Fast and Furious en deuil suite au décès accidentel de Paul Walker

Vous connaissez tous Fast and Furious, la série de films américains dans lequel il y a plein de courses poursuites avec de belles voitures et ayant pour acteurs principaux Vin Diesel dans le rôle de  Dominic Toretto & Paul Walker dans le rôle de Brian O’Conner.

Le tournage du  n°7 est marqué par le décès de Paul Walker le 30 novembre 2013 suite à un accident de voiture à Santa Clarita en Californie. Revenant d’un gala de bienfaisance au profit des victimes du typhon aux Philippines, Roger Rodas, un ami de Paul Walker, perd le contrôle de la voiture, une Porsche Carrera GT, dans laquelle l’acteur était passager.

Il a ensuite été  révélé que l’acteur devait encore tourner de nombreuses scènes importantes, notamment à Abou Dabi. De ce fait, le tournage est suspendu en attendant une réécriture du scénario…

Description de cette image, également commentée ci-après

Paul William Walker IV est un acteurproducteur et réalisateur américain né le 12 septembre 1973 à Glendale (Californie) et mort le 30 novembre 2013 à Santa Clarita (Californie).

Paul Walker décroche son premier rôle en 1986 dans la comédie Monster in the Closet. En 1998, il se fait remarquer en interprétant Skip Martin dans Pleasantville de Gary RossRob Cohen lui donne un des premiers rôles dans son film The Skulls : Société secrète, mais il devient célèbre grâce à Fast and Furious, du même réalisateur. Il est pressenti, en 2004, pour le rôle de la Torche Humaine des Quatre Fantastiques, adaptation du célèbre comic-book Marvel4 mais c’est Chris Evans qui est finalement choisi. En 2010, il incarne John Rahway dans Takers, film décrit comme étant le juste milieu entre Ocean’s Eleven et Fast and Furious ainsi que Vehicle 19 en 2013.

L’acteur meurt accidentellement après avoir tourné dans plusieurs films dont la sortie était prévue pour 2014. Il participe au tournage de Hours d’Eric Heisserer et de Brick Mansions, un remake du film français Banlieue 13. Il tournait également dans Fast and Furious 7, septième film de la série Fast and Furious dont la production est de ce fait pour le moment arrêtée…

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30mn inédites de Star Wars, à l’épreuve du droit d’auteur

Alors que LucasFilm exploite régulièrement ses archives dans les rééditions de Star Wars, un collectionneur a décidé de publier lui-même des images jusque là inédites du tournage du Retour Du Jedi, en s’abritant derrière le droit au Fair Use.

Comment Disney, qui a racheté LucasFilm et sa licence Star Wars, va-t-il réagir ? Comme le signale Big Browser, un heureux collectionneur a pu mettre la main sur un laser disc jusque là inconnu, qui contient 30 minutes de rushs du sixième volet de la saga des Skywalker (le troisième dans l’ordre de sortie), Le Retour du Jedi. Et plutôt que de le garder pour lui, le collectionneur a décidé d’en faire profiter le monde entier, non sans réaliser une étrange opération marketing.

Mis en vente sur eBay à 699 dollars, le disque laser réunit différentes prises de la scène pendant laquelle Yoda confirme à Luke que Darth Vader est bien son père, puis meurt en révélant qu’il existe un autre Skywalker — une scène qui devrait prendre toute importance avec la nouvelle trilogie dont l’épisode 7 sortira en 2015. Même si l’un peut découvrir quelques variations de dialogue et de mise en scène, le disque ne contient a priori aucune scène inédite, mais suffit à soulever l’enthousiasme des fans.

Perdu par LucasFilm, il semble issu des disques exploités par l’entreprise de George Lucas pour faire la démonstration commerciale de sa plateforme de montage numérique EditDroid, lors d’un salon professionnel à Las Vegas en 1984 :

Mais plutôt que de publier une copie intégrale du disque laser, qu’il a dû restaurer pour le rendre lisible, le collectionneur anonyme en fait une exploitation curieuse. Il a en effet promis de publier le contenu par séquences, mises en ligne au fur et à mesure qu’il obtiendra des « likes » sur sa page Facebook. Une véritable démarche marketing qui ne sert pourtant, pour le moment, aucun revenu publicitaire (si ce n’est ceux de Facebook lui-même).

