July 14th, 2012, the Emmabuntüs 2 make his Free revolution/fr

Le 14 juillet 2012, l’Emmabuntüs 2fait sa révolution du Libre 😉

Le Collectif Emmabuntüs est heureux d’annoncer la sortie le 14 juillet 2012, de la première version stable d’Emmabuntüs 2 1.00 basée sur une Xubuntu 12.04. Cette distribution a été conçue pour faciliter le reconditionnement des ordinateurs donnés aux associations humanitaires, en particulier les communautés Emmaüs (d’où son nom) et favoriser la découverte de Linux and GNU par les débutants. Cette Millième distribution Linux se veut épurée, accessible, équitable.

Pour cette version, les changements suivants ont été apportés :

  • Prise en charge de 7 langues grâce à Cairo-dock (En, Fr, Es, Ar, De, It, Pt) complétée de 3 niveaux de dock par langue (expérimentés, débutants, enfants) avec basculement en un clic

 

 

  • Nouveau script d’installation simple des polices (fontes) Calibri pour une meilleure interopérabilité avec certaines suites bureautiques ;-)

 

  • Meilleure prise en charge des vidéos avec 2 versions du lecteur Flash installable ou pas 😉

 

  • Meilleure intégration des données de culture Libre, avec la possibilité d’ajouter celle-ci à la fin de l’installation. D’ailleurs nous allons mettre en pratique cette fonctionnalité pour proposer une clé dénommée la « VRP du Libre » à partir de ce mois-ci sur le site de Multisystem, contenant une bibliothèque de 300 livres numériques (eBook) provenant du site, 13 albums de musique Libre provenant du site de Jamendo, et 3 versions de Wikipédia (En, Fr, Es), le tout sur une clé USB de 16 Go haut de gamme de chez Transcend

 

Ajout des logiciels suivants par rapport à la version Emmabuntüs 10.04 :

  • Communication : Filtres de contrôle parental (Blocksi) et anti tracking (Ghostery) dans les navigateurs, et intégration d’outils de partage de fichiers comme UbuntuOne, Dropbox, etc.
  • Bureautique : Calibre, Extension de grammaire « Language Tool » incluse dans LibreOffice
  • Audio : Easytag, Sound Juicer, Sound Converter, Pulseaudio-equalizer
  • Vidéo : Smplayer, Openshot, WinFF
  • Photo : Pinta, Gimp
  • Utilitaires : BleachBit, Déja Dump, TeamViewer, Gufw, MintNanny, Xl-wallpaper, Flash-Mint

Cette version sera disponible le 14 juillet 2012, depuis notre page d’accueil : emmabuntus.org, mais aussi à partir de Freetorrent.fr
Voici quelques liens pour installer et utiliser cette distribution :

 

Si vous avez des soucis ou des remarques,Vous pouvez nous contacter sur contact 

>>> Version de cet article au format ODT et PDF

>>> Source  sur : http://sourceforge.net/apps/mediawiki/emmubuntu/index.php?title=July_14th,_2012,_the_Emmabunt%C3%BCs_2_make_his_Free_revolution/fr

Merci Patrick pour m’avoir communiqué le lien par courriel

Un monde sans copyright… et sans monopole

Je vous invite à lire le livre Un monde sans copyright… et sans monopole publié par Framabook et dont voici l’introduction :

Le droit d’auteur confère aux auteurs le contrôle exclusif sur l’exploitation d’un grand nombre de créations artistiques. Souvent, ce ne sont pas les auteurs qui détiennent ces droits, mais de gigantesques entreprises à but culturel. Elles ne gèrent pas seulement la production, mais aussi la distribution et le marketing d’une vaste proportion de films, musiques, pièces de théâtre, feuilletons, créations issues des arts visuels et du design. Cela leur donne une grande marge de manœuvre pour décider de ce que l’on voit, entend ou lit, dans quel cadre, et, par-dessus tout, de ce que l’on ne peut pas voir, lire ou entendre.
Naturellement, les choses pourraient atteindre un stade où la numérisation permettra de réorganiser ce paysage hautement contrôlé et sur-financé. Cependant, on ne peut en être sûr. Partout dans le monde, la quantité d’argent investi dans les industries du divertissement est phénoménale. La culture est le nec plus ultra pour faire du profit. Il n’y a pas de raison d’espérer, pour le moment, un quelconque renoncement à la domination du marché de la part des géants culturels, que ce soit dans le vieux monde matériel ou dans le monde numérique.

