Stellarium | Votre planétarium à domicile, disponible en version 0.11.3

 

Stellarium est un logiciel libre multiplate-formes et gratuit, qui permet d’afficher une vue du ciel en 3D comme si vous y étiez. C’est un peu votre planétarium à domicile et de mon point de vue une des plus belles applications du monde « libre ».
Il possède un catalogue de base de plus de 600 000 étoiles auquel vous pouvez ajouter des catalogues supplémentaires avec selon leur site, 210 millions d’étoiles au total.


Les fonctionnalités de ce logiciel sont très nombreuses (trop pour toutes les citer ici) et vraiment très impressionnantes. Je vous laisse un lien en Français vers le site officiel, où vous pourrez vous en rendre compte par vous même.

Le bel animal vient d’être mis à jour et passe en version 0.11.3. Cette nouvelle corrige une trentaine de bugs et apporte quelques modifications (mineures) au niveau de l’interface. Le détail complet des changements est disponible via le site officiel (voir lien ci-dessus) .

>>> Source & Suite sur : http://la-vache-libre.blogspot.fr/2012/07/stellarium-votre-planetarium-domicile.html

La monnaie est le code privateur de l’économie

La monnaie est le code privateur de l’économie

Imaginez que l’on confie le protocole TCP/IP à Orange et que ce dernier facture chaque octet qui passe sur le réseau. Vous y êtes ? Vous avez maintenant une idée de ce à quoi ressemble le système monétaire : un immense bien commun confié aux intérêts d’une minorité bien organisée.

jail-monopoly

La victoire des activistes de l’internet ouvert contre ACTA au parlement européen montre bien que l’on peut mobiliser des foules lorsqu’il s’agit de protéger un bien commun. Et pour cause, un internet non ouvert n’a aucun sens. Pour le vérifier, faisons donc l’exercice : imaginez quelques secondes si le minitel 2.0 était la réalité d’aujourd’hui… Que se passerait-il ?

J’ai dans ma tête une vision d’horreur où Orange nous facturerait chaque octet transmis au réseau.

Du coup, chacun chercherait à facturer aux autres tout et n’importe quoi afin d’alléger sa propre facture, étouffant ainsi naturellement le développement de toute sphère non marchande, et favorisant au contraire une logique de rivalité plutôt que de coopération.

Personne ne contribuerait sur wikipédia puisque cela lui couterait cher. Ou alors, il faudrait un wikipédia privé, qui rémunérerait les contributeurs pour les rembourser de leurs frais de connexion. Mais bon, du coup ça ne serait plus vraiment wikipédia n’est-ce pas ?

Les blogueurs, eux aussi, existeraient certes toujours. Mais ils passeraient alors plus de temps à optimiser leurs bannières publicitaires où à écrire des billets sponsorisés plutôt qu’à diffuser leurs idées. Sauf bien sûr les blogueurs dont la situation financière permettrait aisément de se consacrer à leur véritable passion. Bref, du coup la blogosphère ne serait pas vraiment la même que celle que l’on connait aujourd’hui.

Quant à Facebook ? Cela n’existerait pas : trop cher pour les utilisateurs. Du coup, les gens ne seraient pas plus connectés qu’avant. Ou alors, peut être que cela existerait mais alors au prix d’une exploitation encore plus scandaleuse de nos données personnelles. Par exemple, facebook nous rembourserait nos frais de connexion au prorata de la quantité de données privées que nous donnerions à facebook (ou à ses entreprises clientes).

Bref, voyez ce que je veux dire ? Et bien la vraie vie dans cette foutue économie, c’est à peu près pareil.

Comment la monnaie nuit à la coopération

En effet, comme 97% de l’argent est en vérité de la dette (lire ce post pour plus d’explications), cela signifie que chaque centime d’euro est soumis au paiement d’un intérêt, à l’image des octets fictivement facturés par Orange.

Concrètement, l’argent que vous touchez d’un salaire ou d’une pension provient en amont d’une dette de l’entreprise qui vous salarie  envers sa banque ou ses créanciers, ou bien de l’Etat envers les marchés via la dette publique. Et donc, votre salaire est diminué du cout financier de cette dette que doit payer l’entreprise. De même que la facturation des octets serait un frein majeur à la production de richesses, la monnaie (et donc la dette) devient un cout de transaction dont les citoyens paient toujours la facture au final.