Mettant ses promesses à exécution, le collectionneur a commencé à publier quelques séquences issues du laser disc …

(…)

Mais comment va réagir LucasFilm (ou plutôt Disney), qui a pris pour habitude de fouiller ses archives pour remplir ses innombrables rééditions de la saga Star Wars ? Dans une stricte application du droit d’auteur, le producteur peut réclamer la propriété de ces contenus enregistrés il y a un peu plus de 30 ans. Mais pour tenter de se prémunir par avance de toute tentative de censure, le collectionneur prévient sur chaque vidéo publiée que l‘article 107 du Copyright Act de 1976 autorise le Fair Use, c’est-à-dire les exploitations faites dans le cadre d’une « utilisation équitable ». Il met en avant la valeur historique de ces documents, et leur intérêt public.

Selon cet article 107, « l’utilisation équitable d’une œuvre protégée, y compris l’utilisation par reproduction de copies ou de phonogrammes ou par tout autre moyen indiqué par cet article, à des fins telles que la critique, le commentaire, la publication de nouvelles, l’enseignement (y compris les copies multiples pour utilisation en classe), le savoir, ou la recherche, ne constitue pas une violation du droit d’auteur« .

>>> Source & plus d’infos ( & les vidéos) sur : http://www.numerama.com/magazine/27349-30mn-inedites-de-star-wars-a-l-epreuve-du-droit-d-auteur.html

Wonder Woman – Le court métrage

Je ne sais pas si un jour on reverra Wonder Woman au cinéma, mais en attendant, je vous invite à regarder ce court métrage réalisé par Sam Balcomb avec dans le rôle principal Rileah Vanderbilt.

Durant 2 minutes et 30 secondes, découvrez cette Wonder Woman au double visage… A la fois, super héroïne féministe dans un monde d’Humains et amazone répondant au prénom de Diana et combattant les Minotaures sur Themyscira au côté de ses sœurs d’arme.

>>> source sur :  http://korben.info/wonder-woman-le-court-metrage.html

 

Need for Speed – Le film

Need for Speed – Le film

J’attends la fin de Breaking Bad ce soir avec impatience et voici que je tombe sur la bande-annonce du film Need For Speed adapté du célèbre jeu vidéo du même nom. De la vitesse, de belles caisses et surtout Aaron Paul dans le rôle de Tobey Marshall (et non pas Teubé Marshall) qui lorsqu’il sort de prison, décide de se venger.

Sauf qu’il est tellement doué, qui va se retrouver avec tous les flics de l’Etat au cul…

 

Ça ne sera surement pas le film de la décennie, mais je pense que ça me plaira

Date de sortie, 16 avril 2014 !

>>> Source sur : http://korben.info/need-for-speed-le-film.html

Robocop est de retour

Robocop est de retour

Le film de Paul Verhoeven sorti en 1987 verra son remake sortir le 5 février 2014. En effet, la bande annonce de la nouvelle version de Robocop vient d’être diffusée lors de la Comic Con  de San Diego et j’avoue que je ne sais pas quoi en penser.

Le relooking de Robocop est compréhensible car il enlève ce petit côté rétro qui aurait pu étiqueter le film comme kitch, mais en regardant cette bande annonce, je n’ai pas ressenti cette violence, ce désespoir et ce besoin de vengeance qui donnait au film d’origine son charme. Mais il ne s’agit que d’une bande annonce, alors je m’attends à tout, même à une bonne surprise.

Robocop est joué par Joel Kinnaman et Samuel L. Jackson, Michael Keaton (Pseudo de Julien Lepers pour sa carrière américaine) ainsi que Gary Oldman seront de la partie. Espérons que ça soit potable 😉

>>> Source sur : http://korben.info/robocop-est-de-retour.html

Les Mystérieuses Cités de Plomb

(ou quand le public se fait défenseur du droit moral sur l’oeuvre)

Je ne pensais pas avoir un jour l’occasion de parler des Mystérieuses Cités d’Or sur un blog juridique, mais voilà que la diffusion par TF1 d’une suite de cette mythique série des années 80 m’en donne l’opportunité. Et qui plus est à propos d’une question qui me tient particulièrement à coeur : celle du droit moral et des rapports entre les créateurs et leur public.

cités

Esteban, Zia, Tao… toute une époque !

Le droit moral constitue une prérogative très forte reconnue au bénéfice des auteurs, notamment dans le droit français, qui leur confère notamment la possibilité de s’opposer à des modifications portant atteinte à l’intégrité de leurs oeuvres. Les juges français sont particulièrement attentifs au respect de ce droit, conçu comme un prolongement de la personnalité de l’auteur à travers son oeuvre.

Voilà pour les grands principes, mais il arrive que la réalité s’avère beaucoup plus complexe, et notamment que ce soit le public qui s’élève contre un créateur pour défendre l’intégrité de l’oeuvre. Et c’est précisément ce qui est en train de se passer à propos de la saison 2 des Mystérieuses Cités d’Or, comme l’indique ce billet du Huffington Post.

