L’avenir de Thunderbird

L’avenir de Thunderbird, the Walking Dead ?

 

Voici ce qu’on peut lire sur le blog « professionnel » de Tristan Nitot, responsable marketing chez Mozilla, lorsqu’il demande au managing director de Thunderbird si ce dernier est mort. Je vous propose une traduction rapide :

Non, Thunderbird n’est pas mort. Non avons annoncé un changement dans la façon dont nous développons les nouvelles fonctionnalités de Thunderbird. Rien ne changera pour les utilisateurs particuliers ou les entreprises qui l’utilisent : Mozilla continuera à supporter et maintenir Thunderbird. Pour être plus clair, Mozilla ne se concentrera plus sur le développement des nouveautés de Thunderbird mais le gardera sur et stable. Mozilla fournira toute l’infrastructure nécessaire afin d’intégrer les nouvelles fonctionnalités développées par la communauté dans les futures versions de Thunderbird.

C’est assez clair, non ? Il est dit plus loin que des employés de Mozilla continueront à bosser sur Thunderbird.

Seule la façon dont Thunderbird évolue est morte, c’est tout.

 

Finalement, la peut être vraie mort de Thunderbird, mais quel véritable enjeu ?

Cet abandon, car ne nous leurrons pas, il s’agira tôt ou tard d’un abandon, pointe du doigt la fondation Mozilla. La première interrogation est la suivante : Est-ce que Mozilla reste un acteur de confiance du logiciel libre ou des gens à ne pas suivre ? La liberté n’est pas un gage de qualité ni dans le code ni dans la stratégie d’entreprise, les programmes codés avec les pieds ce n’est pas ce qui manque…

Il semble s’agir d’une politique « à la Google« , éradiquer un logiciel qu’on juge obsolète. Il y a ici un très mauvais concours de circonstance puisqu’il ne s’agit pas d’une annonce officielle mais d’une fuite, on ne peut donc comme je l’ai fait jeter l’opprobre sur la communication de Mozilla, néanmoins la stratégie est là. Oui le logiciel n’est pas abandonné, oui les mises à jour de sécurité seront réalisées (pour un temps), oui le système de plugin permet de faire évoluer le logiciel de façon simple. En outre, ces derniers temps, on a pu observer que lorsqu’une société possède un logiciel propriétaire dont elle veut se défaire, elle le rend opensource ou elle le remet à la communauté, une façon élégante de mettre à la poubelle. A partir du moment où Mozilla l’a fait une fois, pourquoi ne recommencerait-elle pas demain avec Firefox ? Et c’est là que j’y vois un enjeu, le doute est désormais en place.

Avec une prise de position pareille, Mozilla s’annonce vaincu et montre l’avenir, le cloud et les réseaux sociaux. Les webmails ont balayé les clients en dur, les réseaux sociaux ont achevé le mail, après tout ils ne sont que 20 millions à utiliser notre logiciel, un faible marché par rapport à un OS sur mobile. Il s’agit ici du second enjeu, et c’est un enjeu pédagogique. Que les gens veulent utiliser un webmail pourquoi pas. Toutefois, c’est se soumettre à un service qui peut fermer d’un jour à l’autre, qui peut exploiter vos données, enfin le grand classique. Un client mail en local associé à une adresse sur un nom de domaine que vous possédez vous garantissent la liberté mais surtout la sauvegarde de vos mails, un paramètre qu’il ne faudrait pas oublier. Quand bien même vous ne passeriez que par le webmail, un coup de client local et on récupère tout. On rate donc ici un tournant pédagogique, en se disant que le mail est mort alors qu’il me semble que la majorité des actes administratifs nécessitent un mail et pas un coup de poke sur facebook et le cas échéant que le webmail c’est après tout une affaire qui roule sans se soucier des backups.

L’affaire Thunderbird est très instructive. La nouvelle a été traitée n’importe comment puisqu’en fait le logiciel n’est pas mort, le logiciel libre ne meurt pas, les mises à jour de sécurité sont encore assurées par Mozilla, il m’a fallu plusieurs heures pour le comprendre puisque ça partait dans tous les sens et ça continue d’ailleurs. C’est « amusant » de constater que c’est la presse informatique et les blogueurs qui enterrent le logiciel quand son cycle de vie n’est absolument pas terminé, on diffuse donc de façon massive de fausses informations.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est de se dire que le logiciel libre n’est pas si loin du logiciel propriétaire, qu’il n’est donc pas immortel…

Enfin, la décision que prend Thunderbird peut laisser la place à des conclusions hâtives quant au positionnement personnel qu’on pourrait avoir par rapport au mail et au webmail, il va être temps de rappeler l’utilité du mail et les moyens de l’archiver bien au chaud sur son disque dur.

