La bureautique libre peine à séduire les entreprises

 

Une récente étude montre un recul de l’utilisation des suites bureautiques libres dans les entreprises. Un recul très marqué avec le passage de 13% à 5% seulement en l’espace de deux ans. Que s’est-il passé ces deux dernières années qui ait pu provoquer un tel recul ? La faute aux suites bureautiques ou la montée en puissance d’autres formes de bureautique plus adaptées aux besoins des utilisateurs ?

Panorama de la bureautique en entreprise

C’est le groupe Forrester qui publie quelques résultats issus de son étude sur l’adoption de la suite bureautique Microsoft Office 2013 et des alternatives existantes chez 148 de ses clients. Le panel est restreint et ne représente pas totalement le marché de l’aveu même de Forrester. Cependant, il permet de comparer l’évolution dans l’usage des suites bureautiques au sein du panel ce qui n’est pas dénué d’intérêts.

(…)

Sans grande surprise, c’est Office 2010 qui se taille la part du lion. Office 2013 la version qui lui succède a déjà pris une place significative et 36% des répondants ont prévu de migrer vers cette version. Cependant le rythme d’adoption est plus lent que pour Office 2010, car bien souvent le déploiement d’Office 2013 est concomitant à celui de Window 8. Une version que les entreprises ne sont pas pressées d’adopter.
Les suites bureautiques en ligne, Office 365 et Google Apps sont également bien représentées avec une préférence pour celle de Google. Ce dernier profite de la prime au premier. En la matière Microsoft a eu du mal à prendre le virage du web.

Quant aux suites bureautiques libres, elles pointent en quasi fin de classement à un petit 5%. OpenOffice devance légèrement LibreOffice, mais pour des raisons historiques je pense.  On constate globalement un passage à LibreOffice. Une transition qui ne s’est d’ailleurs pas toujours faite sans douleur. Les premières versions de la série 3 de LibreOffice ayant laissé aux utilisateurs une impression de régression en terme de stabilité par rapport à OpenOffice .

Si l’étude s’arrête là, je dirais que cette présentation du paysage informatique de la bureautique est cohérente avec ce que je croise dans les entreprises. Mais l’étude Forrester signale qu’en 2011 les suites bureautiques libres représentaient 13% des réponses. Soit un recul plus que significatif en deux ans. Comment interpréter ce chiffre ?

Le recul des suites bureautiques libres

Si dans le secteur public, les suites bureautiques libres semblent progresser malgré quelques revers, les entreprises restent plus réfractaires au passage vers les suites bureautiques libres. Les freins y sont tout aussi puissants, surtout les habitudes des salariés à changer. Un changement perçu par beaucoup de dirigeants comme n’apportant pas une plus-value significative pour l’entreprise. Mais les choix d’ordre politique ou éthique ont bien moins de prises dans le secteur privé.

La montée en puissance de la demande d’applications en ligne est aussi un frein à la progression de la bureautique libre. Pourtant l’annonce de l’arrivée d’une version web de LibreOffice court depuis 2011 et a été réaffirmée il y a encore une an, mais depuis plus la moindre information sur l’avancée de ce projet. Il est probable qu’il s’agisse d’un important chantier qui nécessite beaucoup de développements et donc de moyens financiers.

Cependant au vu des usages et attentes des utilisateurs surtout en entreprise, c’est un manque important qui ne peut que freiner davantage l’adoption d’une bureautique libre surtout dans les petites structures. Il existe néanmoins des solutions comme les services proposés par DotRiver par exemple.

Fin de vie d’Office 2003

Il faut alors des contextes bien particuliers pour arriver à rendre acceptable une migration. A ce jour c’est le contexte de fin de vie d’Office 2003 qui est le plus favorable à une adoption des suites bureautiques libres. Le passage à Office 2013 implique un changement à la fois dans les habitudes de travail des utilisateurs à cause de l’évolution de l’interface, mais aussi dans les formats de documents.

Ce dernier point est en revanche moins générateur de freins que le premier. LibreOffice et son interface “traditionnelle” déroutent moins les utilisateurs qu’Office 2013. Mais c’est une opportunité de migration qui se referme à la vitesse “Grand V”.

Montée en puissance d’Office 365

L’offre Office 365 intègre à la fois une messagerie et les licences de tous les logiciels Microsoft. C’est une arme redoutable. Plusieurs de mes clients m’ont déjà sollicité pour étudier son utilisation. Il est vrai qu’à 12,30€HT par utilisateur et par mois, le pack est plus qu’intéressant : une boîte mail Exchange de 25Go, la possibilité d’installer la suite Office complète sur cinq postes différents pour un même utilisateur (celui de l’entreprise et de la maison par exemple) et l’accès aux autres outils de Microsoft comme Lync, Sharepoint ou encore Skydrive.

Une solution de bureautique collaborative très complète et qui répond en très grande partie aux besoins des petites structures en matière d’informatique collaborative. Il n’existe aucune offre équivalente à base de logiciel libre à ce jour.

Bien entendu, que se passe-t-il le jour où l’on ne peut plus payer son abonnement ? Probablement, une fin précipitée pour l’entreprise en question privée d’outil de travail. On opposera que le jour où l’entreprise ne peut plus payer ces 12,30€, la fin est de toute façon inéluctable.

Le secteur public, planche de salut ?

Dans ce contexte, le développement des suites bureautiques libres risque de demander encore pas mal d’efforts et de stagner dans le domaine des entreprises. Peut-être le salut viendra-t-il du secteur public et d’un investissement financier et humain significatif de ce dernier que ce soit en France ou à l’étranger.

