« Every mail you send » by JCFrog

Ça faisait un bon moment que je n’avais pas partagé avec vous une petite parodie de JCFrog.

Il vient justement de publier tout dernièrement une petite vidéo sur sa page Youtube intitulée  Every mail you send  que je vous invite à visionner car elle est tout à fait de circonstance avec l’actualité du moment.

Mise à part Every mail you send, je vous invite à (re)visionner également par exemple Le déserteur ou Hotel paranoia

Every mail you send

Lutter contre la surveillance de masse & sauver internet

En l’honneur d’Aaron Swarz et de la disparition de SOPA, une grande journée d’action est prévue le 11 février prochain contre la surveillance généralisée. Y participent déjà des organisations comme Mozilla, l’EFF, Reddit ou BoingBoing.

 

The Day We Fight Back

« En Janvier 2012 nous avons vaincu la loi SOPA et PIPA la censure avec la plus grande manifestation dans l’histoire de l’Internet. Aujourd’hui nous sommes confrontés à une autre menace critique, qui sape encore l’Internet et l’idée que chacun d’entre nous vivent dans une société véritablement libre: la surveillance de masse.

Dans la célébration de la victoire contre SOPA et PIPA il ya deux ans, et dans la mémoire de l’un de ses dirigeants, Aaron Swartz , nous prévoyons une journée de protestation contre la surveillance de masse, qui aura lieu le 11 Février 2014 .

Ensemble, nous allons repousser les puissances qui cherchent à observer, collecter et analyser toutes nos actions numérique. Ensemble, nous allons faire comprendre que ce comportement n’est pas compatible avec la gouvernance démocratique. Et si nous persistons, finalement gagner ce combat, ensemble. »

***

À cette occasion, je vous invite également à agir pour « sauver internet » :

Votre liberté en ligne est menacée par des propositions de l’Union européenne. La bataille pour un Internet ouvert a lieu en ce moment à Bruxelles.
En ce moment même, le Parlement européen décide de l’avenir de vos droits et vos libertés ! Le vote de la commission en charge de ce dossier au Parlement européen (la commission Industrie / ITRE) est prévu le 27 février 2014.
Un règlement proposé par la Commission européenne permettrait aux fournisseurs d’accès à internet (FAI) de faire payer une participation pour chaque service Internet. Ce qu’ils appellent des « services spécialisés » pourrait conduire à un Internet à deux vitesses, où seules les entreprises en ayant les moyens pourraient bénéficier de la voie rapide, laissant tous les autres sur le carreau. À moins que le règlement ne soit modifié, les fournisseurs pourront bloquer du contenu sans aucune contrôle du pouvoir judiciaire.
Ils ne devraient pas devenir la police d’Internet, ni pouvoir décider ce à quoi nous pouvons ou non accéder. Vous trouverez d’autres d’arguments ici.

Agissez maintenant 

POURQUOI ?
  1. Vous pourriez avoir à payer des frais supplémentaires pour chaque service Internet.  
  2. Les fournisseurs d’accès à Internet contrôlent ce que vous pouvez faire ou non en ligne. 
  3. La liberté d’expression serait restreinte et l’innovation entravée.
 

 

Capture du 2014-02-02 22:45:25

>>> Sources & plus d’infos sur :

Pourquoi le respect de la vie privée est important

… ou Le meilleur des mondes sera t’il pour demain ?

Pour débuter la nouvelle année, je vous invite à regarder cette vidéo très intéressante & instructive d’Alessandro Acquit, un économiste qui a réalisé une étude sur la vie privée et sur ses implications économiques dans le cadre des réseaux sociaux …

Dans une conférence TED, il explique pourquoi le respect de la vie privée est primordial et ce que l’on perd en la sacrifiant.

Je retranscrits ici sa conclusion & vous laisse méditer sur ces bonnes paroles :

« Il y a un auteur anglais qui a anticipé ce genre de futur dans lequel nous abandonnerions notre autonomie et notre liberté pour du confort. Plus encore que George Orwell, cet auteur est bien sûr, Aldous Huxley. Dans  » Le Meilleur des Mondes « , il imagine une société dans laquelle les technologies que nous avons créées à l’origine pour la liberté finissent par nous contraindre.

Toutefois, dans ce livre, il nous offre aussi une porte de sortie de cette société, semblable au chemin qu’Adam & Ève ont eu à suivre pour quitter le jardin. Selon les termes du Sauvage, retrouver l’autonomie et la liberté est possible, bien que le prix à payer soit élevé.