En vérité, la conséquence ultime de ce système, c’est qu’il n’y a jamais assez d’argent pour tout le monde. Le remboursement des crédit des uns se fait nécessairement en diminuant l’épargne (ou augmentant la dette) des autres pour rembourser les intérêts. Du coup, naturellement, les activités altruistes et fondées sur la coopération ne peuvent que très difficilement s’imposer.

C’est un jeu à somme nulle, sans autre victoire de celle de la lutte de tous contre tous. Nous sommes tous dans une lutte acharnée pour notre propre survie, alors même que nous savons pourtant produire suffisamment de biens de première nécessité pour tous les habitants de la Terre. C’est ridicule, en fait.

L’intelligence vs. rareté artificielle

Heureusement, il y aune faille dans ce système : celui-ci repose sur le mythe de la rareté. Une rareté artificielle qui n’existe  nulle part d’autre que dans l’esprit du plus grand nombre, et parfois grâce à des stratégies nuisibles pour la maintenir (ex: l’obsolescence programmée).

De même qu’il deviendra impossible de facturer chaque octet si la majorité des internautes comprend qu’ils peuvent eux aussi participer à la création d’un réseau libre à base de peer to peer et que chaque octet ne coute pas vraiment plus cher aux opérateurs, le système monétaire ne tiendra pas le choc quand la population aura conscience que la monnaie n’est « rare » que parce que les règles du système en ont décidé ainsi. Le problème est donc en grande partie dans nos propres consciences…

Heureusement, il existe des alternatives pour nous ouvrir les yeux.

De même que la neutralité du net est le garde fou face aux dérives du capitalisme qui essaye de reproduire partout la rareté artificielle nécessaire à sa survie, une solution pour la monnaie est d’y intégrer un revenu de base.

Imaginez un bitcoin dont la création monétaire, plutôt que d’être distribuée à ceux qui gaspillent de l’énergie en faisant tourner leurs bécanes jour et nuit, irait à tous les participants. Ajoutez-y une règle : le système monétaire ne doit pas favoriser une génération par rapport à une autre, ou autrement dit, la création monétaire doit respecter une égalité de traitement entre les citoyens.

(Vous y êtes ? Bravo, vous venez de piger le projet de monnaie virtuelle Open UDC)

De même que la neutralité du net garantit à chaque citoyen la possibilité d’utiliser le réseau de manière non discriminée face aux plus puissants et sans devoir concéder ses données personnelles à des intérêts privés, le revenu de base garantit à chaque citoyen un minimum monétaire permettant de participer à l’économie, sans devoir de prime abord s’endetter ou vendre du travail gratuitement à quiconque.

Libérons le code de la monnaie !

La monnaie est aujourd’hui un instrument géré par les banques et les banques centrales d’une manière parfaitement pyramidale et arbitraire. Or, qu’est-ce que la monnaie si ce n’est un protocole, un code ?

Sauf que ce code, contrairement à celui de l’internet, est tout sauf ouvert, transparent, et encore moins contrôlable démocratiquement. La monnaie est aujourd’hui le code privateur de l’économie : c’est l’outil qui nous opprime tous et nous rend esclave d’une minorité qui maintient l’illusion de la rareté autour de nous.

Si, comme le dit Lawrence Lessig, « code is law », alors il est grand temps de forker le code de l’économie : la monnaie.


>>> Illustration Paternité Mark Strozier PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales Occupy* Posters

>>> Source sur : http://www.tetedequenelle.fr/2012/06/monnaie-code-privateur/

Copie de DVD sous Linux: enfin quelque chose de SIMPLE

Ayant besoin de copier un DVD video sous Linux (Debian Squeeze), je me voyais déjà, non pas en haut de l’affiche, mais avec des  -vo acc3_x264_mspte -vr 640*324:44 à taper dans mencoder.

Après avoir installé thoggen avec apt-get install thoggen, il a suffi de cliquer « valider » deux fois, et hop l’encodage était déja en cours, avec fenêtre de prévisualisation s’il vous plait ! Thoggen encode par défaut en Ogg/Theora, format libre; ce choix m’est par ailleurs indifférent, n’ayant aucune envie de rentrer dans la jungle des codes / containers.