On notera l’arrivée du groupement interministériel MIMO (Mutualisation interministérielle pour une bureautique ouverte) dans le comité consultatif de The Document Foundation. Ce groupement représente environ 500 000 utilisateurs de bureautique libre dans notre administration.

L’autre planche de salut passe aussi par l’innovation et la proposition de fonctionnalités “originales”. Si l’on pouvait disposer de fonction d’édition collaborative en mode pair à pair simple à mettre en œuvre, voilà qui apporterait une potentielle “killer feature”. Il existe déjà une fonctionnalité de ce type dans Calc du moment que les deux utilisateurs ont accès au même document sur un système de fichier partagé. Ce qui limite l’usage au travers d’internet qui reste le support universel pour le travail collaboratif.

 

>>> Source & plus d’infos sur : http://philippe.scoffoni.net/bureautique-libre-seduire-entreprises/

Grâce à Wikileaks on a la confirmation que l’accord TPP est pire qu’ACTA

Merci à Wikileaks d’avoir révélé hier une version de travail tenue secrète de l’accord Trans-Pacific Strategic Economic Partnership, plus connu sous l’acronyme TPP.

La France ne faisant pas partie des pays directement concernés, on n’en parle pas beaucoup dans nos médias. Mais on sait depuis longtemps que ce sont les USA qui donnent le la dans tout ce qui touche au copyright international.

Plus que donner le la, ils dictent la loi. Et celle qui se prépare ici est tout simplement scélérate…

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La fuite du chapitre sur la propriété intellectuelle du Partenariat Trans-Pacifique confirme que cet accord est pire qu’ACTA

TPP IP Chapter Leaked, Confirming It’s Worse Than ACTA

Glyn Moody – 13 novembre 2013 – TechDirt.com
(Traduction : Barbidule, Penguin, Genma, MFolschette, baba, mlah, aKa, Alexis Ids, Scailyna, @paul_playe, Mooshka, Omegax)

par le service du pas-étonnant-que-le-secret-soit-si-bien-gardé

Cela fait longtemps que nous attendions une fuite majeure du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) rédigé en secret ; grâce à Wikileaks, nous en avons enfin une (voir aussi directement le pdf). Le texte est long et lourd à lire, en partie à cause de toutes les parties entre parenthèses sur les points où les négociateurs ne se sont pas encore mis d’accord. Même si le brouillon est assez récent — il est daté du 30 août 2013 — un grand nombre de ces points y restent ouverts. Heureusement, KEI a déjà rassemblé une analyse détaillée mais facilement compréhensible, que je vous encourage vivement à lire en entier. En voici un résumé :

Le document confirme les craintes sur le fait que les différentes parties sont prêtes à étendre les limites du droit de la propriété intellectuelle, et à restreindre les droits et libertés du consommateur.

En comparaison des accords multilatéraux existants, l’accord du TPP sur la propriété intellectuelle propose l’octroi de nouveaux brevets, la création d’une propriété intellectuelle sur les données, l’extension des termes de protection pour les brevets et copyrights, l’accroissement des privilèges des ayants droit, et l’augmentation des peines pour infraction à la propriété intellectuelle. Le texte du TPP réduit le champ des exceptions pour tous les types de propriété intellectuelle. Négocié dans le secret, le texte proposé est néfaste pour l’accès au savoir, néfaste pour l’accès aux soins, et profondément néfaste pour l’innovation.

Bien que de nombreux domaines soient concernés par les propositions de la copie de travail — l’accès aux soins vitaux seraient restreints, tandis que la portée des brevets serait étendue aux méthodes chirurgicales par exemple — les effets sur le copyright sont particulièrement significatifs et troublants :

Collectivement, les dispositions du droit d’auteur (dans le TPP) sont configurées de manière à étendre les termes du droit d’auteur de la convention de Berne au-delà de la vie plus 50 ans, créant de nouveaux droits exclusifs, et fournissant bon nombre de nouvelles directives spécifiques pour gérer le copyright dans l’environnement numérique.

Voici quelques-unes des extensions de durée proposées :

Concernant les durées de copyright, le TPP définit les bases comme suit. Les États-Unis, l’Australie, le Pérou, Singapour et le Chili proposent une durée de 70 ans après la mort de l’auteur pour les personnes physiques. Pour des œuvres appartenant à une entreprise, les États-Unis proposent 95 ans de droits exclusifs, alors que l’Australie, le Pérou, Singapour et le Chili proposent 70 ans. Le Mexique veut une durée de 100 ans après la mort de l’auteur pour les personnes physiques et 75 ans après la mort de l’auteur pour des œuvres appartenant à une entreprise. Pour des travaux non publiés, les États-Unis veulent une durée de 120 ans.

Un problème plus technique concerne l’utilisation du « test en trois étapes » qui agira comme une contrainte supplémentaire sur de possibles exceptions au copyright :

Dans sa forme actuelle, l’espace des exceptions tel que défini par le TPP est moins vaste et plus restrictif que celui du traité 2012 de l’OMPI à Pékin ou celui du traité 2013 de l’OMPI à Marrakech, et bien pire que l’accord ADPIC. Bien que cela implique des problèmes légaux complexes, les ramifications politiques sont simples. Les gouvernements auraient une marge de manœuvre plus restreinte pour évaluer les exceptions dans l’éducation, dans les citations, dans les affaires publiques, dans les actualités et dans les autres exceptions « spéciales » de la Convention de Berne ? Pourquoi un gouvernement voudrait-il abandonner son autorité générale pour réfléchir à l’aménagement de nouvelles exceptions, ou pour contrôler les abus des détenteurs de droits ?