Je crois fermement que l’un des combats décisifs de notre époque sera le combat pour le contrôle des informations personnelles, le combat pour savoir si les Big Data peuvent devenir un vecteur de liberté plutôt qu’un moyen de nous manipuler à notre insu.

À l’heure actuelle, bon nombre d’entre nous ne savent même pas que le combat a commencé, mais c’est le cas, que ça vous plaise ou non. Et au risque de jouer les serpents, je vous dirais que les outils pour ce combat sont là, la conscience de ce qui est en train de se passer, et dans vos mains, à quelques clics seulement. »

***

Les technologies d’aujourd’hui permettent facilement de protéger sa vie privée (sur internet en particulier, puisque c’est le sujet) et un très grand nombre sont des logiciels libres dont vous avez sans doute déjà entendu parlé dans ce blog, dans mon shaarli, ou ailleurs …

Tout ceci me fait pensé à cette citation de François Rabelais dans Pantagruel :

« Sapience n’entre point en âme malivole, et

science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

sam7

>>> Voici à toutes fins utile quelques liens « bonus » :

>>> Sources & vidéo sur :

>>> Plus d’infos sur :

2 livres libres à lire …

Utopie du logiciel libre

Nous avons déjà reçu deux fois le sociologue Sébastien Broca dans nos colonnes, pour une théorie de l’intelligence collective appliquée au logiciel libre et pour une critique de notre biographie de Richard Stallman.

Nous renouvelons l’invitation avec d’autant plus de plaisir qu’il s’agit d’annoncer la sortie de son livre Utopie du logiciel libre – Du bricolage informatique à la réinvention sociale (aux édition du Passager Clandestin) que nous tenons déjà pour une référence francophone dans son domaine.

Vous trouverez en annexe ci-dessous copie audio de la chronique de La Matinale du Mouv’ du 25 novembre dernier, intitulée Le logiciel libre, nouvelle révolution ?, avec pour invités Sebastien Broca et Alexis Kauffmann.

 

Utopie du Logiciel Libre -Sébastien Broca

>>> Source & suite sur : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/12/02/utopie-du-logiciel-libre-sebastien-broca

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Libres Conseils

Ce beau projet est né voilà presque un an. La caractéristique principale de sa conception c’est le travail collaboratif, depuis sa composition par 42 auteurs jusqu’à son édition en Framabook en passant par les presque 100 traducteurs bénévoles qui ont contribué à la version française.

Ce livre apporte 42 réponses à la question : « Qu’auriez-vous aimé savoir quand vous avez commencé à contribuer ? » — à contribuer au Libre ou à l’open source, bien entendu.

Vous trouverez sur la page Framabook de Libres conseils le rappel détaillé de ce que furent les mois d’activité autour de ce projet : les rendez-vous rituels du jeudi soir ouvert à tous, la publication en feuilleton sur le blog, les relectures sur le booktype puis sur les versions en PDF, la confection de l’epub…

Libres conseils, le livre maintenant

>>> Source & suite sur : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/11/22/framabook-libres-conseils

 

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>>> Utopie du logiciel libre – Du bricolage informatique à la réinvention sociale

Annexe : Le logiciel libre, nouvelle révolution ?

Extrait audio de La matinale du Mouv’ du 25 novembre Le logiciel libre, nouvelle révolution ? avec Sebastien Broca et Alexis Kauffmann.

Partie 1 (10 min) Télécharger au format mp3 ou ogg
Partie 2 (10 min) Télécharger au format mp3 ou ogg

Economie de la rareté et logiciels libres

Considérons la rareté comme la caractéristique principale régissant notre économie. Comment dans ce contexte développer des biens dont la caractéristique principale est tout à l’opposé, car ils sont abondants et disponibles sans limite? C’est tout le paradoxe de l’existence des logiciels libres. C’est aussi sous cet angle que peuvent s’analyser toutes les stratégies actuelles de création de revenus à partir des logiciels libres. 

Économie de la rareté

Tout d’abord, je ne suis pas un “économiste”, juste un citoyen qui s’intéresse à l’économie. Les experts m’excuseront pour les raccourcis que je vais prendre par la suite. Cependant, ils me semblent pertinents pour illustrer mon propos.

Partons d’une définition récente de ce terme “économie” donnée par Ruffin et Gregory :

L’étude : comment une société choisit d’utiliser des ressources limitées pour produire, échanger et consommer des biens et services (“Principles of Economics”, 1990)

Le mot clé de cette phrase est “ressources limitées”, pas d’économie sans ressources limitées.