Nous devons trouver le bon bouton pour sonner l’alerte. Lorsqu’un nombre limité de conglomérats contrôle la majorité de notre espace de communication culturelle, cela a de quoi ébranler la démocratie.
La liberté de communiquer pour tous et les droits de chacun à participer à la vie culturelle de sa société, comme le promeut la Déclaration universelle des droits de l’homme, peuvent se trouver dilués au seul profit de quelques dirigeants d’entreprises ou d’investisseurs et les programmes idéologiques et économiques qu’ils mettent en œuvre.
Nous sommes convaincus que ce choix n’est pas une fatalité. Néanmoins, s’il est possible de créer un terrain commun, le droit d’auteur présente selon nous un obstacle. Corrélativement, nous avons remarqué que les bestsellers, blockbusters et stars des grosses entreprises culturelles ont un effet défavorable. Ils dominent le marché à un tel point qu’il y a peu de place pour les œuvres de nombreux autres artistes poussés à la marge, là où il est difficile pour le public de découvrir leur existence.
Dans le premier chapitre, nous analyserons les inconvénients du droit d’auteur qui rendent illusoire l’idée d’y placer davantage d’espérances. Comme nous ne sommes pas les seuls à être conscients que cet instrument est devenu problématique, nous consacrerons le second chapitre aux mouvements qui tentent de remettre le droit d’auteur sur la bonne voie.

Or, bien que nous soyons impressionnés par les arguments et les efforts de ceux qui essayent de trouver une alternative, nous sentons qu’une approche plus fondamentale, plus
radicale, nous aidera plus tard, au XXIe siècle. C’est ce que nous exposerons dans le chapitre 3. Nous nous efforcerons alors de créer un terrain commun pour les très nombreux entrepreneurs du monde culturel, y compris les artistes. En effet, d’après notre analyse, il n’y a plus aucune place sur ce terrain de jeu ni pour le droit d’auteur ni pour les entreprises qui dominent d’une manière ou d’une autre les marchés culturels.

Voici nos prévisions :

– Sans la protection de l’investissement du droit d’auteur, il ne sera plus rentable de faire de gigantesques dépenses dans les blockbusters, les bestsellers et les vedettes. Ils ne seront alors plus en mesure de dominer les marchés.

– Les conditions du marché qui permettent l’apport financier à destination de la production, de la distribution ou du marketing, n’existeront plus. Le droit de la concurrence et la régulation de la propriété sont des outils exceptionnels pour niveler les marchés.


– Dès lors, notre héritage passé et présent d’expression culturelle, les biens communs de la créativité artistique et de la connaissance, ne seront plus privatisés.


Le marché sera alors tellement ouvert que de très nombreux artistes, sans être dérangés par les « géants » du monde culturel, seront capables de communiquer avec le public et de vendre plus facilement leurs œuvres. Dans le même temps, ce public ne sera plus saturé de marketing et sera capable de suivre ses propres goûts, de faire des choix culturels dans une plus grande liberté. Ainsi, par de courtes études de cas, le chapitre 4 montrera comment nos propositions peuvent réussir.
Nous sommes conscients de proposer là d’importants bouleversements. Parfois, cette pensée a de quoi rendre nerveux. Nous voulons diviser les flux financiers des segments majeurs de nos économies nationales et de l’économie globale — ce que sont les secteurs culturels — en portions bien plus petites. Cela impliquera une restructuration du capital d’une portée incommensurable et quasiment sans précédent. En conséquence, les industries culturelles, dans lesquelles les chiffres d’affaires atteignent des milliards de dollars, seront totalement bouleversées. Nous n’avons guère de prédécesseurs ayant visé aussi systématiquement à construire des conditions de marché totalement novatrices pour le champ culturel, ou du moins à poser les fondations théoriques de cette construction.

Sans vouloir nous comparer à lui, c’est un réconfort pour nous de savoir que Franklin D. Roosevelt n’était pas conscient lui non plus de ce qu’il faisait en lançant son New Deal. Et pourtant il l’a fait, et démontré qu’il était possible de réformer fondamentalement les conditions économiques.
Cela nous donne l’audace et le cran d’offrir notre analyse et nos propositions à la discussion et à l’élaboration ultérieures. Aussi, nous fûmes agréablement surpris de lire dans le New York Times, le 6 juin 2008, les propos de Paul Krugman, Prix Nobel d’économie :

« Octet par octet, tout ce qui peut être numérisé sera numérisé,

rendant la propriété intellectuelle toujours plus facile à copier

et toujours plus difficile à vendre au-delà d’un prix symbolique.