Ceci est un bon exemple de comment le TPP n’essaie pas seulement de changer le copyright en faveur de ceux qui veulent l’étendre au maximum, mais essaie aussi d’instaurer un copyright qui serait facile à renforcer à l’avenir. En voici un autre, dans lequel le TPP veut empêcher le retour à un système de copyright qui nécessite une inscription — ce genre de système ayant été proposé comme un moyen de pallier aux problèmes qui surviennent à cause de la nature automatique de l’attribution du copyright :

Le TPP va au-delà de l’accord ADPIC pour ce qui est de l’interdiction de l’instauration de formalités pour le copyright. Bien que le problème des formalités puisse sembler être un problème facile à résoudre, il y a un bon nombre de flexibilités qui seront éliminées par le TPP. À l’heure actuelle, il est possible d’avoir des exigences de formalités pour des œuvres appartenant à la sphère nationale et d’imposer des formalités à de nombreux types de droits liés, incluant ceux protégés par la Convention de Rome. Ces dernières années, les créateurs et les théoriciens de la politique du copyright ont commencé à remettre en question les bénéfices de l’enregistrement des œuvres et autres formalités, en particulier à la lumière des problèmes liés aux durées de copyright étendues sur de nombreuses oeuvres orphelines.

Comme vous pouvez vous en douter, le TPP demande à ce qu’il y ait des protections solides de type DRM ; mais ici encore, il cherche à rendre les choses pires qu’elles ne le sont déjà :

La section sur le droit d’auteur inclut également un long discours sur les mesures de protection technique, et en particulier, la création d’un motif de poursuites spécifique contre le fait de casser les mesures techniques de protection. Les USA veulent que ce motif de poursuites spécifique s’étende même aux cas où le droit d’auteur n’est pas applicable, comme par exemple les œuvres du domaine public, ou bien les données qui ne sont pas protégées par le droit d’auteur.

Cela rendrait illégal le fait de contourner les DRM, même si ceux-ci sont appliqués à du contenu qui se trouve dans le domaine public — les enfermant alors une fois de plus, de façon efficace et permanente. Enfin, il est intéressant de remarquer que dans la sous-section fixant les dommages et intérêts pour violation de copyright, on peut y lire ce qui suit :

Pour déterminer le montant des dommages et intérêts en vertu du paragraphe 2, les autorités judiciaires seront habilitées à examiner, entre autres, toute mesure légitime de valeur que le détenteur du droit soumet, ce qui peut comprendre les bénéfices perdus, la valeur des biens ou des services concernés, mesurée en se basant sur le prix du marché, ou sur le prix de vente au détail suggéré.

C’est exactement la tournure qui a été utilisée pour ACTA, et qui a été retrouvée dans le récent accord de libre-échange entre l’UE et Singapour. Cela résume assez bien comment le TPP s’appuie directement sur ACTA, tandis que les autres mesures évoquées ci-dessus montrent comment il va bien au-delà et ce à plusieurs égards.

Voilà pour les mauvaises nouvelles. La bonne nouvelle, c’est que nous avons maintenant une version très récente de ce qui pourrait être la partie la plus controversée de l’accord. Dans les semaines à venir, nous sommes susceptibles de voir de nombreuses analyses détaillées exposant au grand jour le caractère ô combien pernicieux cet accord pour le public des pays participant aux négociations.

L’espoir étant qu’une fois qu’il en sera informé, il fera connaître son sentiment à ses représentants politiques comme il l’a fait avec SOPA et ACTA — et avec le même résultat final.

TPP

>>> Sources sur :

Podcasting : L’Echo des Gnous 77B sur la nourriture libre

Prenant au pied de la lettre l’exemple couramment utilisé de la recette de cuisine pour expliquer le logiciel libre, l’équipe de l’Echo des Gnous à fait un épisode complet sur la nourriture et le libre où l’on apprend entre autres qu’il y a des sites de recettes libres, des restaurants open source, des wiki sur les aliments et leurs composants, des boissons libres qui ont des noms de version ou encore qu’il est possible de cultiver avec des graines et des outils non propriétaires.
Un bon moyen d’ouvrir son horizon et ne pas cantonner le libre aux lignes de codes.

J’ai fait une description complète de ce podcast et si vous y étiez abonné, vous avez pu constater que le flux rss est resté en vacances depuis l’été dernier. Pour autant, les émissions ont bien repris à la rentrée ; le wiki est toujours alimenté au fur et à mesure et pour écouter le podcast si vous n’habitez pas la région lilloise, il faut aller sur le site de radio Campus et télécharger directement l’émission (diffusée le dimanche à 19h) dans le format qu’il faut ne pas utiliser.

>>> Source sur : http://alterlibriste.free.fr/index.php?post/2013/11/04/Podcasting-%3A-L-Echo-des-Gnous-77B-sur-la-nourriture-libre

L’école selon Microsoft : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer l’éducation privatrice et fermée

Paris, le 7 novembre 2013. Communiqué de presse.

Deux ans après la convocation d’une centaine d’inspecteurs de l’Éducation nationale au siège de Microsoft France, l’April, Framasoft, le CNLL, SavoirsCom1 et l’Aful s’étonnent d’une nouvelle entorse à la neutralité scolaire et à l’intérêt du service public d’éducation.

Le 19 novembre 2013, plusieurs responsables de l’Éducation nationale se déplacent au siège de la société Microsoft1. Michel Pérez, Inspecteur général de l’Éducation nationale, Catherine Becchetti-Bizot, Inspectrice générale, Directrice du Comité Stratégique pour le Numérique à l‘École ainsi que des représentations des associations de collectivités viennent découvrir une étude coordonnée par Ludovia Magazine, en association avec Microsoft, Intel et SFR2.