Depuis la nuit des temps, ce qui est rare est cher. La nourriture est rare alors elle est chère, et il en va ainsi pour tous les biens qui reposent sur des molécules de carbone. Ils n’existent qu’en quantité limitée. Cette notion de rareté des biens physiques est relative cependant. L’eau n’est pas aussi rare pour un français que pour un bédouin vivant dans le désert.

C’est sur ce paradigme que s’est construite l’économie des hommes depuis des centaines d’années et qu’elle continue de fonctionner aujourd’hui.

Économie du numérique

C’est avec l’apparition des premiers outils numériques que ce paradigme a commencé à vaciller. Les plus jeunes se souviennent de l’apparition des cassettes audios enregistrables. Il devenait possible de dupliquer un disque de vinyle. Le modèle économique du monde de l’édition musicale allait vaciller.

Des exemples de ce type, vous pourrez en trouver de toutes sortes. L’apparition des dispositifs numériques et des ordinateurs individuels dans les années 80 a contribué à accélérer le mouvement. À tel point qu’aujourd’hui les biens numériques font désormais partie de notre quotidien. Nous achetons de la musique, des films, des livre en ligne et tant d’autres choses. Le point commun de tous ces biens tient à leur coût de duplication proche de zéro, ce qui ne signifie pas qu’ils soient gratuits.

Les œuvres numériques et la rareté

En effet, nous devons la plupart du temps nous acquitter du paiement d’une somme pour acquérir un droit d’utilisation. Ainsi la musique, les films, les images et d’une manière générale tous les médias produits par l’industrie du divertissement restent basés sur l’obligation légale d’un paiement. Cette obligation légale s’appuie sur le droit d’auteur.

Un petit rappel en la matière. Le droit d’auteur est fondé en France sur les textes contenus dans le Code de la Propriété Intellectuelle (CPI). C’est un droit  de propriété exclusif, et automatique.

Art. L111-1: L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous.

Le droit d’auteur comporte deux facettes :

  • Le droit moral : L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. Ce droit est attaché à sa personne.Il est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. (Art. L121-1)
  • Le droit patrimonial : Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. (Art. L122-4)

C’est cette deuxième facette qui est utilisée par l’auteur pour se rémunérer. Il cède à un prix convenu ses droits patrimoniaux à un tiers pour qu’il commercialise son œuvre.

Par la suite, nous allons nous intéresser uniquement à un type d’œuvre bien précis : les logiciels. Ils relèvent eux également du droit d’auteur :

Art. L112-2: Sont considérés notamment comme œuvres de l’esprit au sens du présent code : […] 13 Les logiciels, y compris le matériel de conception préparatoire ; […]

Donc, il y a bien un droit moral et un droit patrimonial sur le logiciel, comme sur tout autre œuvre de l’esprit.

Nous voici donc armés pour créer une forme de rareté adaptée aux logiciels.

A suivre…

>>> Source & plus d’infos (& suite) sur : http://philippe.scoffoni.net/economie-rarete-logiciels-libres-1/

>>> Pour les plus pressés, vous pouvez vous tourner vers le diaporama de Philippe SCOFFONI présenté en début d’année lors de l’OpenDay de Lyon sur l’économie du logiciel libre.

 

>>> Je vous invite également à  écouter le podcast suivant intitulé « Monnaie Libre n°42 Olivier Delamarche : la dette, les monnaies, les logiciels libres, le mur. »

« Une émission spéciale pour un numéro 42 qui devrait intéresser plus particulièrement les libristes qui se posent des questions sur la nature de l’économie libre, dont une partie est abordée et résolue au sein du paradigme de la Théorie Relative de la Monnaie. »

Loi de programmation militaire : une grave atteinte aux libertés et aux droits fondamentaux entérinée au Parlement

Paris, 10 décembre 2013 — Malgré l’importante mobilisation citoyenne et les nombreuses critiques exprimées à son encontre, le Sénat vient d’adopter le projet de loi relatif à la programmation militaire et ses dangereuses dispositions sans aucune modification. Cette adoption conforme par les sénateurs met un terme au travail parlementaire sur ce texte : seul le Conseil constitutionnel peut à présent empêcher l’application de ces dispositions attentatoires aux libertés fondamentales des citoyens. La Quadrature du Net appelle solennellement les parlementaires à déposer une saisine du Conseil constitutionnel pour que ce dernier se prononce sur la conformité de cette loi à la Constitution.