L’or changé en plomb…

Lancée à grands renforts de promotion comme une suite fidèle à l’esprit de la série culte des années 80, les Cités d’Or 2 ont visiblement fort déçu les fans de la première heure, dont une partie hurle même à la trahison. Remaniée afin de séduire un public plus jeune, la série aurait été infantilisée et aseptisée à l’extrême :

[…] les droits des musiques d’origine (jugées démodées) n’ont pas été rachetés. Les scénaristes japonais et les voix d’origine, comme celle de Jackie Berger (Esteban), ont été mis au placard. Le graphisme a été changé et les personnages, passés à la moulinette 3D, ont maintenant des visages froids, déformés et cireux.

Le caractère de certains héros a été modifié. Zia, réservée et douce, est désormais une fille libérée. Tao, habitué à cacher ses sentiments, pleure dès le premier épisode. La mise en scène a été changée. Américanisée, elle accumule maintenant les clichés hollywoodiens vus et revus : Mendoza saute comme Tom Cruise dans Mission Impossible, les ralentis à la Matrixfusent, le méchant ressemble à Dark Vador…

TF1 et le studio Blue Spirit, en charge de la production de cette suite, ont donc manifestement réussi, par un tour de force alchimique à l’envers, à transformer l’or en plomb en massacrant sur l’autel du formatage un classique du petit écran.

Devant cette dénaturation de l’esprit original de l’oeuvre, les fans se sont mobilisés, déjà pendant la production, par le biais d’une pétition pour que les voix des personnages principaux ne soient pas modifiées, comme le souhaitait TF1. Mais les choses vont à présent plus loin, car une nouvelle pétition a été lancée en juillet sur Facebook pour demander aux créateurs japonais de la série (Mitsuru Kaneko, Mitsuru Majima et Soji Yoshikawa) de reprendre purement et simplement leurs droits, afin de mettre fin au saccage.

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Appel aux créateurs japonais de la série.

Si on traduit en termes juridiques ce qui est en train de se produire, on a bien là un public qui demande à des auteurs de faire usage de leur droit moral sur l’oeuvre pour mettre fin à une dénaturation, ce qui bouleverse quelque peu le schéma habituel.

Car en effet, le droit postule que l’auteur est toujours le mieux placé pour défendre sa création. Les juges accordent même en France à l’auteur une sorte de « droit absolu » à juger ce qui constitue ou non une atteinte à son oeuvre, sans avoir à prouver un quelconque préjudice. Or, on voit ici que les choses sont plus complexes et qu’une communauté active de fans peut s’avérer un gardien plus intègre et plus sûrde l’esprit d’une oeuvre…

Le public contre l’auteur, au nom de l’intégrité de l’oeuvre

Cet exemple des Mystérieuses Cités d’Or n’est pas isolé et on peut citer d’autres cas célèbres où des créateurs se sont retrouvés pris à partie par leurs fans, les accusant d’avoir dénaturé leur oeuvre.

L’exemple le plus fameux est celui du conflit qui oppose depuis de nombreuses années Georges Lucas à la communauté des fans de Star Wars. Que ce soit à propos des modifications introduites par le réalisateur dans les rééditions en BlueRay de la première Trilogie ou carrément à propos de l’esprit tout entier de la nouvelle Trilogie, les fans se sont mobilisés contre ce qu’ils estiment être une trahison mercantile de l’oeuvre originale. Le reportage The People vs Georges Lucas paru en 2010 retrace les manifestations de ce véritable phénomène social, qui marque une étape dans l’émergence d’une culture participative caractéristique des mutations introduites par Internet.

Alexis Hyaumet, dans un article excellent (« Georges Lucas vs Star Wars« ) publié sur la plateforme Culture Visuelle, allait même jusqu’à se demander à qui finalement appartenait aujourd’hui Star Wars en tant qu’oeuvre, et il est certain que le récent rachat de la franchise par Disney ne fera qu’exacerber ces crispations :