>> Sources & plus d’infos sur :

 http://www.dadall.info/blog/index.php?post/2012/07/09/L-avenir-de-Thunderbird,-the-Walking-Dead

http://www.cyrille-borne.com/index.php?post/2012/07/09/Finalement%2C-la-peut-%C3%AAtre-vraie-mort-de-Thunderbird%2C-mais-quel-v%C3%A9ritable-enjeu

La fin de Mozzilla Thunderbird ?

La nouvelle vient de tomber il y a quelques jours : mon flux RSS a vu passer quelques articles qui m’ont font sursauter. D’abord, j’ai vu ce post de Mike Conley, développeur chez Mozilla, No, that’s not it for Thunderbird. Apparemment des gens auraient mal compris une annonce au sujet de Thunderbird, je n’y prête pas plus attention que ça… Puis je vois un article chez Crowd42 Mozilla va arrêter le développement de Thunderbird. Woholaa manneke ! Article repris par m0le Thunderbird ne sera plus (retiré, a publié un erratum après discussion). Et puis le coup de grâce fut l’article de Denis Szalkowski L’arrêt de Thunderbird enfonce la crédibilité de l’Open Source ! (nuancé au conditionnel après discussion également) qui dit carrément que, je cite, « Linux n’est pas adapté pour la station de travail ». Bam !

Mozilla prévoit de missionner les développeurs de sa fondation, en activité sur son logiciel phare Thunderbird, sur d’autres projets. On imagine aisément que sa branche mobile avec Firefox OS risque de faire bouger d’autres lignes.

Ainsi, le client email mondialement connu et utilisé notamment par défaut dans Ubuntu ne sera plus une priorité pour la fondation, qui se contentera tout de même de s’occuper de sa stabilité et de sa sécurité. Le développement n’est donc pas totalement arrêté, mais les nouvelles fonctionnalités risquent bien de se faire attendre longtemps.

J’étais convaincu que Canonical et Gnome avaient le monopole des décisions incompréhensibles. Et bien non, apparemment, Mozilla tient aussi à avoir sa place dans le podium. En effet cette dernière vient d’annoncer que la prochaine version de son client de messagerie Thunderbird sera la dernière, après il arrêtera son développement.

Seules les mises à jour de sécurité continueront à être publié. Le développement ne sera pas arrêté mais va se focaliser sur la sécurité et stabilité. Pas encore clair mais le staff risque de diminuer un peu après réattributions à d’autres projets.

Quand j’ai lu la nouvelle la première fois, j’ai cru que c’était une mauvaise blague, il m’aura fallu chercher plusieurs sources pour le croire. La raison derrière cette décision ? Pour Mozilla, la majorité des utilisateurs se contentent des fonctionnalités basiques de Thunderbird (envoyer/recevoir des mails), et que les interfaces Web (gmail & co) ont tué les clients desktop.

Une fois la consternation passée, c’est maintenant la colère qui me submerge !

Pendant des années, j’ai amené de nombreuses personnes à préférer Thunderbird à Outlook et Outlook Express devenu Windows Mail sous Vista et Windows Live Mail sous Seven.

La décision de l’arrêt stupide du développement de Thunderbird ne doit pas vous dégoûter du logiciel libre et de l’Open Source pour autant. Les alternatives Open Source à Thunderbird existent … et la communauté peut reprendre le flambeau pour le côté innovant, en le forkant  (un terme qui signifie reprendre le code d’un logiciel libre à un certain stade, pour créer une nouvelle branche).