Soutenons La Quadrature du Net !

En adoptant le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 sans aucune modification, les sénateurs viennent de mettre un terme aux travaux législatifs du Parlement sur ce dossier. Malgré les nombreux avertissements exprimés tant par les organisations citoyennes que par des autorités publiques, le texte adopté aujourd’hui permet :

  • la capture en temps réel d’informations et de documents (qui « peuvent être recueillis sur sollicitation du réseau et transmis en temps réel par les opérateurs aux agents mentionnés ») auprès aussi bien des hébergeurs que des fournisseurs de service.
  • de requérir ou capturer des « informations ou documents traités ou conservés par leurs réseaux ou services », et non plus seulement des données de connexion.
  • l’élargissement de la liste des administrations qui peuvent requérir ces interceptions ou captures, par exemple au ministère de l’économie et du budget.
  • l’élargissement des finalités de ces mesures à la sauvegarde du « potentiel scientifique et économique de la France » et à la prévention « de la criminalité ou de la délinquance organisées ».

À ce stade de la procédure, seul le Conseil constitutionnel peut encore empêcher l’application de ces mesures ouvrant la porte à une surveillance généralisée des informations et communications sur Internet. Celui-ci ne pourra examiner la constitutionnalité du texte adopté cet après-midi qu’avec une saisine de 60 parlementaires, du Premier Ministre, ou du Président de la République. La Quadrature du Net appelle solennellement les élus des deux chambres du Parlement à entendre l’appel des citoyens, et à déposer au plus vite une demande de contrôle de constitutionnalité.

« Dans le contexte des révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage massif et généralisé des citoyens, il est choquant de voir le Parlement adopter un texte qui entérine l’état d’exception et permet de violer la vie privée des citoyens. Les élus doivent entendre l’appel de la société civile et saisir le Conseil constitutionnel avant l’application de ces mesures attentatoires aux libertés fondamentales »

déclare Philippe Aigrain, cofondateur de La Quadrature du Net.

>>> Source sur : http://www.laquadrature.net/fr/loi-de-programmation-militaire-une-grave-atteinte-aux-libertes-et-aux-droits-fondamentaux-enterinee

Ubuntu (notion)

Ubuntu est une notion venant de l’Afrique subsaharienne qui trouve son origine dans les langues bantoues de l’Afrique du Sud et qui depuis a été liée à l’histoire de l’apartheid. Elle a inspiré la politique de réconciliation nationale de Nelson Mandela.

Le mot n’est pas traduisible simplement, mais dans sa diffusion au-delà des langues d’origine, il exprime un rapport entre l’individu et ce qui est commun : selon l’archevêque anglican Mgr Desmond Tutu, auteur d’une théologie ubuntu de la réconciliation, et prix Nobel de la paix, « Quelqu’un d’ubuntu est ouvert et disponible pour les autres » car il a conscience « d’appartenir à quelque chose de plus grand ». (voir la citation complète plus bas)

Les racines étymologiques :

  • En zulu Ubuntu peut être une traduction du mot « humanité », mais le mot humanité ne suffit pas à traduire le mot ubuntu car il a un sens plus vaste (exprimé ci-dessus), utilisable pour signifier la qualité applicable à une personne.
  • En swahili on peut rapprocher du verbe -buni « inventer, construire, mettre ensemble ».

Ce principe a été mondialement popularisé (à partir de 2004) par un système d’exploitation nommé Ubuntu, créé par l’entrepreneur sud-africain Mark Shuttleworth. Le nom a d’ailleurs été déposé en tant que marque par la société Canonical.

Le terme ubuntu est un concept présent dans toutes les langues bantu (en lingala Bomoto, en kikongo kimuntu, en punu Butu…). Il a été remis au goût du jour avec la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. En 1995, la Commission vérité et réconciliation menée par Mgr Desmond Tutu se donnait pour objectif de procéder à des amnisties individuelles aux auteurs de violations des droits de l’homme. En échange, ceux-là s’engageaient à révéler l’intégralité de leurs actions. Cette procédure fait écho à la Constitution de 1993, qui énonce le « besoin d’ubuntu et non de victimisation. »

« Quelqu’un d’ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu’il ou elle a d’appartenir à quelque chose de plus grand — et qu’il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou opprimés. »

— Desmond Tutu

Nelson Mandela décrit le concept d’ubuntu en citant un proverbe traditionnel

(1min 36s, anglais)

>>> Source & plus d’infos sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ubuntu_(notion)

Comment quelqu’un qui aime la culture peut-il être un monopoliste du droit d’auteur ?