Le titre de l’étude se veut neutre : « Investissement des collectivités en matière de numérique à l’école ». Le dispositif de communication ne l’est pas. Par leur présence à la table ronde organisée par Microsoft, les Inspecteurs généraux légitiment l’appropriation de l’Éducation nationale par une société privée. Les signataires de ce communiqué dénoncent fermement cette nouvelle entorse à la neutralité scolaire et à la mission de service public de l’éducation nationale.

Les collectivités territoriales souhaitent-elles vraiment favoriser l’exploitation commerciale de l’école par quelques grandes sociétés pour lesquelles l’éducation est exclusivement un marché captif ?

Ce n’est pas la première fois que des responsables de l’Éducation nationale se déplacent au siège de la société Microsoft. Lors du salon Éducatec-Éducatice 2011, les inspecteurs de l’Éducation nationale chargés de mission nouvelles technologies (IEN-TICE) s’étaient vu convoqués par leur hiérarchie pour tenir leur journée annuelle au siège de la société Microsoft. L’April et Framasoft avaient déjà dénoncé « une véritable entorse à la neutralité scolaire et vivement regretté que les programmes de ces journées ne mentionnaient pas les logiciels et ressources libres3. Malgré la circulaire du premier ministre « Pour l’usage des logiciels libres dans l’administration »4.

Ce n’est pas non plus qu’un accident de parcours. Les services de l’Éducation nationale envoient depuis plusieurs mois des signaux inquiétants. Le rapport de l’Inspection générale sur « La structuration de la filière du numérique éducatif : un enjeu pédagogique et industriel »5 est très peu documenté sur les logiciels et ressources libres ou, au mieux minimise leur apport. Et le rapport n’aborde que très succinctement l’une des dispositions importantes du texte de loi pour la refondation de l’école qui recommande : « l’incitation au développement de ressources numériques se fera notamment en faveur de logiciels libres et de contenus aux formats ouverts »6. Les signataires de ce communiqué auraient pu, avec d’autres, aider les rédacteurs dans leur travail afin d’arriver à un rapport plus exhaustif.

« L’école ne doit pas être un marché captif des éditeurs privateurs du numérique. L’école que nous appelons de nos vœux, ne doit pas enseigner « avec  » le numérique sur des produits privateurs dans une approche de type B2i qui forme avant tout des consommateurs passifs » déclare Rémi Boulle, vice-président de l’April, en charge du groupe de travail Éducation. Dans la continuité des principes hérités du siècle des Lumières, elle doit former des futurs citoyens responsables, capables de réfléchir de façon libre, indépendante voire les créateurs de demain.

Stefane Fermigier, Vice-Président du CNLL, rappelle pour sa part « La place du logiciel libre dans le système éducatif français est un enjeu majeur pour la compétitivité de notre économie. Pour continuer d’être à sa place de leader mondial du logiciel libre, la France doit aussi se doter d’une politique éducative forte dans ce domaine, en privilégiant l’usage d’outils pédagogiques libres, en fondant l’apprentissage du numérique à l’École sur les logiciels libres, et en enseignant les technologies et méthodologies propres au logiciel libre dans les filières informatiques et scientifiques ».

Enseigner « avec  » le « numérique » dans toutes les disciplines nécessiterait a minima :

  • un véritable enseignement de la science informatique ;
  • d’authentiques cours de technologie qui ne seraient plus limités, en collège, à la seule étude d’objets physiques dans lesquels l’informatique qu’ils pourraient incorporer est ignorée et traitée comme une boîte noire  ;
  • un authentique apprentissage raisonné des logiciels et de l’internet qui n’est actuellement enseigné nulle part ;
  • un enseignement des technologies et méthodologies propres au logiciel libre dans les filières scientifiques et informatiques ;
  • l’utilisation de logiciels libres et la diffusion sous licence libre des ressources utilisées dans le service public de l’éducation ;
  • une réflexion opérationnelle (approfondie) sur les contenus de cet enseignement, dès l’école primaire.

C’est également enseigner l’apprentissage du travail collaboratif, incompatible avec des ressources privatrices DRMisées, des formats de fichiers non interopérables, des licences qui ne permettent pas la libre circulation et le libre partage des savoirs. L’École ne doit plus être contrainte dans des systèmes privateurs et fermés.

Nous nous tenons à la disposition de l’Inspection générale et de Mme Catherine Becchetti-Bizot pour toute information complémentaire sur les logiciels et ressources libres pour l’éducation et leur souhaitons un riche salon Éducatec-Éducatice.

>>> Source & plus d’infos sur :

http://www.framablog.org/index.php/post/2013/11/08/ecole-selon-microsoft-education-privatrice-fermee

>>> Autre article sur le même sujet :

http://cyrille-borne.com/post/2013/11/10/microsoft-a-lecole-cest-po-bien-mais-quelles-sont-les-propositions-denvergure-nationale-du-libre

« quand les petites institutions nationales du libre feront l’effort de fusionner (…)[et] mettronts un portail de référence commun avec sur ce portail LA solution, qui est en fait une solution mais qui par des choix cartésiens et adaptés deviendra LA solution, qu’elles référenceront les entreprises qui sur le secteur auront signé une charte pour mettre en place LA solution, alors à ce moment là on pourra commencer à discuter des moyens pour mettre en œuvre le libre à l’école. »

***

Je vous invite également à écouter la conférence intitulée « Qu’est ce que le logiciel libre? » enregistrée lors de la venue de Richard Stallman à Lille le 23 février 2011, ainsi que l’interview réalisée pour l’émission de radio l’Echo des Gnous.