Finalement après une expérience particulièrement réussie de montage vidéo avec OpenShot pour Tabor Live Dub, je dois reconnaître que la Video sous Linux, finalement ca marche, sans avoir besoin de passer des heures sur le teminal.

>>> Source sur : http://meta.libera.cc/2012/07/copie-de-dvd-sous-linux-enfin-quelque.html

Comment la propriété intellectuelle a transformé les Jeux olympiques en cauchemar cyberpunk

A première vue, il y a assez peu de rapports entre les Jeux olympiques de Londres et les univers dystopiques du cyberpunk, tel qu’ils ont été imaginés à partir des années 80 dans les romans de William Gibson, de Bruce Sterling de Philip K. Dick ou de John Brunner.

A bien y réfléchir cependant, le dopage – dont le spectre rôde sans surprise toujours sur ces jeux 2012 – est déjà un élément qui fait penser au cyberpunk, où les humains cherchent à s’améliorer artificiellement par le biais d’implants bioniques ou l’absorption de substances chimiques.

Mais c’est plutôt à travers la gestion des droits de propriété intellectuelle par le CIO que l’analogie avec le cyberpunk me semble la plus pertinente et à mesure que se dévoilel’arsenal effrayant mis en place pour protéger les copyrights et les marques liés à ces jeux olympiques, on commence à entrevoir jusqu’où pourrait nous entraîner les dérives les plus graves de la propriété intellectuelle.

Une des caractéristiques moins connues des univers cyberpunk est en effet la place que prennent les grandes corporations privées dans la vie des individus. L’article de Wikipédia explicite ainsi ce trait particulier :

Multinationales devenues plus puissantes que des États, elles ont leurs propres lois, possèdent des territoires, et contrôlent la vie de leurs employés de la naissance à la mort. Leurs dirigeants sont le plus souvent dénués de tout sens moral. La compétition pour s’élever dans la hiérarchie est un jeu mortel.

Les personnages des romans cyberpunk sont insignifiants comparativement au pouvoir quasi-divin que possèdent les méga-corporations : ils sont face à elles les grains de sable dans l’engrenage.

Dans les univers cyberpunk, les firmes privées les plus puissantes ont fini par absorber certaines des prérogatives qui dans notre monde sont encore l’apanage des Etats, comme le maintien de l’ordre par la police ou les armées. Les corporations cyberpunk contrôlent des territoires et les employés qui travaillent pour elles deviennent en quelque sorte l’équivalent de “citoyens” de ces firmes, dont les droits sont liés au fait d’appartenir à une société puissante ou non.

Pour les JO de Londres, le CIO est parvenu à se faire transférer certains droits régaliens par l’Etat anglais, mais les romanciers de la vague cyberpunk n’avaient pas prévu que c’est par le biais de la propriété intellectuelle que s’opérerait ce transfert de puissance publique.

Des opposants aux Jeux qui détournent le logo officiel de l’évènement. Vous allez voir que ce n’est pas sans risque sur le plan juridique…

Pour défendre ses marques et ses droits d’auteur, mais aussi être en mesure de garantir de réelles exclusivités à ses généreux sponsors comme Coca-Cola, Mac Donald’s, Adidas, BP Oil ou Samsung, le CIO a obtenu du Parlement anglais le vote en 2006 d’un Olympics Game Act, qui lui confère des pouvoirs exorbitants. L’Olympics Delivery Authoritydispose ainsi d’une armada de 280 agents pour faire appliquer la réglementation en matière de commerce autour des 28 sites où se dérouleront les épreuves et le LOCOG (London Organizing Committee) dispose de son côté d’une escouade de protection des marques, qui arpentera les rues de Londres revêtue de casquettes violettes pour s’assurer du respect de l’Olympics Brand Policy. Ils auront le pouvoir d’entrer dans les commerces, mais aussi dans les “locaux privés”, et de saisir la justice par le biais de procédures d’exception accélérées pour faire appliquer des amendes allant jusqu’à 31 000 livres…

L’Olympics Game Act met en place une véritable police du langage, qui va peser de tout son poids sur la liberté d’expression pendant la durée des jeux. Il est par exemple interditd’employer dans une même phrase deux des mots “jeux”, “2012″, Twenty Twelve”, “gold”, “bronze” ou “medal”. Pas question également d’utiliser, modifier, détourner, connoter ou créer un néologisme à partir des termes appartenant au champ lexical des Jeux. Plusieurs commerces comme l’Olympic Kebab, l’Olymic Bar ou le London Olympus Hotel ont été sommés de changer de noms sous peine d’amendes.