Et nous devrons trouver les modèles d’entreprises

et les modèles économiques qui prennent cette réalité en compte. »


Élaborer et proposer ces nouveaux modèles d’entreprise et d’économie est précisément ce que nous faisons dans ce livre.
Vous pouvez voir, d’après le résumé des chapitres, que ceci n’est pas un livre sur l’histoire du droit d’auteur ou sur son fonctionnement actuel. Beaucoup d’excellentes publications, desquelles nous nous sentons redevables, peuvent être consultées sur ces sujets.


Pour une présentation sommaire des principes basiques du droit d’auteur et des controverses qui l’entourent, vous pouvez aussi vous reporter, par exemple, à la page Wikipédia consacrée à ce sujet.
Nous n’avons pas orienté notre travail vers la création d’inutiles catégories comme le pessimisme ou l’optimisme culturel. Notre force motrice est un réalisme terre-à-terre ; si le droit d’auteur et le marché existants ne peuvent être justifiés, nous ressentons le devoir de nous demander que faire à ce sujet.
La distinction entre les prétendus arts majeurs et arts mineurs, ou entre les cultures élitistes, de masse, ou populaires, n’est pas non plus ce qui nous intéresse. Un film est un film, un livre est un livre, un concert est un concert, et ainsi de suite. Le cœur du sujet est
donc de savoir quelles sont les conditions — bonnes, mauvaises ou pires — pour la production, la distribution, la commercialisation et la réception de tout cela et, par conséquent, quel genre d’influence ces œuvres ont sur nous de façons individuelle et collective ?

Certes, de nombreuses controverses sont prévisibles : quel artiste doit être élevé au rang de célébrité, par qui, pourquoi, et dans l’intérêt de qui ? Et qui va échouer, ou être mis aux fers pour ce qu’il ou elle a créé ? Notre objectif dans cette étude est de mettre en évidence le
fait qu’une réelle diversité et, par conséquent, une pluralité dans les formes d’expression artistique peuvent avoir une raison d’être — et que les conditions économiques peuvent être créées pour en faciliter l’expansion.

En fait, nous utilisons la notion de droit d’auteur pour couvrir deux concepts qui se différencient : le droit de copier n’est pas la même chose qu’un droit établi pour défendre les intérêts des artistes — ou auteurs, tels qu’ils sont collectivement appelés dans l’expression française de « droit d’auteur ». Dans la loi et l’usage international, cependant, les deux concepts ont été fusionnés dans un terme anglais : « copyright ». Toutes les différences résiduelles entre les deux appellations sont hors sujet pour notre propos, puisque nous demandons, en fin de compte, l’abolition du droit d’auteur. Aussi, lorsque nous parlerons d’« œuvre » dans les chapitres suivants, nous regrouperons sous cette dénomination tous types de musiques, films, arts visuels, design, livres, pièces de théâtre et de danse.
Les transformations néolibérales des dernières décennies, comme par exemple celles décrites par Naomi Klein dans La Stratégie du Choc, ont également eu des implications pour la communication culturelle. Nous sommes de moins en moins habilités à structurer et organiser les marchés culturels de telle sorte que la diversité des formes d’expression puisse jouer un rôle significatif dans la conscience de beaucoup, beaucoup de gens.
Les expressions culturelles sont les éléments essentiels de la formation de nos identités personnelles et sociales. Des aspects aussi cruciaux de notre vie ne devraient pas être contrôlés par un petit nombre de propriétaires. Or, ce contrôle est exactement celui exercé sur le contenu de notre communication culturelle via la possession de millions d’œuvres sous droit d’auteur.
Des milliers et des milliers d’artistes travaillent dans cette zone sous tension — le champ de la création artistique et des spectacles — et produisent d’énormes quantités et variétés de créations artistiques, jour après jour. Voilà une bonne nouvelle, que nous ne devrions pas perdre de vue.

La triste réalité, cependant, c’est qu’en raison de la domination du marché par les entreprises culturelles dominantes et leurs produits, la diversité culturelle invisible existante
est pratiquement balayée hors de la scène publique et reste donc largement ignorée.
Le domaine public, dans lequel les expressions culturelles peuvent être réévaluées, doit être restauré. Cela nécessite davantage qu’une critique générale du statu-quo culturel. Ce que nous proposons par conséquent, dans cet ouvrage, est une stratégie pour mener le changement. Nous estimons qu’il est possible de créer des marchés culturels de telle sorte que la propriété des moyens de production et de distribution passe aux mains d’un très grand nombre d’individus.