Vous trouverez les fichiers audios & vidéos sur cette page : http://www.f.0x2501.org/p/rms/

SecureDrop, l’outil idéal pour les journalistes et lanceurs d’alertes

SecureDrop, c’est un peu la boite de Pandore des journalistes pour les lanceurs d’alertes qui auront désormais un système hautement sécurisé pour dévoiler discrètement leurs documents. Il s’agît d’un système très évolué de logiciels dont le but est de créer un coffre-fort chiffré capable de recevoir des documents sensibles, tout en permettant aux sources qui l’utilisent de rester anonymes, cachés derrière un « pseudo ». SecureDrop est équipé d’un système de communication chiffrée et reste, bien entendu, une solution totalement open-source.

Image de NeoSting sous licence CC-By

Les documents ainsi que les mails doivent être chiffrés en utilisant une clé PGP RSA de 4096bits.

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À l’origine de ce concept, on retrouve le défunt et très regretté Aaron Swartz qui avait lancé ce projet sous le nom DeadDrop. The New Yorker s’est par exemple basé sur DeadDrop pour créer sa propre StrongBox. DeadDrop a été ensuite repris par la Freedom of the Press Foundation, et la solution existe désormais sous le nom SecureDrop. Récemment Forbes a présenté SafeSrouce, issue de SecureDrop, et il y en aura d’autres…

>>> Source & suite sur : http://neosting.net/securedrop-deaddrop-whistleblowers

Podcasting : L’écho des Gnous & Divergence Numérique

Après la présentation de Place de la Toile, je m’attaque cette fois au podcast l’Echo des Gnous.

C’est un podcast réalisé à Lille dans les locaux de Radio Campus, la radio étudiante locale et réalisée par l’association Chtinux.
Il se définit ainsi : l’Echo des Gnous traite de l’actualité informatique sous l’angle des logiciels libres, et de manière à être accessible au plus grand nombre.
Il s’agit donc d’une émission de radio en direct d’une heure (tous les dimanches soirs de 19h à 20h) qui a commencé en octobre 2010, elle vient donc d’entamer sa 4ème saison.
Les deux premières saisons étaient une semaine sur deux et la troisième est passé hebdomadaire mais avec deux équipes alternant une face A et une face B.

La face A traite de l’actualité de la quinzaine écoulée et contient des rubriques récurrentes comme le point Hadopi bientôt renommé point Lescure. Enfin, une dernière partie un peu plus longue intitulée « Degeekalisation » (terme repris dans pas mal de podcast) a pour but d’entrer dans les détails techniques d’un aspect des logiciels libres. Chaque partie est entrecoupée d’un morceau de musique libre généralement issue de Jamendo.

La face B traite de sujets généraux liés aux logiciels libres, quelques exemples au hasard : la neutralité du net, la présence des logiciels libres dans notre quotidien, l’obsolescence programmée, les principales distributions GNU/Linux…

A noter la venue de Richard Stallman à Lille le 23 février 2011 pour une conférence puis une interview par l’équipe de l’Echo des Gnous, tout cela est accessible ici.

C’est dire que l’équipe est plutôt engagée et militante. Pour les news, par exemple, les sujets sont accès sur les avancées du libre ou au contraire aux aberrations des guerres de brevets, etc.
Etant donné que l’émission est diffusée à la radio, l’objectif est d’initier ou de convaincre un auditoire peu averti, donc il n’y a pas forcément beaucoup d’informations inconnues pour ceux qui s’intéressent au sujet mais c’est toujours l’occasion de revoir ses fondamentaux.
Il s’agit donc d’une émission relativement sérieuse, régulière et qui a fait ses preuves. On attend le démarrage de la saison 4 à la rentrée.

Pour s’abonner au podcast : voici le flux rss
Pour retrouver le détail de toutes les émissions avec les liens, c’est sur le wiki de Chtinux

***

Après l’Echo des Gnous, c’est au tour du podcast d’une autre radio locale : Divergence numérique diffusée sur Divergence FM à Montpellier mais aussi sur Radio Escapades et sur Radio Larzac. Il s’agit d’une émission hebdomadaire d’une heure qui entame sa 10ème saison.

Elle se présente ainsi :

Une émission qui parle depuis 2004 des logiciels libres, de leur actualité, de leur philosophie, de leurs ennemis, et de ceux qui les supportent et les développent.

Une partie récurrente consiste en la revue de presse de l’April durant laquelle des membres de l’April argumentent le choix des articles et les commentent : une façon assez vivante de suivre l’actualité du libre.

Ensuite, il y a généralement une interview d’un acteur du libre.

Et l’émission se focalise souvent sur des évèmenents du libre (RMLL) et les grands combats sur les projets de loi (ACTA et consorts).

Il n’y a jamais de contenu technique (degeekalisation) ni de test de logiciels ou de distributions. Les sujets sont accès sur le monde du libre en général et de ses avancées ou menaces à travers les évolutions de la législation et les actions des associations engagées pour le logiciel libre (April, quadrature du net, Framasoft, AFUL, …)

Entre les sujets sont diffusés des extraits d’un album de musique libre choisi pour chaque émission.

>>> Sources sur :

L’un des plus beaux projets qui soit : libérer la musique tout en aidant les malvoyants

Robert Douglas et sa femme pianiste Kimiko Ishizaka sont à l’initiative d’un magnifique projet : libérer la musique classique pour la mettre directement dans le domaine public (enregistrements et partitions).

En effet, même si les auteurs sont généralement depuis longtemps dans le domaine public, les enregistrements eux ne le sont pas et sont soumis au strict copyright (idem pour les partitions qui appartiennent à leurs éditeurs).