L’usage des symboles des jeux, comme les anneaux olympiques, est strictement réglementé. Un boulanger a été obligé d’enlever de sa vitrine des pains qu’il avait réalisés en forme d’anneaux ; une fleuriste a subi la même mésaventure pour des bouquets reprenant ce symbole et une grand-mère a même été inquiétée parce qu’elle avait tricoté pour une poupée un pull aux couleurs olympiques, destiné à être vendu pour une action de charité !

Cette règle s’applique aussi strictement aux médias, qui doivent avoir acheté les droits pour pouvoir employer les symboles et les termes liées aux Jeux. N’ayant pas versé cette obole, la chaîne BFM en a été ainsi réduite à devoir parler de “jeux d’été” pour ne pas dire “olympiques”. Une dérogation légale existe cependant au nom du droit à l’information pour que les journalistes puissent rendre compte de ces évènements publics. Mais l’application de cette exception est délicate à manier et le magazine The Spectator a été inquiété pour avoir détourné les anneaux olympiques sur une couverture afin d’évoquer les risques de censure découlant de cet usage du droit des marques. Cet article effrayant indique de son côté que plusieurs firmes anglaises préfèrent à titre préventif s’autocensurer et dire “The O-word” plutôt que de se risquer à employer le terme “Olympics“. On n’est pas loin de Lord Voldemort dans Harry Potter, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Dire-Le-Nom !

Des affiches protestant contre les restrictions imposées par le CIO sur le fondement du droit des marques.

Le dérapage vers la censure, le CIO l’a sans doute déjà allègrement franchi. Le blog anglais Free Speech rapporte que les comptes Twitter d’activistes protestant contre la tenue des jeux à Londres ont été suspendus suite à des demandes adressées à Twiter, parce qu’ils contenaient dans leur nom les termes JO 2012. Des moyens exceptionnels de police ont aussi été mis en place pour disperser les manifestations et patrouiller dans plus de 90 zones d’exclusion. Plus caricatural encore, il n’est permis de faire un lien hypertexte vers le site des JO 2012 que si l’on dit des choses positives à leurs propos ! Même Barack Obama et Mitt Romney ont été affectés par la police du langage du CIO, qui a exigé pour violation du copyright que des vidéos de campagne faisant allusion aux JO soient retirées…

Pour les spectateurs qui se rendront dans les stades, le contrôle sera plus drastique encore et ils seront liés par des clauses contractuelles extrêmement précises, détaillées sur les billets d’entrée. Ces mesures interdisent par exemple de rediffuser des vidéos ou des photos sur les réseaux sociaux, afin de protéger les exclusivités accordées aux médias et là encore, des cellules de surveillance ont été mises en place pour épier des sites comme Twitter, Facebook, Youtube, Facebook ou Instagram.

Les règles des jeux dicteront également aux spectateurs jusqu’à ce qu’ils doivent manger. Impossible par exemple d’échapper aux frites de Mac Donald’s dans les lieux où se dérouleront les épreuves, ce dernier ayant obtenu une exclusivité sur ce plat, sauf comme accompagnement du plat national des fish’n chips pour lequel une exception a été accordée ! La propriété intellectuelle dictera également la manière de s’habiller, les autorités olympiques ayant indiqué qu’on pouvait tolérer que les spectateurs portent des Nikes alors qu’Adidas est sponsor officiel, mais pas qu’ils revêtent des T-Shirts Pepsi, dans la mesure où c’est Coca-Cola qui a payé pour être à l’affiche ! Pas le droit non plus d’apporter des routeurs 3G ou wifi sous peine de confiscation : British Telecom a décroché une exclusivité sur l’accès wifi et les spectateurs devront payer (mais uniquement par carte Visa, sponsor oblige !).

