ont balayé les clients en dur, les réseaux sociaux ont achevé le mail, après tout ils ne sont que 20 millions à utiliser notre logiciel, un faible marché par rapport à un OS sur mobile. Il s’agit ici du second enjeu, et c’est un enjeu pédagogique. Que les gens veulent utiliser un webmail pourquoi pas. Toutefois, c’est se soumettre à un service qui peut fermer d’un jour à l’autre, qui peut exploiter vos données, enfin le grand classique. Un client mail en local associé à une adresse sur un nom de domaine que vous possédez vous garantissent la liberté mais surtout la sauvegarde de vos mails, un paramètre qu’il ne faudrait pas oublier. Quand bien même vous ne passeriez que par le webmail, un coup de client local et on récupère tout. On rate donc ici un tournant pédagogique, en se disant que le mail est mort alors qu’il me semble que la majorité des actes administratifs nécessitent un mail et pas un coup de poke sur facebook et le cas échéant que le webmail c’est après tout une affaire qui roule sans se soucier des backups.

L’affaire Thunderbird est très instructive. La nouvelle a été traitée n’importe comment puisqu’en fait le logiciel n’est pas mort, le logiciel libre ne meurt pas, les mises à jour de sécurité sont encore assurées par Mozilla, il m’a fallu plusieurs heures pour le comprendre puisque ça partait dans tous les sens et ça continue d’ailleurs. C’est « amusant » de constater que c’est la presse informatique et les blogueurs qui enterrent le logiciel quand son cycle de vie n’est absolument pas terminé, on diffuse donc de façon massive de fausses informations.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est de se dire que le logiciel libre n’est pas si loin du logiciel propriétaire, qu’il n’est donc pas immortel…

Enfin, la décision que prend Thunderbird peut laisser la place à des conclusions hâtives quant au positionnement personnel qu’on pourrait avoir par rapport au mail et au webmail, il va être temps de rappeler l’utilité du mail et les moyens de l’archiver bien au chaud sur son disque dur.

>> Sources & plus d’infos sur :

 http://www.dadall.info/blog/index.php?post/2012/07/09/L-avenir-de-Thunderbird,-the-Walking-Dead

http://www.cyrille-borne.com/index.php?post/2012/07/09/Finalement%2C-la-peut-%C3%AAtre-vraie-mort-de-Thunderbird%2C-mais-quel-v%C3%A9ritable-enjeu