Je vous invite à parcourir l’article Wikipédia Open Goldberg Variations pour en savoir plus. Une première campagne a été menée avec succès en 2012 pour y enregistrer les Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach. Et le résultat est là : des enregistrement (en haute qualité et pas seulement en mp3) et des partitions mis à la disposition de tous.

On notera que cette campagne a été financée par crowdfunding (financement participatif). Nous sommes de plus en plus nombreux à adhérer à cette idée : payer une fois pour que ce soit directement mis dans le pot des biens communs.

Si vous voulez écouter Kimiko Ishizaka jouer du Bach, je vous invite à voir cette vidéo YouTube réalisée cet été lors du festival OHM. Détente garantie…

Or une seconde campagne vient de démarrer, toujours sur le même modèle et toujours Bach : l’enregistrement du Clavier bien tempéré. Cette campagne s’appelle subtilement Ba©h to Bach

Cette campagne est elle aussi déjà couronnée de succès puisque la somme (non négligeable) à atteindre vient d’être dépassée. Mais le projet veut aller plus loin. en direction de l’accessibilité et des malvoyants, et ce grâce aux logiciels libres. Il nous explique cela ci-dessous et vous invite à continuer à participer financièrement à la campagne si vous jugez que cela le mérite.

Ce projet exemplaire a tout notre soutien et démontre une fois de plus qu’ensemble nous pouvons déplacer des montagnes et agir pour un monde meilleur…

 

Rodriago - CC by

 

Faire de la musique libre sur KickStarter et doubler le nombre de partitions pour aveugles

>>> Source & suite sur : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/10/14/bach-musique-domaine-public-accessibilite

Les business models de la création numérique

L’énorme majorité des artistes de notre planète ne toucheront jamais un centime pour leur travail. Faites l’expérience dans votre entourage : combien connaissez-vous de blogueurs, de musiciens, d’écrivains, de photographes, de dessinateurs, de tricoteurs, de cuisiniers, de contributeurs à des logiciels libres, de raconteurs d’histoires ? Il est probable que la majorité de vos amis et de votre famille, d’une manière ou d’une autre, soient des créateurs. De votre grand-mère qui raconte des histoires à votre petit cousin qui compose des chansons de rap qu’il récite sur Youtube, vous êtes entouré d’artistes.

Les business models de la création numérique

Maintenant faites le compte de ceux qui ont déjà gagné au moins 1€ avec leur talent. Nettement moins, n’est-ce pas ? Réduisez encore à ceux qui gagnent leur vie avec leur art. Il y a de grandes chances que vous n’en connaissiez tout simplement aucun ou qu’ils tirent le diable par la queue.

La conclusion est simple : l’art n’est pas lié à l’argent. Chaque fois que l’on agitera devant votre nez le terrible spectre des artistes ne pouvant pas vivre de leur art, repensez-y : c’est déjà le cas, au pifomètre, pour 99,99% des artistes et personne ne s’en émeut !

Ceci dit, ne pourrait-on imaginer une manière de gagner sa vie, au moins en partie, avec son art ? Bien sûr. Ce processus s’appelle trouver un business model. S’il ne fallait pas passer par cette étape, n’importe qui pourrait se déclarer artiste et gagner de l’argent (au fond, c’est peut-être une idée à creuser…).

Le business model de la rareté

Le modèle le plus traditionnel est très simple : il s’agit de fournir le support d’une œuvre artistique. La réalisation de ce support coûte généralement cher et est complexe, ce qui entraine une certaine rareté des supports. Seules certaines entreprises bien équipées sont en mesure de produire ces supports.

L’échange commercial se situe donc entre le public et le producteur de supports. Pour l’artiste, le business model consiste à réclamer un pourcentage du prix au producteur de support. Ce pourcentage est très faible comparé au coût de production et de distribution des supports. L’échange entre l’artiste et le public est indirect et limité.

Un des principaux désavantages de ce système est le contrôle total des producteurs sur les artistes. Les producteurs décident des artistes qui auront le droit d’être distribués. Le copinage, la rentabilité supposée sont des facteurs qui dépassent amplement le simple talent de l’artiste.

Le bouleversement numérique

Le business model précédent est basé sur la conjecture que produire le support d’une œuvre est cher et complexe. Que cette conjecture se révèle fausse et toute la chaine s’écroule. Or c’est pourtant exactement ce qui se passe avec le numérique. De plus en plus d’œuvres peuvent être décrites comme un simple fichier informatique : musique, films, livres, objets imprimables en 3D, jeux, logiciels. Lorsque vous téléchargez le fichier en question, vous devenez vous-même le producteur et réalisez votre propre copie !

En effet, vous êtes le propriétaire du matériel et vous transposez une œuvre virtuelle sur un support physique. Vous êtes donc producteur et rentrez directement en concurrence avec les producteurs traditionnels. Face à cela, la première riposte fut de tenter d’imposer au monde numérique les contraintes de rareté du monde physique. Trois méthodes furent utilisées : la technique, avec les DRMs, la législative, avec le lobbying et les lois sur la propriété intellectuelle et la psychologique, avec une diabolisation de la copie en la renommant « piratage ».

Les producteurs trouvent un appui auprès du faible pourcentage d’artistes qui gagnent de l’argent avec un raisonnement très simple : votre business model est de gagner un pourcentage sur le support. Si le support devient gratuit, votre pourcentage est nul. Ce raisonnement se base sur l’hypothèse qu’il n’y a pas d’autre business model. Les producteurs de supports sont en effet terrifiés à l’idée que les artistes puissent trouvent un autre business model qui ne passerait pas par eux.