On reproche parfois aux activistes pour la réforme ou l’abolition du monopole du droit d’auteur qu’ils «détestent la culture». C’est aussi surprenant que faux, vu à quel point le droit d’auteur est dommageable pour les artistes et la culture. Nous aimons la culture. C’est pour cette raison que nous critiquons le monopole.

Non seulement cela donne l’impression d’avoir affaire à des évangélistes de la Manif pour Tous 1 mais en plus c’est totalement à côté de la plaque. C’est précisément parce que nous aimons la culture que nous ne cessons de critiquer les monopoles des droits patrimoniaux comme les plus gros inhibiteurs de créativité dans la société actuelle, y compris selon les études financées par des monopolistes eux-mêmes.

Concentrons nous sur deux points essentiels : la disponibilité de la culture et la compensation des artistes.

Disponibilité de la culture

Si plus de culture que jamais est aujourd’hui disponible, ce n’est pas grâce aux droits patrimoniaux mais contre eux. Les gens créent plus que jamais bien que ça soit souvent illégal. La plupart des La plupart des artistes en devenir ont un profond dédain pour les monopoles des siècles derniers qui les empêchent de créer comme ils l’entendent: 100 heures de vidéo sont mises en ligne sur Youtube chaque minute. C’est 6000 fois plus qu’un chaîne de diffusion en continu. Ça veut dire qu’un seul site de vidéos concentre autant de vidéo par heure que 6000 chaînes de télé. Bien sûr, la plupart de ces vidéos enfreignent d’une manière ou d’une autre les droits patrimoniaux.

Il y a pire. Lorsque vous regardez la quantité de culture disponible à travers les anciens monopoles, vous remarquez qu’il existe un énorme trou noir dans notre héritage culturel. Apparemment, il ne doit pas être intéressant de publier les vidéos des années 50 et 60. Ou plutôt, ce n’est que lorsque les monopoles expirent que cette culture sinon disparue réapparaît à travers de nouvelles publications. En attendant, 90% de la culture du 20ème siècle est dans les limbes. (…)

À force d’étendre les durées des droits patrimoniaux soit disant pour nourrir les artistes, le système actuel s’assure en fait que 90% de la culture moderne disparaisse faute de droits pour l’archiver, la publier, la remodeler. Qu’un système qui s’empresse de faire mourir en 20 ans toute culture s’arroge l’apanage de l’amour de la culture est suspicieux.

Compenser les artistes

Le deuxième reproche qu’on me fait le plus souvent est que l’abolition du monopole des droits patrimoniaux ou leur réduction ruinerait les “artistes”. Je trouve cela presque obscène quand on sait que 99% des musiciens ne sont pas publiés par un gros producteur et que parmi les heureux élus seuls 0.05% touchent des royalties.

Concrètement: pensez-vous vraiment que les maisons de production traditionnelles seraient en mesure de jauger et rémunérer les 100 heures de vidéos mises en ligne par seconde sur Youtube ? Ils sont simplement dépassés, hors-jeu, et leur confier le monopole de diffusion de la culture est hors-contexte. Comme nos sociétés le font malgré tout, elles s’assurent que 99,995% des artistes ne gagnent jamais un centime de leurs productions par le circuit traditionnel. Comment défendre un système pareil par amour de la culture ?

Le seul effet du système actuel est d’enrichir des intermédiaires devenus parasistiques qui disent parler au nom des artistes mais les volent sans complexe, avec la complicité active des sociétés de gestion, critiquées années après années pour leur manque de transparence. Malheureusement, beaucoup d’artistes sont souvent des victimes consentantes, le prestige de l’édition traditionnelle restant fort.

Conclusion

Le système actuel censure les artistes en devenir, empêche la diffusion de l’art et de la culture, isole les artistes de leurs aficionados, bloque une juste rémunération des artistes et s’assure que 90% de la production culturelle contemporaine termine aux oubliettes en moins de 20 ans. Objectivement, il faut être un fanatique religieux bon pour l’hospice pour défendre qu’un tel système existe par amour de la culture. Il est temps de prendre le taureau par les cornes pour renverser les préjugés.

>>> Source & plus d’infos sur : http://politiquedunetz.sploing.be/2013/11/comment-quelquun-qui-aime-la-culture-peut-il-etre-un-monopoliste-du-droit-dauteur/