En réaction aux rumeurs qui grossissaient, Mitchell Baker, la chair de Mozilla Foundation, publie un article Thunderbird: Stability and Community Innovation. Dans cet article, elle explique que les utilisateurs de thunderbird sont globalement content de l’état actuel du logiciel. Et c’est vrai, il fonctionne bien, il gère bien les mails, il peut être étendu facilement par des addons, quoi de plus ? Son point est donc que la priorité n’est plus d’ajouter des nouvelles fonctionnalités mais de maintenir, stabiliser et sécuriser le client mail. Et c’est très bien, si Thunderbird devient un logiciel sans bug, qui fait très bien son boulot (gérer les emails, pas plus), je signe. La course aux nouvelles fonctionnalités c’est très gadget, juste histoire de montrer qu’on existe toujours et pas forcément essentiel. Les dernières en date ? La création de compte emails depuis l’interface et l’intégration de services tiers pour les grosses pièces jointes. Mouai pas mal mais pas forcement les choses qui vont changer la vie des utilisateurs. Sans doute que le client mail n’est pas, comme le navigateur, un logiciel qui a besoin sans cesse de nouvelles fonctionnalités et de grappiller des microsecondes de vitesse.

C’est une question de point de vue, ou bien on dit que les fonctionnalités ne sont plus une priorité ou bien on dit que la stabilité est la nouvelle priorité. Verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Dans l’article, elle donne également le lien vers une page du wiki MozillaThunderbird/Proposal: New Release and Governance Model. Dans cette page on note que Thunderbird est utilisé par 20 millions de personnes (on arrête pas le développement d’un logiciel utilisé par 20 millions de personnes, sont pas con non plus), que les deux versions ESR (pour entreprises) et « normale » vont continuer leur rythme de release habituel (20 novembre pour la première, toutes les six semaines pour la deuxième) et que le modèle de fonctionnement actuel ne va pas changer globalement.

Pour en rajouter une couche, on a le témoignage de deux développeurs de Thunderbird (des gens qui savent ce qu’ils disent en gros). Mike Conley avec No, that’s not it for Thunderbird et Ludovic Hirlimann avec Thunderbird’s future from the inside qui disent que ça ne risque pas de changer grand chose pour l’utilisateur avant au moins la version 17.

Je ne sais pas vous, mais je pense qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour notre client mail favori. Le seul point qui m’ennuie est que j’aurais bien aimé voir Lightning (agenda) intégré officiellement et Mike Conley avait comme projet de retravailler le carnet d’adresse. Bon c’est pas la fin du monde et les addons existent toujours et ne risquent pas de disparaître, même si Mozilla ne touchait plus à une ligne de code de Thunderbird (ce qui, je le répète, n’est pas prêt d’être le cas).

Rater deux jours de web c’est comme rater six mois d’actualité, il se passe des choses abracadabrantesques, l’arrêt du développement de Thunderbird en fait partie. Sauf qu’après décryptage de l’information, on se rend compte que Thunderbird n’est pas mort mais qu’on lève le pied sur les nouveautés, pour se focaliser sur la stabilité et la sécurité, car en fait pour un peu grossir le trait, Thunderbird est tellement formidable qu’après 600 réunions de brainstorming on ne sait plus quoi ajouter.

Cette annonce pour moi c’est tout simplement la prémisse de la mort à plus ou moins long terme : L’argument de la qualité de Thunderbird, d’un Thunderbird au top me fait doucement sourire, il faut un sacré culot pour annoncer que son logiciel est terminé, sauf peut être pour une technologie dépassée et encore.

A l’heure actuelle en 2012, si Mozilla venait à se désengager de sa solution de messagerie, il jetterait en pâture des millions de personnes aux services propriétaires, on serait alors en droit de se demander si la fondation Mozilla reste une institution libre ou si elle devient une entreprise à la Google qui tranche dans les services quand ils ne sont plus assez rentables.

Le future nous en dira plus.

>>> Sources & plus d’infos sur :

Comprendre Boot to Gecko

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La Fondation Mozilla est connue pour Firefox, son navigateur internet libre et respectant les standards ouverts. Mais aussi pour Thunderbird, le gestionnaire de courriels libre trop souvent oublié du fait de l’importance des webmails,

Avec Firefox, l’organisation a participé, avec succès, au renouveau des navigateurs et à l’essor des standards libres. Il se trouve qu’elle a maintenant une nouvelle cible : les téléphones portables.