Mais quels sont les business models qui s’offrent aux artistes d’aujourd’hui ?

Le mécénat et la publicité

De tout temps, les artistes ont cherché le soutien de mécènes. Mais, dans l’immense majorité des cas, le mécène n’était pas complètement désintéressé. Il cherchait, à travers ce soutien, à augmenter son prestige, sa notoriété, son image de marque.

Dans son évolution la plus extrême, le mécénat est devenu la publicité directe. Un créateur est payé à condition de recommander un produit quelconque. Le public est donc encouragé à acheter un produit dont il n’a pas forcément envie. Sur le prix de ce produit, une infime fraction ira à l’artiste.

Outre que ce système injecte une flopée d’intermédiaires entre le public et l’artiste, il est également foncièrement inégal. Tout le public ne sera pas nécessairement acheteur du produit. Et tous les acheteurs du produit ne font pas partie du public de l’artiste.

Pire : il met grandement en danger l’indépendance de l’artiste dont le but n’est plus de produire une œuvre qui va parler au public mais bien de produire une œuvre qui le convaincra d’acheter un produit particulier. L’artiste se verra également obligé de lutter contre la liberté du public par exemple en jugeant AdBlock immoral.

L’organisme centralisateur et redistributeur

Une autre piste explorée est de faire en sorte qu’une population donnée paie une taxe à un organisme central qui redistribuera à sa guise le montant aux artistes.

Cet organisme central peut être privé (SABAM, SACEM) ou tout simplement l’état.

Cependant, ce mode de fonctionnement pose de nombreuses questions. Tout d’abord, il est profondément injuste envers le public, qui va payer de façon arbitraire. Enfin, il n’est guère besoin d’insister sur les abus qu’un tel organisme central est en mesure de faire, se gardant une part conséquente du gâteau.

Mais le pire est sans conteste l’arbitraire qui préside à la redistribution. Que l’on parle de Société d’auteurs ou de licence globale, seule une minorité d’artistes touchera un peu d’argent. Qu’un artiste soit légèrement en dehors du système et il se verra privé de rétribution, quand bien même son public paierait ses taxes !

Une des méthodes de redistribution utilisée par l’état consiste également en subsides, aides ou abattements fiscaux sous prétexte de « soutien à la culture ». Or, une fois encore, ces méthodes menacent grandement l’indépendance de l’artiste. Sa familiarité avec la classe politique au pouvoir deviendra pour l’artiste bien plus importante que son talent.

Produit d’appel pour produits dérivés

Un business model très courant et de considérer l’œuvre comme gratuite mais de fournir des produits dérivés payants : t-shirts, accessoires, places de concerts.

Si l’idée est intéressante, elle ne s’applique malheureusement pas à toutes les formes d’art. Quand avez-vous pour la dernière fois porté un t-shirt de votre écrivain favori ? Si aller à un concert d’un blogueur comme JCFrogest envisageable, je vous conseille d’éviter le tour de chant de Ploum !

L’appel direct au public

Tous les business models précédents ont ceci en commun qu’ils tentent de faire payer le public de manière indirecte. Que ce soit à travers l’achat d’un support, d’un produit dérivé, d’une taxe ou d’un produit qui n’a strictement rien à voir. Le business model général est donc de trouver un intermédiaire qui récolte de l’argent auprès du public, peu importe la manière, et paie l’artiste. Parfois, plusieurs modèles s’enchainent, augmentant les intermédiares payés par le public : un producteur de support demandera de l’aide de l’état pour continuer son travail, ce dernier utilisant l’argent des taxes.

Face à cet état de fait, une constatation saute aux yeux : Pourquoi ne pas se passer de l’intermédiaire ? Pourquoi ne pas faire payer directement le public ? Pourquoi ne pas tout simplement le convaincre de donner un peu d’argent. Pas grand chose, juste ce qu’il souhaite, ce qu’il peut se permettre. S’il donne directement 1€ à un musicien ou un écrivain, c’est plus que ce que dernier aurait touché pour la vente d’un livre ou d’un album ! Les artistes ont donc tout à gagner de ce système !

Pour le public, le gain est également évident : il peut directement choisir l’artiste ou les artistes qu’il veut soutenir, sans intermédiaire. Il garantit l’indépendance de ses artistes favoris et ne voit pas son esprit envahi par la publicité.

Évidemment, cette solution est très mal vue par tous les intermédiaires des business models indirects. Pourtant, ils ne doivent pas s’inquiéter. Si leur travail est utile, si leur contribution à l’œuvre et à sa diffusion est importante, l’artiste leur reversera une partie de ses gains.

Mais peut-être que beaucoup de ces intermédiaires savent que leur travail n’est utile ni aux artistes, ni au public. Ce n’est sans doute pas un hasard si ils tentent de s’opposer de toutes leur force à un monde ou l’art serait contrôlé directement par les artistes et le public.

>>> Photo par Rapid City Public Library. | Licence : Creative Commons License

>>> Source sur : http://ploum.net/les-business-models-de-la-creation-numerique/

Ancien monde, c’est votre dernière chance de sauver votre monopole.

Pour les ados d’aujourd’hui, le monopole du droit d’auteur est quelque chose que l’establishment utilise pour les empêcher de jouir de la culture et du savoir, pour censurer leurs protestations et confiner leur art à des cercles restreints. Au fur et à mesure que ces gens vieillissent et commencent à avoir du pouvoir dans les prises de décision, ils se rebellent contre ce monopole. Quand le tueront-ils ?

Avant Internet, à l’époque des cassettes, le monopole du droit d’auteur ne concernait que les juristes de quelques grandes boîtes. La barrière à la diffusion était trop haute pour que tout un chacun puisse contribuer à la création de la culture.