Dans cette hypothèse, personne, si l’on suit notre raisonnement, n’aura la possibilité, à travers la détention et le monopole de droits d’auteur exclusifs, de contrôler à un degré significatif le contenu et l’utilisation des formes d’expression. En créant des marchés culturels réalistes pour une profusion d’expressions artistiques diverses, nous nous rendons à nous-mêmes, en tant qu’individus, le pouvoir de maîtriser notre vie culturelle. Les marchés de la culture doivent être inclus dans le champ plus vaste de nos interrelations sociales, politiques et culturelles.
En raison de la crise financière qui s’est imposée en 2008, une idée est revenue dans le débat, selon laquelle il faudrait réguler les marchés de telle sorte que non seulement les forces financières puissent faire du profit, mais aussi que beaucoup d’autres intérêts soient également pris en considération. Nous avons déjà une aide précieuse : la boîte à outils juridique qui concerne la régulation de la concurrence, l’ensemble de l’arsenal antitrust, qui garantit qu’aucun acteur du marché n’est en position dominante. Nous reviendrons sur ces dispositions dans le troisième chapitre.
Le sujet principal de ce livre, quoi qu’il en soit, c’est le droit d’auteur. Pourquoi ? Parce qu’il a une grande charge émotionnelle et qu’on lui confère la lourde mission d’être l’expression de notre civilisation : nous prenons grand soin de nos artistes et leur garantissons le respect de leur travail. Il faut cependant expliquer pourquoi le droit d’auteur échoue à combler ces espérances. Or, il est moins compliqué d’expliquer que le marché peut être organisé d’une toute autre façon, par la mise en œuvre d’une régulation de la concurrence.
Le seul point important est le travail colossal qu’il reste à faire pour mener à bien cette restructuration fondamentale des marchés culturels… Et le droit d’auteur est déjà sur une pente glissante.
On pourrait se demander pourquoi nous avons mené cette recherche, nageant à contre-courant du néolibéralisme.

Notre première raison est à la fois culturelle, sociale et politique. Le domaine public de la créativité artistique et de la connaissance doit être sauvé et de nombreux artistes, leurs producteurs et leurs mécènes, doivent être capables de communiquer avec beaucoup de publics différents pour pouvoir vendre leur travail sans difficulté.

La deuxième raison pour laquelle nous pensons que nous ne nous plaçons pas en dehors de la réalité avec notre analyse et nos propositions, c’est l’histoire. Celle-ci nous enseigne que les structures de pouvoir et les nébuleuses du marché changent sans cesse. Pourquoi cela ne devrait-il pas se produire avec le sujet qui nous concerne ici ?

Troisièmement, nous tirons un certain optimisme de ce que peut produire la crise financière et économique qui a éclaté en 2008. Ce fut l’année dans laquelle l’échec du néolibéralisme devint horriblement visible. S’il y a bien une chose qui est apparue comme évidente, c’est que les marchés — même culturels — nécessitent une totale réorganisation, en ayant à l’esprit un bien plus vaste champ, celui qui mêle les intérêts sociaux, écologiques, culturels, socio et macroéconomiques.


Notre motivation, en définitive, est très simple : la nécessité de le faire. C’est notre devoir d’universitaires qui nous y contraint. Il est flagrant que l’ancien paradigme du droit d’auteur est en train de se désagréger. Notre défi, en tant qu’intellectuels, est par conséquent de trouver un mécanisme qui remplace le droit d’auteur et l’hégémonie qu’il implique sur les marchés culturels. Quel système est-il alors le mieux à même de servir les intérêts d’un grand nombre d’artistes, ainsi que ceux des biens communs de la création et des connaissances ? Une tâche aussi immense incite nos collègues du monde entier à nous aider à trouver de quoi progresser davantage en ce XXIe siècle. Il y a énormément à faire, y compris pour mettre au point les modèles que nous proposons au chapitre 4. Avec un peu
de chance, cette recherche peut être menée avec légèrement plus de moyens que ceux dont nous disposions auparavant. Après tout, il est question de l’entière restructuration des segments du marché de la culture dans notre société, ce qui représente, à l’échelle mondiale, un flux qui se mesure en milliards d’euros.
Nous avons eu le privilège d’apprécier les commentaires critiques et parfois le scepticisme d’un certain nombre de nos amis et collègues (universitaires) qui, malgré tout, nous ont encouragés à continuer. Nous voudrions mentionner Kiki Amsberg, Maarten Asscher, Steven Brakman, Jan Brinkhof, Jaap van Beusekom, Eelco Ferwerda, Paul de Grauwe, Pursey Heugens, Dragan Klaic, Rick van der Ploeg, Helle Posdam, Kees Ryninks, Ruth Towse, David Vaver, Annelys De Vet, Frans Westra, Nachoem Wijnberg, les membres du groupe de recherche CopySouth, dirigé par Alan Story, et les participants du AHRC Copyright Research Network à la Birkbeck School of Law, l’Université de Londres, présidée par Fiona Mac-millan. Merci à Rustom Bharucha, Nirav Christophe, Christophe Germann, Willem Grosheide, Jaap Klazema, Geert Lovink, Kees de Vey Mestdagh et Karel van Wolferen. Ils ont lu le manuscrit complet et signalé chaque divergence rencontrée dans nos investigations. 
Joost Smiers a été invité à de nombreuses conférences dans le monde pour intervenir sur le sujet de notre étude. Les réactions recueillies nous ont donné l’occasion exceptionnelle d’affiner nos analyses et propositions.