À qui appartient Star Wars ? Qui en est aujourd’hui légitime après que son maître ait été désavoué par ses disciples les plus fidèles. […] Du fait de son histoire particulière et de son impact culturel mondial qui n’est plus à démontrer, Star Wars est un objet cinématographique hors normes et hors du commun. Victime de son succès, il appartient désormais au plus grand nombre, “il appartient au public” car il fait partie de son histoire culturelle, comme le soulignait Lucas face au Congrès en 1988. Le possessif créateur doit répondre à la demande du peuple qui réclame son œuvre avec une ferveur et un amour sans pareil. Preuve de cela, la quantité incroyable de fan films, de parodies et de montages alternatifs rebelles qui font dissidence, pour montrer à l’inflexible George Lucas d’aujourd’hui que son empire implacable a perdu toute légitimité sur l’univers Star Wars. Il serait temps pour le roi George de reconnaître, d’écouter et de respecter à leur juste valeur tous ses sujets, qui ont entretenu toutes ces années cette mythologie contemporaine, en répondant favorablement à leurs requêtes les plus essentielles. Quoi qu’il en soit, les fans se mobiliseront encore et toujours pour sauver ce qu’était Star Wars à l’origine, afin d’éviter que son propre créateur n’en devienne un jour son fossoyeur.

Un autre exemple significatif, sans doute moins connu que celui de Star Wars, concerne la série anime japonaise Neon Genesis Evangelion. Mettant en scène des combats de robots géants contre des monstres extraterrestres sur un fond d’intrigues mystiques particulièrement complexes, cette série souleva un violent mouvement de protestation chez ses fans, lorsque le réalisateur Hideaki Anno choisit de la faire se terminer en queue de poisson par un épisode complètement en porte-à-faux avec le reste, n’apportant pas les réponses auxquels le public s’attendait. Sous la pression des fans (qui alla jusqu’à des menaces de mort…), le studio Gainax obligea le réalisateur à produire une nouvelle fin sous la forme d’un film d’animation intitulé « The End of Evangelion« . Mais ce dernier est encore profondément imprégné du conflit entre le public et le créateur, car Hideaki Anno s’y livre à un véritable jeu de massacre de ses personnages et des lieux de l’action de la série, comme une sorte de vengeance s’exprimant dans une débauche de violence rageuse…

Plus proche de nous, on peut dire que le fameux épisode 9 de la saison 3 de Game Of Thrones a aussi failli tourner à l’affrontement sanglant entre le créateur, Georges R.R. Martin, et ses fans. En faisant mourir trois des personnages principaux de la saga de manière particulièrement brutale, l’auteur a causé un véritable choc à une partie des spectateurs (alors que l’histoire était pourtant identique dans les romans dont est tirée la série).

Georges R.R. Martin assume entièrement ce choix, qui relève selon lui pleinement de sa liberté de créateur. Mais on a vu des articles fleurir des articles sur la Toile se demandant si l’auteur avait le droit de faire mourir ainsi les personnages… Quelque chose est graduellement en train de changer et Internet n’est pas étranger à cette évolution.

Il existe déjà une théorie de l’abus de droit moral que les juges peuvent opposer à des descendants d’auteurs, mais c’est comme si la conscience collective considérait que cette doctrine pouvait être appliquée aux créateurs eux-mêmes aujourd’hui.

Nombreux sont les montages qui se moquent de la tendance de Georges R.R. Martin à faire mourir les personnages auquel son public tient le plus (cliquez sur l’image pour en découvrir d’autres).

Ce retour du public est un retour aux sources du droit d’auteur

Ces exemples montrent que la question du droit moral sur l’oeuvre est aujourd’hui  bouleversée et que ce fleuron du droit d’auteur à la française ne peut sans doute plus être pensé de la même manière aujourd’hui qu’au siècle dernier.

Il est certain que le numérique et Internet, en mettant le public en situation d’interagir de manière de plus en plus active avec l’oeuvre et son créateur, ont contribué à redéfinir l’équilibre. La formation de communautés de fans en ligne leur donne un sentiment de légitimité dans la défense de l’intégrité de l’oeuvre, y compris parfois contre les titulaires de droits eux-mêmes.

Avec des phénomènes comme le crowdfunding, où le public est directement sollicité pour participer au financement de la création, nul doute que ce sentiment d’ »avoir des droits » sur l’oeuvre ne pourra que se renforcer et qu’il deviendra de plus en plus difficile d’y résister. Sachant par ailleurs que le public a aussi la possibilité par le remix, le mashup ou les fanfictions, de se réapproprier les oeuvres, fût-ce dans l’illégalité, pour les « forker » contre la volonté de leurs auteurs…

Mais en fin de compte, est-ce que ce sentiment de propriété du public sur les oeuvres constitue vraiment une « anomalie » ? Ou n’est-ce pas plutôt la conception romantique d’un auteur tout-puissant, bénéficiant d’un droit absolu sur son oeuvre, qui n’était qu’une parenthèse historique en train de se refermer ? Voyez ce que disait Lechapelier en 1791, auteur de la première loi en France sur le droit d’auteur :

La plus sacrée, la plus légitime, la plus inattaquable, et, si je puis parler ainsi, la plus personnelle de toutes les propriétés, est l’ouvrage fruit de la pensée d’un écrivain ; c’est une propriété d’un genre tout différent des autres propriétés. Lorsqu’un auteur fait imprimer un ouvrage ou représenter une pièce, il les livre au public, qui s’en empare quand ils sont bons, qui les lit, qui les apprend, qui les répète, qui s’en pénètre et qui en fait sa propriété.