On pourrait encore multiplier ce genre d’exemples digne de Kafka, mais la démonstration me semble suffisamment éloquente. Ces Jeux de Londres nous font pleinement entrer dans l’âge cyberpunk. Un formidable transfert de puissance publique vers des firmes privées a été réalisé, en utilisant comme levier des droits de propriété intellectuelle. On mesure alors toute la force des “droits exclusifs” attachés aux marques et au copyright, dès lors qu’ils s’exercent ainsi de manière débridée, dans un environnement saturé de signes et de logos. Le Tumblr OpenOlymPICS documente la manière dont la ville de Londres s’est transformée avec l’évènement et comment les lieux se sont couverts d’allusion aux JO : ce sont autant de “marques” qui donne prise au pouvoir du CIO sur l’espace.

Cette propriété privé aboutit en fait bien à “priver” les citoyens de leurs libertés publiques pour les soumettre à la loi des corporations. Grâce à ces droits, ce sont des biens publics essentiels comme les mots du langage, l’information, l’espace urbain, les transports en commun, la gastronomie, les codes vestimentaires qui sont “privatisés”.

Ces dérives sont extrêmement graves et elles dessinent sans doute les contours d’un avenir noir pour nos sociétés. Au cours de la lute contre ACTA, SOPA ou PIPA, l’un des points qui a attiré le plus de critiques de la part des collectifs de lutte pour la défense des libertés était précisément le fait que ces textes transféraient à des opérateurs privés (FAI ou titulaires de droits) des pouvoirs de police pour faire appliquer les droits de propriété intellectuelle. C’est exactement ce que la Quadrature du net par exemple reprochait au traité ACTA, dans cette vidéo Robocopyright ACTA, qui détournait d’ailleurs un des films emblématiques de la culture cyberpunk.

Ce que le CIO a obtenu du gouvernement britannique dépasse très largement tout ce qui figurait dans ACTA ou SOPA en termes de délégation de puissance publique. J’ai encore du mal à le croire, mais dans cet article, on apprend même que le Ministre de la défense britannique prévoyait, à la demande des autorités olympiques, d’installer des batteries de missiles sur des toits d’immeubles d’habitation pour protéger des sites olympiques d’éventuelles attaques terroristes. Si ça, c’est pas cyberpunk !

>>> Source & plus d’infos sur http://scinfolex.wordpress.com/2012/07/27/comment-la-propriete-intellectuelle-a-transforme-les-jeux-olympiques-en-cauchemar-cyberpunk/

 

La disparition des biens communs cognitifs annonce une société totalitaire

« Que le peuple sache distinguer la voix de la raison de celle de la corruption et bientôt il verra tomber à ses pieds les chaînes d’or qu’elle lui avait préparées ; autrement lui-même y présentera ses mains égarées, et offrira, d’une voix soumise, de quoi payer les séducteurs qui les livrent à ses tyrans  » Condorcet, Premier mémoire sur l’instruction publique.

La volonté des multinationales de privatiser les biens communs cognitifs est une atteinte à la sphère publique.

La sphère publique, jusqu’à présent désignée comme un espace ouvert accessible à tous, au sein duquel on peut librement circuler, peut s’étendre aux espaces cognitifs.

La connaissance, que nous partageons par le langage et nos écrits, est un élément constitutif de notre identité personnelle et sociale.

Les questions autour de la protection des droits d’auteurs et des brevets occultent l’altérité, les filiations… Comme si « un auteur » n’était redevable à « aucun être humain », à aucun professeur, bibliothécaire, conservateur… La singularité de « l’auteur » est autant constituée par lui que par la société à laquelle il appartient. Cette singularité était révolutionnaire quand il s’agissait d’affirmer que l’on était son propre sujet et non celui d’un roi. Elle perd en revanche toute substance quand elle se confond avec les intérêts d’un « producteur ». Si bien qu’on ne sait plus si le maître de « cette singularité » est « l’auteur » ou « le producteur ».
Les producteurs ont réussi à faire admettre le paradigme suivant : « l’investissement financier ayant servi à produire de la connaissance équivaut à « un titre de propriété ».

Dans ce dessein, ils ont développé mondialement un droit privatif (brevets, droit d’auteur) visant à raréfier artificiellement « la connaissance », à travers des accords mondiaux comme l’ADPIC(ancêtre du projet ACTA)…

L’auteur est devenu un prolétaire 2.0 dans une économie de la connaissance à laquelle il a sacrifié son éthique pensant garantir sa rémunération.