Un grand merci à tous ceux qui nous ont aidés à garder le cap dans notre recherche. Après tout, ce que nous sommes en train d’effectuer est un saut délibéré dans l’inconnu. La façon dont les marchés se développent est imprévisible, même si les propositions que nous faisons sont mises en œuvre. Avec un tel degré d’incertitude, il n’est pas étonnant que certains de ceux qui ont commenté nos analyses ne les partagent pas. Nous leur sommes donc très reconnaissants pour leur appui sincère et leurs commentaires critiques.
Nous adressons enfin un remerciement particulier à Giep Hagoort, un collègue de Joost Smiers, depuis à peu près un quart de siècle, au sein de l’Art & Economics Research Group à l’Utrecht School of the Arts. Sa passion et sa ligne de conduite ont toujours été d’enseigner aux entrepreneurs comment allier l’art et l’économie. Ce n’est donc pas par hasard si la notion d’entreprise culturelle joue un rôle important dans notre livre. De toute évidence, ces entrepreneurs culturels, qu’ils soient artistes, producteurs ou clients, doivent avoir la possibilité d’opérer dans un marché qui offre des conditions égales pour tous. L’objectif de cette étude est précisément de trouver les moyens d’y parvenir.

>>> Source sur : http://framabook.org/

>>> Publié sous licence Creative Commons — Zéro (CC0) 1.0

Richard Stallman s’exprime sur l’escroquerie des Ayants-Droit d’HADOPI

Richard Stallman, RMS pour les intimes, qui est l’inventeur de GNU – logiciel libre, s’exprime à propos de la HADOPI en France et du système actuel des ayants-droit comme d’une escroquerie. « Les Ayants-droit sont une entreprise et pas des artistes ». Pascal Nègre, si tu nous écoutes… Difficile, en tout cas, de ne pas lui donner raison, tant le modèle économique des éditeurs de contenus « artistiques » n’est plus adapté à l’heure d’Internet. Alors, lorsqu’un militant duCopyleft s’exprime, c’est tout le poids du monde citoyen qui le suit.

Mais, là où je suis impressionné, c’est sur la solution de légalisation du partage qu’il préconise pour rémunérer les créateurs – plus que les ayants-droits. Une solution quasi identique à celle que j’avais aussi émise, il y a quelques années, et que visiblement je n’étais pas le seul à avoir. une solution à n’en pas douter une seule seconde qui ne trouvera jamais sa concrétisation, même avec François Hollande, l’actuel président de la République Française. Les lobbies sont bien trop puissants pour se laisser faire, et le courage Politique n’est pas de ce monde – à sa charge de me faire mentir.

Personnellement, et je peux me tromper ; la seule chose que je vois pour remplacer la HADOPI, c’est une taxe – sans aucune contrepartie – sur les FAI pour soi-disant financer la création.

Je ne savais pas qu’il avait un aussi bel accent français ; quel Grand Homme.

http://www.dailymotion.com/swf/xrtt4z_richard-stallman-le-pape-du-logiciel-libre-conseille-hollande-sur-hadopi_news

>>> Source sur : http://neosting.net/video/richard-stallman-sexprime-sur-le-systeme-hadopi.html

Pourquoi les pirates doivent défendre le revenu de base

Pourquoi les pirates doivent défendre le revenu de base

Le revenu de base est une solution économique qui va de pair avec la philosophie de la culture libre, et constitue une solide réponse face au contexte économique. S’ils veulent être crédibles et cohérents, les pirates ont donc tout intérêt à défendre haut et fort cette proposition.

parti-pirate-france

Les pirates le savent mieux quiconque: le monde est en train de changer, et l’économie n’en sortira pas indemne. Plus que d’une « nouvelle économie », nous assistons à l’émergence d’une « deuxième économie » dont les règles semblent échapper totalement au cadre fixés par l’économie officielle.