Les dérives d’Apple et de Google

Les smartphones d’Apple et de Google ont tout les deux les mêmes problèmes selon Mozilla : ils tracent l’utilisateur et l’enferme dans un écosystème verrouillé. Il n’y a qu’à voir les soucis éthiques de la firme Cupertino avec son Apple Store. Elle se réserve le droit d’accepter ce qu’elle souhaite sans prendre en compte les besoins et les libertés des utilisateurs. Quant à Android de Google, il se spécialise dans l’analyse, ou espionnage, du comportement des utilisateurs pour en tirer du sous.

Si on fait le parallèle avec le premier combat de la fondation lors de sa création : Mozilla voulait libérer les utilisateurs et améliorer le web, c’est maintenant les smartphones qu’elle veut libérer.

Tristan Nitot, ancien président de la Mozilla Europe et actuel évangéliste Mozilla, était à Pas Sage en Seine. Il nous a fait part de ses inquiétudes liées à l’utilisation des smartphones et des futurs intentions de sa fondation.

La réflexion

Tristan Nitot fait le parallèle entre les ordinateurs, le web et les smartphones.

Note : Faut s’accrocher, je vous explique ce que j’ai compris de son intervention. Si tout n’est pas clair, voyez les liens en bas de l’article, il y a la vidéo

Lors de l’acquisition d’un ordinateur, nous avons le choix entre Microsoft Windows, MacOS, GNU/Linux voire même BSD. C’est au choix de l’utilisateur même s’il est difficile de trouver des ordinateurs non soumis à la vente liée.

A l’utilisation, il y a toujours un choix : celui d’acheter un logiciel, de créer un logiciel ou de se servir d’un logiciel libre. En cas de mécontentement, l’utilisateur peut, au choix, attendre et acheter la future version du logiciel qui répondrait mieux à ses attentes, ou changer de crèmerie, ou participer à l’amélioration du logiciel. Il y a toujours cette importante notion de choix et de contrôle :

Il est est possible de prendre en main son destin numérique.

>>> Source & Suite sur : http://www.dadall.info/blog/index.php?post/2012/06/18/Mozilla-et-le-Mobile-:-Boot-to-Gecko

Boot to GECKO en alpha sur le Galaxy SII

Le nouvel OS B2G Boot to GECKO (ou aussi appeler Booting to the WEB) à peine dévoilé par Mozilla au MWC 2012  est déjà disponible en Alpha pour le galaxy SII. B2G est totalement Open Source et utilise les dernières techno du WEB : HTML5, CSS3 et Javascript pour l’interface et WebM pour la vidéo.

SGS2 BTG e1330355972381 Boot to GECKO en alpha sur le Galaxy SII

 

Mozilla Public License 2.0

Mozilla

La fondation Mozilla a annoncé la publication d’une nouvelle version de la licence MPL, la 2.0. Avec un consensus atteint lors d’une procédure de révision qui a pris deux ans, la licence « copyleft au niveau fichier », comme sa version 1.1, a été approuvée comme licence de logiciel libre par la Free Software Foundation, et comme licence Open Source par l’Open Source Initiative.

Les changements sont disponibles sous forme lisible, sinon globalement, la MPL 2.0 :

  • est plus simple et plus courte, utilisant les 10 années passées d’application de cette licence dans la pratique, pour mieux comprendre ce qui nécessaire ou pas dans une licence open source ;
  • est modernisée pour les récents changements dans les lois du droit d’auteur (« copyright »), et intègre les commentaires des juristes en dehors des USA sur les problèmes de mise en application dans les juridictions non-États-Uniennes ;
  • fournit des protections contre les brevets plus en phase avec celles d’autres licences open source, et permet à une communauté entière de contributeurs de protéger n’importe lequel des contributeurs s’ils sont attaqués ;
  • fournit une compatibilité avec les licences Apache et GPL, facilitant la réutilisation et la redistribution du code.

Mozilla

>>> Source & Suite sur : http://linuxfr.org/news/mozilla-public-license-20

 

Mozilla : Livraisons de Thunderbird 8.0, Lightning 1.0 et Firefox Mobile 8.0

Avec l’arrivée de Firefox 8.0, c’est tout l’ensemble des logiciels reliés à la Fondation Mozilla qui suit le mouvement, avec un numéro de version généralement harmonisé.

 

Mozilla

Au passage, Firefox fête ses 7 ans.

 

>>> Source & Suite sur : http://linuxfr.org/news/livraisons-de-thunderbird 80-lightning 10-firefox-mobile 80