Dans l’économie de la connaissance, le droit de copie, vaut plus cher que l’original.

Dès lors des industries ne sont plus rachetées pour leurs artistes / « leurs usines de production » mais pour leur brevet ou leur catalogue d’œuvres numériques :

- Ainsi, un fonds d’investissement privé a racheté EMI pour les droits d’édition de ses catalogues d’œuvres qui constituent un véritable patrimoine. Ces droits sont beaucoup moins volatiles, à l’heure qu’il est, que les droits voisins sur les phonogrammes, et d’une durée de vie plus longue. C’est le seul actif sur lequel lorgnent aujourd’hui les fonds d’investissements : la véritable propriété des œuvres.

- Ainsi, GOOGLE a acheté pour 12 milliards MOTOROLA afin de mettre la main sur 17 000 brevets. La connaissance brevetée est devenue un moyen de pression dans des luttes opposant des multinationales pour dominer des marchés.

Si la connaissance constitue le nouvel Eldorado des marchés, il est alors normal que la transmission gratuite de la connaissance devienne un enjeu prépondérant.

En France, depuis plus de 15 ans, l’enseignant est redevable d’un « droit de copie » sur ses supports de « transmission ». Plus de 45 millions d’euros auront été versés en 2011 aux éditeurs du fait de la loi sur la gestion collective du droit de reprographie (photocopillage).

L’enseignant et l’élève sont dépossédés du droit de copie des livres : « DANGER le photocopillage tue le livre. »
En interdisant le droit de copier, on interdit le droit de transmettre. L’école est devenu le lieu symbole de la dépossession de la connaissance au profit des éditeurs.

Tout ce qui était auparavant considéré comme appartenant au domaine public devient la propriété des multinationales.

En 2009, la société Amazon supprime des lecteurs numériques des centaines de livres achetés légalement sur son site. Actant ce nouvel état de fait : les œuvres culturelles, mêmes celles dont vous êtes l’auteur appartiennent aux Multinationales. Nouvelle tendance de l’informatique dans les nuages versus data center, « vos données » sont accessibles en location. Nouveau phénomène, DEEZER : la musique ne s’achète plus elle se loue.

Vos productions se trouvent (hormis pour les utilisateurs de logiciels libres) enfermées dans des formats de fichier propriétaires, et maintenant stockées dans des appareils remplis de « verrous numériques » comme les IPAD. Il vous est maintenant difficile de copier les œuvres dont vous êtes vous-mêmes l’auteur.

Les entreprises comme FACEBOOK ou YOUTUBE font fortune avec les données que vous produisez pour elles gracieusement. L’économie des « contenus cognitifs » repose désormais sur leur « appropriation gratuite » et leur exploitation.

La judiciarisation du monde est juste un moyen démocratique de faire admettre des lois totalitaires.

« La connaissance » « nous » constitue en tant qu’humain. Empêcher des hommes, par quelques moyens que ce soit, de propager, partager, « de la connaissance » est un acte que seule une société totalitaire pourrait envisager.
L’homme existe par « son langage », par sa capacité à mettre « en forme » « ses émotions », « ses idées », il n’existe pas dans l’homme « de frontière neuronale » pour séparer les œuvres de l’esprit, qu’elles soient artistiques ou scientifiques.

Aujourd’hui, des bibliothèques publiques sont en train d’accompagner la mise en place sous forme de prêts publics de livres numériques biodégradables. Des auteurs, pour préserver leur droit de rémunération, en sont donc venus à admettre comme légitime qu’on puisse brûler numériquement leur livre pour en empêcher le partage.

La connaissance ressemble de plus en plus à une mappemonde où tout champ de connaissance fait l’objet d’une caractéristique juridique.

De tout temps, le mouvement qui va de la copie à la transformation de la copie a influé l’histoire « de l’Art » et de « la Connaissance ». Empêcher la transformation d’une œuvre, et crèer artificiellement une frontière au sein « des espace communs de la connaissance » est un acte propre à une société totalitaire.

Jérémie Nestel

>>> Source sur : http://libreacces.org/?La-disparition-des-biens-communs