Si le numérique pouvait vraiment créer la croissance de demain et l’emploi, depuis vingt ans que le secteur émerge, cela se serait vu. Si vraiment l’open-source était compatible avec l’économie classique, alors les monopoles de facebook, google and co ne seraient pas un problème pour nos libertés. Mais ce n’est pas le cas, dont acte.

Tandis que les économistes officiels sont incapables de sauver l’économie, et si c’était au tour des pirates de faire valoir leurs arguments ?

C’est un peu l’avis de Rick Falkvinge (fondateur du parti pirate suédois) à propos de la « Swarm economy » (l’économie de l’essaim) :

Parce que les pirates sont ceux qui ont le plus d’expérience de participation au changement de notre civilisation industrielle, les partis pirates sont dans une position unique pour prendre en main l’adaptation de nos politiques à cette nouvelle réalité.

Et comme par hasard, Falkvinge cite plus loin le revenu de base inconditionnel comme l’une des solutions (je traduis aussi le passage précédent, pour le plaisir des yeux) :

il est important que cela ne soit pas un débat gauche-droite : cela n’a rien à voir avec le socialisme ou les politiques libérales. Il s’agit plutôt d’une observation que la société industrielle qui a définit ces idéologies est en train de cesser d’exister, et que quelque chose d’autre les remplacent.

Un des modèles pour l’économie de l’essaim (« swarm economy ») pourrait être de verser un revenu de base inconditionnel à chaque citoyen. Cela résoudrait de nombreux problèmes comme celui de la loi d’Airain des salaires et encouragerait le travail non payé et pourtant fondamental pour l’industrie.

Il y a de nombreux autres arguments conduisant à la nécessité du revenu de base comme socle d’un nouveau pacte social. Citons par exemple :

  • Simplification, transparence et meilleure lisibilité du modèle fiscalo-social
  • Désamorçage du problème de la trappe à pauvreté (manque d’incitation à travailler à cause des aides existantes)
  • Subvention des productions culturelles et non-marchandes
  • Sécurisation des parcours personnels
  • Abolition de l’extrème misère
  • [pour plus de détails : clic clic clic clic clic]

Précisons d’ailleurs que l’idée fait déjà partie des “mesures compatibles” du parti pirate, et que certains équipages régionaux l’ont officiellement intégré dans leur programme officiel. Le flibustier allemand, lui aussi, a officiellement adopté cette mesure (même s’il faut relativiser cette décision, qui est loin d’avoir fait l’unanimité parmi les corsaires teutons…).

Mais au delà de tous les arguments “de bon sens », il y a peut être quelque chose de plus puissant encore dans l’idée du revenu de base : le fait que cette idée est en parfaite cohérence avec la philosophie de la culture libre. Et c’est bien pourquoi cette idée mériterait de retenir tout particulièrement l’attention des pirates.

Des creative commons à l’économie

Le fondement philosophique qui justifie l’idée que les oeuvres devraient être réutilisables et partageables, c’est entre autre que la création même de ces oeuvres repose sur d’autres créations antérieures relevant souvent du domaine public ou simplement d’influences d’autres artistes. De fait, les protections actuelles que confèrent la propriété intellectuelle constituent en réalité un droit illimité d’exploitation mercantile de toute un champ de ressources relevant du domaine public et d’autres oeuvres non rémunérées. Le système profite ainsi à une minorité tandis que la majorité des auteurs sont oubliés.

Le revenu de base part du même principe : aucun entrepreneur ne peut prétendre créer de valeur tout seul dans son coin. En vérité, tout ce qu’une entreprise ou un individu crée, il le fait en se reposant sur des productions antécédentes ou parallèles qu’il exploite souvent gratuitement.

Par exemple, toutes les entreprises qui utilisent internet aujourd’hui (c’est à dire quasi toutes) ne sont pour la plupart pas spécialement redevable de l’existence même de ce réseau. Elles exploitent ainsi des technologies et des infrastructures qui appartiennent à la collectivité sans rémunérer ceux qui ont oeuvré à les construire.

Certes, il est impossible de rémunérer à leur juste valeur les contributions de la communauté open-source, qui n’en demandent d’ailleurs pas tant. D’autant que la contribution du logiciel libre est très difficilement mesurable dans le PIB. Cette situation est donc compréhensible, mais elle n’est pas juste pour autant : du travail gratuit des richesses collectives sont abondamment exploité pour créer des richesses privées.

Le revenu de base permet de régler le problème en rémunérant par défaut chaque citoyen pour sa part de création de valeur libre ainsi que pour la part d’héritage qui lui revient de la richesse commune qui n’appartient à personne – si ce n’est un peu à tout le monde.