On répète toujours la première partie de cette citation, en oubliant la seconde, mais il est évident qu’Internet a donné au public les moyens de faire des oeuvres sa propriété. Et lorsque l’on regarde concrètement la manière dont les choses se passent, cette dialectique est une bonne chose, car le public s’avère parfois un meilleur défenseur du droit moral sur les oeuvres que les titulaires de droits eux-mêmes.

PS : si vous connaissez d’autres cas emblématiques de conflits entre des créateurs et leur public à propos de l’intégrité de l’oeuvre, merci d’avance de les indiquer en commentaire ! Cela m’intéresse beaucoup !

>>> Source sur : http://scinfolex.wordpress.com/2013/08/31/les-mysterieuses-cites-de-plomb-quand-le-public-se-fait-defenseur-du-droit-moral-sur-loeuvre/

>>> Conditions de réutilisation : CC0

« En passant », une comédie musicale récompensée, un court-métrage impressionnant créé avec Blender

En Passant, c’est, avant d’être le nom d’un court-métrage réalisé avec des logiciels libres, une règle aux échecs, qui stipule que sur la cinquième ligne, si, l’adversaire avance son pion de deux cases et que les deux pions se retrouvent l’un à côté de l’autre, le joueur a le droit de lui prendre en déplaçant le sien en diagonal. Voir cette règle peu connue, parce que peu fréquente en pratique, sur Wikipédia. Le court-métrage qui suit semble vouloir s’inspirer de cette règle.

En Passant

En fait, « En Passant » est une comédie dramatique musicale. réalisé avec le logiciel libre Blender et dirigé par Chris Burton avec le studio anglais Icebox, sous l’égide d’une quarantaine de créateurs et après deux ans de travail. La musique est signée Leeran Z. Raphaely. Le scénario très théâtral raconte l’histoire d’une princesse qui va lors d’une nuit quelque peu chaotique découvrir ce dont elle est capable.

Blender est une suite d’outil 3D open-source puissante contenant un grand nombre de fonctionnalités, qui permettent de créer des animations 3D et d’effectuer diverses opérations de rendu et de post-production. Blender permet la création d’animations impressionnantes qui n’ont rien à envier à celles faites à l’aide de logiciels propriétaires et professionnels…

En Passant prouve clairement que des applications opensource peuvent être utilisées pour la création de projets professionnels de grande qualité et les deux nominations aux « Jerry Goldsmith Awards 2013 » de Cordoue (Espagne), pour le meilleur Soundtrack d’un film d’animation et pour la meilleure chanson « La ballade de Leilah « , sont là pour nous le prouver.

15 minutes en anglais, qui se laissent regarder, mais surtout écouter.

Si vous avez envie d’en voir un peu plus je vous invite à vous rendre sur cette page Youtube, où vous trouverez le trailer et d’autres petites vidéos relatives à ce projet.

>>> Sources & plus d’infos sur : http://www.blender.org/

http://la-vache-libre.org/en-passant-un-court-metrage-impressionnant-cree-avec-blender/

http://neosting.net/art-photo-image/en-passant-blender-court-metrage-comedie-musicale.html

La Stratégie Ender

La Stratégie Ender

Si vous appréciez les oeuvres de science-fiction, vous connaissez peut-être le célèbre roman Ender’s game de Orson Scott Card (La Stratégie Ender en français). Et bien bonne nouvelle, Gavin Hood, le réalisateur de Xmen Origins en a fait un film.

C’est l’histoire d’un conflit spatial entre l’Humanité et des insectes extraterrestres qui est mal engagé pour nous. Mais grâce au commandant de la flotte internationale, Mazer Rackham (Harrisson Ford), l’issue de la guerre est en passe de changer. Ce dernier a en effet sélectionné de jeunes enfants surdoués afin de leur enseigner les subtilités des stratégies de guerre.

Parmi ces enfants, Ender se distingue par sa maitrise et son sens stratégique hors norme. Il devient alors le meilleur espoir pour le salut de l’humanité.

Je n’ai pas encore lu le bouquin, mais après avoir lu la page Wikipedia d’Ender’s Games (qui spoile un peu), j’ai bien envie de me jeter dessus !