Regardons ce qui s’est passé lorsque les cassettes compactes sont arrivées. C’était une sorte de disque dur amovible analogique. Les lecteurs se sont vendus comme des petits pains, particulièrement sous la forme appelée ghettoblaster, où il s’agissait d’une lourde boîte avec deux haut-parleurs et deux emplacements pour cassette, sans compter les batteries.

Notez les deux emplacements pour cassettes. Ces lecteurs se vendaient parce qu’ils copiaient bien. Vous poussiez sur un gros bouton mis en évidence : COPIE. Plus les ghettoblasters copiaient bien, plus grandes seraient les collections de leurs propriétaires.

L’industrie de la copie est devenue folle et a déclaré la guerre à la copie «La copie privée tue la musique». Les musiciens de l’époque ajoutèrent «La copie privée tue les profits de l’industrie de la musique» en laissant un côté «vierge, pour que vous puissiez participer».

Cette époque marque le début de la guerre contre la copie. Imaginez-vous un double lecteur DVD avec un gros bouton «copier» ?

À présent, les maisons des honnêtes gens sont raidées la nuit par la police avec les armes en joue parce qu’ils ont écouté de la musique et vu des films sans en avoir l’autorisation. Les voix des activistes sont réduites au silence avec l’aide du monopole du droit d’auteur. Des responsabilités secondaires et tierces sont érigées pour limiter toujours plus la liberté d’expression. Tout cela pendant que le peuple continue à partager sa culture comme il l’a toujours fait.

Les entrepreneurs sont parfois même condamnés pour avoir joué leur propre musique, dans leurs propres cafés, parce que les sociétés de gestion demandent des redevances indues.

En un mot, le monopole du droit d’auteur est devenu répressif, abusif et oppressif. Or pour que des lois soient respectées, elles doivent être approuvées par ceux qui les subissent. Le monopole du droit d’auteur est aujourd’hui bien moins respecté que les limites de vitesse, et ce dans des pays où les as du volant prolifèrent.

Ça ne veut pas dire que les limites de vitesse vont disparaître demain, mais ça c’est parce que personne ne va dévaliser votre maison parce que vous préparez un dépassement de vitesse.

La répression n’est pas finie. C’est pourquoi le droit d’auteur vit ses dernières années. Lorsque la nouvelle génération finira par abolir le droit d’auteur, elle sera applaudie à tout rompre.

J’ai choisi une position intermédiaire en présentant mes idées d’une façon qui soit aussi radicale que possible, dans Sur la réforme du droit d’auteur. De cette manière, j’ai éliminé les pires abus du monopole. Je résous 95% des problèmes en ne faisant que 75% du chemin.

Vous, ceux de l’ancien monde, croyez-vous vraiment que vos enfants avaleront la couleuvre «Il faut bien que nos artistes aient de quoi vivre ?». Alors qu’ils ont bien compris que votre système antédiluvien sert à censurer l’opposition, tuer l’innovation et enrichir les plus riches ?

Vos contes de fée ne passeront jamais. Surtout avec leur expérience directe de la chose. C’est pourquoi le monopole arrivera nécessairement à sa fin.

Votre dernière chance est maintenant. Une réforme du droit d’auteur doit avoir lieu dès aujourd’hui. Elle ne doit pas être grossièrement abusive.

Si vous en doutez, regardez l’ampleur des protestations contre SOPA et ACTA.

 

>>> Source sur : http://politiquedunetz.sploing.be/2013/10/ancien-monde-cest-votre-derniere-chance-de-sauver-votre-monopole/

>>>  At What Point Will The Next Generation Kill The Copyright Monopoly Altogether? écrit par  Falkvinge traduit par  Paul Neitse dans la catégorie  droitauteur sous licence  CC-BY-SA

MOOC power #revolution #education #internetmonamour

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Je suis bouleversifié :)

Je déconne pas, j’ai les poils au garde à vous, la gorge qui se noue, je suis physiquement chamboulé dès qu’on me gratouille cette corde sensible: le partage de la connaissance libre et gratuite. C’est mon truc à moi.

Quoi de plus révolutionnaire que de changer une société ou le savoir est accaparé en un monde ouvert où les plus prestigieuses universités (comme les plus petites) délivrent le savoir gratuitement?

Cette ouverture à l’autre, cette remise en cause de monopoles coupables, l’accès aux mêmes cours pour tous sans condition autre que celle d’avoir un accès au réseau, c’est le plus beau rêve que l’homme ait à mon sens jamais fait, et c’est aujourd’hui une réalité.

A l’heure ou notre gouvernement offline se demande benoitement ce que sera la France de 2025, voilà un court exposé de ce qu’elle devrait être déjà aujourd’hui et dont ils n’ont pas idée. Ce merveilleux exposé sur les MOOCs de Mme Vaufrey est un pur moment de bonheur, une vision du monde que nous construisons malgré les dinosaures (et le mammouth).

L’éducation comme bien d’autres secteurs est totalement largué par les bouleversements sociétaux de l’hyperconnexion et a besoin de révolution, mais elle est plus coupable que les autres à mon avis car rien n’est plus important. Mais on continue de se battre pour des histoires d’horaires…

Fermons les écoles, fibrons les campagnes!

Oui je suis excessif, mais c’est parce que je suis emballé :)

Ecoute cette prof si moderne au grand sens du terme, ça ne dure que 13 minutes, et c’est bouleversifiant. Merci Christine Vaufrey.

>>> Source & plus d’infos sur : http://jcfrog.com/blog/mooc-power-revolution-education-internetmonamour/