C’est donc une mesure qui force d’une certaine manière les citoyens à se reconnaitre mutuellement comme créateurs de valeur.  Par analogie, défendre le revenu de base, c’est (un peu) comme défendre le logiciel libre : c’est donner l’opportunité à l’autre de créer de la valeur (= accepter que quelqu’un modifie son code), et c’est reconnaitre que la contribution libre d’autrui constitue une vraie valeur économique même si l’on est incapable de la mesurer.

Hackons l’économie !

Quelles sont les mesures du parti pirate contre le chômage ? Comment les pirates comptent-ils relancer l’économie ? Quelle réforme fiscale les pirates mettraient-ils en oeuvre s’ils étaient élus ? Comment faire face à la crise de la dette ?

C’est face à ces questions que le parti pirate a aujourd’hui un problème. Ses revendications majeures concernent la propriété intellectuelle et les libertés fondamentales, qui sont des thématiques importantes et justes. Néanmoins, les pirates ne peuvent pas faire l’impasse sur l’économie. Il leur faut des réponses crédibles et cohérentes sur tous ces sujets s’ils veulent dépasser leur image de « petit groupe de sympathiques geeks qui s’amusent dans des garages ».

Evidemment, je vois le revenu de base comme une pierre de voute d’une telle démarche. Car le revenu de base n’est pas une mesure de plus, mais un levier de changement vers un nouveau projet de société. Si les pirates l’adoptaient officiellement dans leurs revendications majeures, cela leur permettrait ainsi d’écarter d’entrée de jeu toutes les mesurettes économiques et faux débats économiques sur lesquels les pirates n’ont pas grand chose à dire (mais beaucoup de temps et de crédibilité à perdre). Et d’y opposer une réponse radicale, juste, et cohérente.

N’est-ce pas d’ailleurs cela que l’on attend de nous ? Alors à l’abordage !?


>>> Illustration CC Paternité zigazou76 PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales ani!

>>> Source sur : http://www.tetedequenelle.fr/2012/06/parti-pirate-revenu-de-base/

 

La fin de Mozzilla Thunderbird ?

La nouvelle vient de tomber il y a quelques jours : mon flux RSS a vu passer quelques articles qui m’ont font sursauter. D’abord, j’ai vu ce post de Mike Conley, développeur chez Mozilla, No, that’s not it for Thunderbird. Apparemment des gens auraient mal compris une annonce au sujet de Thunderbird, je n’y prête pas plus attention que ça… Puis je vois un article chez Crowd42 Mozilla va arrêter le développement de Thunderbird. Woholaa manneke ! Article repris par m0le Thunderbird ne sera plus (retiré, a publié un erratum après discussion). Et puis le coup de grâce fut l’article de Denis Szalkowski L’arrêt de Thunderbird enfonce la crédibilité de l’Open Source ! (nuancé au conditionnel après discussion également) qui dit carrément que, je cite, « Linux n’est pas adapté pour la station de travail ». Bam !

Mozilla prévoit de missionner les développeurs de sa fondation, en activité sur son logiciel phare Thunderbird, sur d’autres projets. On imagine aisément que sa branche mobile avec Firefox OS risque de faire bouger d’autres lignes.

Ainsi, le client email mondialement connu et utilisé notamment par défaut dans Ubuntu ne sera plus une priorité pour la fondation, qui se contentera tout de même de s’occuper de sa stabilité et de sa sécurité. Le développement n’est donc pas totalement arrêté, mais les nouvelles fonctionnalités risquent bien de se faire attendre longtemps.

J’étais convaincu que Canonical et Gnome avaient le monopole des décisions incompréhensibles. Et bien non, apparemment, Mozilla tient aussi à avoir sa place dans le podium. En effet cette dernière vient d’annoncer que la prochaine version de son client de messagerie Thunderbird sera la dernière, après il arrêtera son développement.

Seules les mises à jour de sécurité continueront à être publié. Le développement ne sera pas arrêté mais va se focaliser sur la sécurité et stabilité. Pas encore clair mais le staff risque de diminuer un peu après réattributions à d’autres projets.

Quand j’ai lu la nouvelle la première fois, j’ai cru que c’était une mauvaise blague, il m’aura fallu chercher plusieurs sources pour le croire. La raison derrière cette décision ? Pour Mozilla, la majorité des utilisateurs se contentent des fonctionnalités basiques de Thunderbird (envoyer/recevoir des mails), et que les interfaces Web (gmail & co) ont tué les clients desktop.