Quant au film, il sort le 6 novembre de cette année.
>>> Source sur :  http://korben.info/la-strategie-ender.html#VCP82keold8coJDd.99

Oblivion: magnifique making of

Très beau making of avec de splendides paysages d’Iceland et quelques info étonnantes. J’ai été notamment bluffé par le studio qui a servi au tournage des scènes dans la station dans les nuages où l’on apprend que les décors ne sont pas incrustés grâce à des écrans bleus mais qu’ils sont projetés en 360° sur des écrans panoramiques extérieurs. Les maquettes sont aussi magnifiques et je suis assez sensible à cette esthétique d’architecte qui mélange un univers post apocalyptique où la nature a repris le dessus avec de la tecnhnologie très proprette comparée à la SF crasseuse et ensablée qu’on connait depuis la révolution Star Wars. De la SF Apple quoi ;)

J’ai créé un petit album flickr avec quelques screenshots.

Capture d’écran 2013-05-04 à 16.54.50

Capture d’écran 2013-05-04 à 17.04.23

Capture d’écran 2013-05-04 à 16.52.46

Capture d’écran 2013-05-04 à 16.52.51

>>> source sur : http://jcfrog.com/blog/oblivion-magnifique-making-of/

Le monde dystopique d’Oz, ou les avanies du domaine public sans copyleft

En mars dernier, est sorti sur les écrans le film Le Monde Fantastique d’Oz (Oz, The Great and Powerful en anglais), réalisé par Sam Raimi et produit par les studios Disney. L’arrière-plan juridique dans lequel la création de ce film s’est déroulé mérite que l’on s’y attarde, car Disney a dû traverser un véritable parcours du combattant pour parvenir à faire sortir ce film en évitant les poursuites en justice.

Le roman original de L. Franck Baum, paru pour la première fois en 1900, est pourtant dans le domaine public, mais le célèbre film de 1939 avec Judy Garland reste quant à lui protégé. Les droits appartiennent à la Warner Bros. qui défend encore férocement ses titres de propriété sur la véritable poule aux oeufs d’or que constitue l’univers du Magicien d’Oz (le film le plus regardé de toute l’histoire du cinéma d’après la Bibliothèque du Congrès).

Couverture originale du roman Le Magicien d’oz, 1900. Domaine public.

Source : Wikimedia Commons.

Le domaine public garantit normalement la possibilité de réutiliser et d’adapter une oeuvre sans entrave, y compris en vue d’une exploitation commerciale. Mais l’exemple du magicien d’Oz montre que la réalité est bien plus complexe, dans la mesure où des droits peuvent facilement renaître sur le domaine public, assurant à des tiers de nouveaux titres de propriété exclusive. On en vient même à se dire que le domaine public serait mieux protégé si un mécanisme proche de celui du copyleft lui était appliqué, afin d’empêcher que les oeuvres ne soient saisies par de nouvelles enclosures.

L’enveloppe utilisée par L. Franck Baum pour enregistrer le copyright sur une comédie musicale tirée de son roman Le magicien d’Oz (Bibliothèque du Congrès)

Oz et la magie noire du Copyright

Le problème avec le magicien d’Oz provient en réalité d’une affaire antérieure, qui avait opposé la Warner, titulaire des droits sur le film de 1939, à une entreprise ayant réalisé des T-shirts à l’effigie des personnages de l’univers d’Oz. Les juges ont alors rendu une décision complexe qui a admis que les droits de la Warner avaient été violés, sur la base d’une « protection des personnages » (character protection), quand bien même le roman original était dans le domaine public.

La justice américaine a en effet estimé que les personnages dans le film possédaient des « caractères spécifiques et largement identifiables« , détachables des figures présentées dans le livre. Leur raisonnement consistait à dire qu’il était désormais impossible de se représenter un personnage comme Dorothy sans penser à l’interprétation de Judy Garland, comme si une « couche mémorielle » s’était ajoutée en surimpression sur l’oeuvre originelle.

Les Tshirts de la discorde, proches en effet des personnages du film de 1939.