Une fois la consternation passée, c’est maintenant la colère qui me submerge !

Pendant des années, j’ai amené de nombreuses personnes à préférer Thunderbird à Outlook et Outlook Express devenu Windows Mail sous Vista et Windows Live Mail sous Seven.

La décision de l’arrêt stupide du développement de Thunderbird ne doit pas vous dégoûter du logiciel libre et de l’Open Source pour autant. Les alternatives Open Source à Thunderbird existent … et la communauté peut reprendre le flambeau pour le côté innovant, en le forkant  (un terme qui signifie reprendre le code d’un logiciel libre à un certain stade, pour créer une nouvelle branche).

En réaction aux rumeurs qui grossissaient, Mitchell Baker, la chair de Mozilla Foundation, publie un article Thunderbird: Stability and Community Innovation. Dans cet article, elle explique que les utilisateurs de thunderbird sont globalement content de l’état actuel du logiciel. Et c’est vrai, il fonctionne bien, il gère bien les mails, il peut être étendu facilement par des addons, quoi de plus ? Son point est donc que la priorité n’est plus d’ajouter des nouvelles fonctionnalités mais de maintenir, stabiliser et sécuriser le client mail. Et c’est très bien, si Thunderbird devient un logiciel sans bug, qui fait très bien son boulot (gérer les emails, pas plus), je signe. La course aux nouvelles fonctionnalités c’est très gadget, juste histoire de montrer qu’on existe toujours et pas forcément essentiel. Les dernières en date ? La création de compte emails depuis l’interface et l’intégration de services tiers pour les grosses pièces jointes. Mouai pas mal mais pas forcement les choses qui vont changer la vie des utilisateurs. Sans doute que le client mail n’est pas, comme le navigateur, un logiciel qui a besoin sans cesse de nouvelles fonctionnalités et de grappiller des microsecondes de vitesse.

C’est une question de point de vue, ou bien on dit que les fonctionnalités ne sont plus une priorité ou bien on dit que la stabilité est la nouvelle priorité. Verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Dans l’article, elle donne également le lien vers une page du wiki MozillaThunderbird/Proposal: New Release and Governance Model. Dans cette page on note que Thunderbird est utilisé par 20 millions de personnes (on arrête pas le développement d’un logiciel utilisé par 20 millions de personnes, sont pas con non plus), que les deux versions ESR (pour entreprises) et « normale » vont continuer leur rythme de release habituel (20 novembre pour la première, toutes les six semaines pour la deuxième) et que le modèle de fonctionnement actuel ne va pas changer globalement.

Pour en rajouter une couche, on a le témoignage de deux développeurs de Thunderbird (des gens qui savent ce qu’ils disent en gros). Mike Conley avec No, that’s not it for Thunderbird et Ludovic Hirlimann avec Thunderbird’s future from the inside qui disent que ça ne risque pas de changer grand chose pour l’utilisateur avant au moins la version 17.

Je ne sais pas vous, mais je pense qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour notre client mail favori. Le seul point qui m’ennuie est que j’aurais bien aimé voir Lightning (agenda) intégré officiellement et Mike Conley avait comme projet de retravailler le carnet d’adresse. Bon c’est pas la fin du monde et les addons existent toujours et ne risquent pas de disparaître, même si Mozilla ne touchait plus à une ligne de code de Thunderbird (ce qui, je le répète, n’est pas prêt d’être le cas).

Rater deux jours de web c’est comme rater six mois d’actualité, il se passe des choses abracadabrantesques, l’arrêt du développement de Thunderbird en fait partie. Sauf qu’après décryptage de l’information, on se rend compte que Thunderbird n’est pas mort mais qu’on lève le pied sur les nouveautés, pour se focaliser sur la stabilité et la sécurité, car en fait pour un peu grossir le trait, Thunderbird est tellement formidable qu’après 600 réunions de brainstorming on ne sait plus quoi ajouter.

Cette annonce pour moi c’est tout simplement la prémisse de la mort à plus ou moins long terme : L’argument de la qualité de Thunderbird, d’un Thunderbird au top me fait doucement sourire, il faut un sacré culot pour annoncer que son logiciel est terminé, sauf peut être pour une technologie dépassée et encore.

A l’heure actuelle en 2012, si Mozilla venait à se désengager de sa solution de messagerie, il jetterait en pâture des millions de personnes aux services propriétaires, on serait alors en droit de se demander si la fondation Mozilla reste une institution libre ou si elle devient une entreprise à la Google qui tranche dans les services quand ils ne sont plus assez rentables.

Le future nous en dira plus.

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