Réagissant à cette décision, le site Techdirt avait immédiatement compris qu’elle comportait quelque chose de redoutable pour le domaine public. Car une telle conception signifiait d’une certaine façon que les réutilisations d’une oeuvre du domaine public étaient désormais susceptibles de « rétroagir » sur l’oeuvre original et d’en limiter la disponibilité. Cette crainte était confirmée par un juriste américain commentant la décision :

Tous les réalisateurs qui voudront créer une nouvelle adaptation d’une oeuvre littéraire – même si elle appartient au domaine public – devront prendre garde à ne pas utiliser des éléments copyrightés attachés à des personnages apparus dans des adaptations filmographiques antérieures à la leur. Bien entendu, quand il s’agira d’une interprétation par des acteurs de personnages fictifs, ce sera plus facile à dire qu’à faire…

S’agissant du magicien d’Oz, outre l’interprétation des acteurs, il existe des différences importantes introduites dans le film de 1939 par rapport au roman de L. Franck Baum. Dorothy par exemple porte des chaussures de rubis, alors que le roman parle de chaussures d’argent. Cette modification avait été apportée afin de tirer le meilleur parti du procédé Technicolor utilisé pour le film. De la même façon, la Sorcière de l’Ouestinterprétée par Margaret Hamilton dans le film avait la peau verte pour ressortir à l’écran, alors que ce détail n’est pas mentionné dans le livre. Une route de briques rouges a également été ajoutée dans le film, alors que dans le roman, il n’existe qu’une route de briques jaunes (Yellow Brick Road) que Dorothy et ses amis suivent au cours de leur voyage. Toutes ces différences propres au film de 1939, ainsi bien entendu que les chansons comme Over The Rainbow, restent encore pleinement protégées par le droit d’auteur et il n’était pas possible pour Disney de les réemployer pour son propre film.

Les fameux souliers de rubis de Dorothy dans le film de 1939

(Par Dbking. CC-BY. Source : Wikimedia Commons).

Ces multiples difficultés créaient un véritable casse-tête légal qui ont conduit Disney à faire des choix artistiques radicaux pour éviter les foudres judiciaires de la Warner.

Comment les juristes ont écrit le scénario du Monde fantastique d’Oz…

Quand on parcourt certains articles écrits à propos des déboires rencontrés par Disney, on est frappé de voir à quel point les contraintes légales ont pesé sur les choix artistiques pour ce film. En 2011, on pouvait lire que le design du smartphone Samsung Galaxy SIIIavait été entièrement conçu par des juristes pour éviter les poursuites d’Apple. Le Monde Magnifique d’Oz est sans doute un film qui a été autant élaboré par des avocats que par des scénaristes, et il y a quelque chose d’assez dérangeant à se dire que nous vivons dans un monde où une telle aberration est possible…

Page manuscrite du script d’une comédie musicale tirée

par L. Franck Baum de son roman en 1903 (Bibliothèque du Congrès).

Il est clair que Disney aurait préféré proposer sa propre adaptation du roman de Baum (Disney s’est en même fait souffler les droits en 1937 par la Metro-Goldwin-Meyer, qui a pu réaliser le film de 1939, pour les revendre ensuite à la Warner). Mais devant les difficultés légales, Disney a préféré jouer la carte de la sécurité en réalisant une prequel de l’histoire décrite dans le Magicien d’Oz. Un tel choix lui évitait notamment de reprendre des personnages à hauts risques, comme Dorothy. L’histoire est ainsi centrée sur le personnage même du magicien d’Oz, qui apparaît très peu dans le roman et par conséquence, dans la comédie musicale. Bien entendu, il fallait néanmoins que les équipes de Disney se raccrochent à l’univers du monde d’Oz, mais en introduisant des différences sensibles par rapport à la vision donnée par le film de 1939.

Illustration de l’édition du Magicien d’Oz de 1900.

Domaine public. Source : Wikimedia Commons.

Les avocats de Disney sont lourdement intervenus durant la production et ils ont par exemple insisté pour que les fameux singes ailés soient modifiés afin de ressembler davantage à des babouins aux dents acérées. Une attention particulière a été portée  à l’apparence des Munchkins, des nains décrits dans le roman comme arborant d’étranges coiffures bouclées. Les avocats de Disney ont estimé après le tournage que la coupe qu’ont leur avait donné était trop proche de celle du film de 1939 et il a fallu que les équipes de Sam Raimi les modifie image par image en retouche numérique lors de la post-production.

Mais le summum du délire a été atteint à propos de la couleur de peau de la Sorcière de l’Ouest.  Howard Berger, le maquilleur attaché au film a dû déployer des trésors d’ingéniosité pour arriver à une teinte validée par les avocats de Disney. Le résultat s’appelle paraît-il le « Théostein », en référence au nom de la sorcière et à… Frankenstein ! D’autres éléments du costume de ce personnage interprété par Mila Kunis ont visiblement fait l’objet de longues discussions légales, comme la forme de son chapeau ou son bustier…

La nouvelle sorcière de l’Ouest et l’ancienne : fifty shades… of green !

Malédiction du droit des marques

Le droit d’auteur n’est pas le seul problème auquel Disney a dû faire face pour ce film. La Warner défend avec beaucoup d’agressivité les nombreuses marques qu’elle a déposées au fil du temps sur l’univers d’Oz. La firme est déjà intervenue par le passé pour interdire l’usage de désignations comme « Wizard of Azz », « Wicked of Oz », ou « Flying Monkeys Vine », susceptibles de lui faire de l’ombre.

En octobre dernier, Warner a tenté un coup de poker tordu envers Disney en essayant de déposer comme marque les termes « The Great and Powerful Oz« . Elle espérait parvenir à le faire avant que Disney n’ait réussi à protéger le titre de son film, pour pouvoir vendre à sa guise des produits dérivés en empêchant son concurrent de le faire… Mais c’était déjà une semaine trop tard, car Disney avait déjà pris ses précautions en déposant une demande auprès de l’office des marques des Etats-Unis.

Pour Disney, voilà la vraie poule aux oeufs d’or, et vraisemblablement ce qui a poussé la firme à produire ce film, malgré les difficultés.

Ce n’est pas la première fois que l’on constate que le droit des marques peut sérieusement interférer avec le domaine public, en étant détourné de son but à des fins de copyfraud. Les personnages de Tarzan, de Sherlock Holmes ou encore récemment deZorro ont ainsi fait l’objet de revendications de la part d’ayants droits sur la base du droit des marques pour tenter de récupérer un contrôle sur des oeuvres, une fois celles-ci entrées dans le domaine public.

Faire évoluer le domaine public en un domaine commun ?

Au vu de cet exemple du Magicien d’Oz, le site Techdirt estime que le domaine public s’est transformé en un véritable champ de mines, tant les obstacles sont nombreux pour ceux qui veulent y puiser pour créer à leur tour. Quelque part, il est ironique que ce soit une firme comme Disney qui soit « victime » de ces entraves, vu qu’il s’agit certainement d’un des plus grands voleurs de propriété intellectuelle au monde, qui a bâti son empire sur le domaine public, en puisant dans le fonds commun des contes et légendes, tout en le démolissant par ailleurs par son lobbying en faveur de l’allongement de la durée des droits (le funeste Mickey Mouse Act).

Mais cette affaire soulève des questions troublantes sur le statut juridique du domaine public lui-même. Le domaine public doit normalement servir à constituer la culture en un Bien Commun de l’Humanité, mais comment serait-ce possible s’il devient si simple de reposer des enclosures sur ce qui devrait rester disponible pour tous ? Dans l’ouvrage « Libres Savoirs : les biens communs de la connaissance« , il y a un article écrit par Madhavi Sunder et Anupam Chander, nous mettant en garde contre une conception « romantique » du domaine public, que son ouverture même laisse à la merci de toutes les formes de réappropriation. Les auteurs le déplorent à propos des savoir traditionnels des pays du Sud, qui se sont fait piller sans vergogne par les nations industrialisées, à défaut d’être correctement protégés. Mais la même question se pose pour le patrimoine culturel, lorsque l’on voit les comportements de prédateurs de firmes comme Warner ou Disney.

Imaginons un instant que l’oeuvre de L. Frank Baum soit placée sous un régime juridique de copyleft, avec une condition de partage à l’identique (Share Alike). Cette lutte délétère entre Warner et Disney deviendrait sans objet et même les chaussures de rubis de Dorothy ou la peau verte de la Sorcière de l’Ouest seraient alors librement réutilisables, à condition de ne pas chercher à supprimer cette liberté offerte à tous.

Dans le projet de loi pour le domaine public que j’ai proposé, j’ai déjà commencé à m’attaquer au problème des enclosures, en essayant d’introduire des mécanismes visant à neutraliser la possibilité de faire renaître des droits sur le domaine public. Peut-être faut-il aller plus loin et proposer un dispositif de protection plus puissant inspiré du copyleft ? Dans le même ordre d’idée, un penseur important des biens communs, David Bollier, pense de son côté que l’on devrait appliquer un copyleft pour protéger les semences et les gènes, qui font eux-aussi l’objet de tentatives gravissimes d’appropriation.

Ce serait alors faire évoluer le domaine public vers un domaine commun.

PS : sur Internet Archive, on trouve la première édition du Magicien d’Oz, superbement illustrée et diffusée dans le respect son appartenance au domaine public. Merci @PoivertGBF pour me l’avoir signalée !

>>> Source : http://scinfolex.wordpress.com/2013/03/17/le-monde-dystopique-doz-ou-les-avanies-du-domaine-public-sans-copyleft/

>>> Licence : Domaine Public